IFTTT propose un channel Skype, qui veut multiplier ses bots

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David Legrand

IFTTT vient d'annoncer un channel Skype passant par un « bot ». Ceux-ci vont d'ailleurs se multiplier dans la messagerie de Microsoft, qui veut sa place dans cette « révolution » nous rapprochant davantage du minitel que d'un internet plus évolué.

Depuis quelques mois, la folie du moment dans le domaine des nouvelles technologies ce sont les « bots » (tout du moins avant la montée en puissance de Pokémon Go). Derrière ce mot fourre-tout, il est le plus souvent question d'assistants relativement basiques qui ont pour rôle de vous apporter des informations ou d'automatiser quelques tâches pour vous, le tout à travers des solutions plus simples à développer.

La « révolution » des bots : entre marketing et espoirs commerciaux

Et c'est bien là qu'est la révolution. Car il existe des bots conversationnels au moins depuis le fameux Dr. Sbaitso des premières Sound Blaster, et les outils proposés actuellement sont à l'intelligence artificielle ce que Pikachu est à la recherche sur la physique quantique.

Mais l'arrivée de produits comme HipChat ou Slack a montré une chose : proposer un service ouvert comme l'était déjà IRC, tout en proposant une interface pensée pour les utilisateurs, peut ouvrir de nouvelles perspectives et de nouveaux marchés. Avec une dose de marketing et un peu d'enthousiasme généralisé, on peut ainsi multiplier les opportunités (commerciales).

De Facebook à Skype en passant par Telegram, tout le monde a donc ouvert ses API afin de permettre aux développeurs d'interagir avec le client de messagerie maison. Une façon de penser qui est à l'opposé de ce que tout le monde avait en tête il y a encore quelques années.

Pourtant, dès MSN Messenger, des géants comme Microsoft auraient dû comprendre que la personnalisation et le « tuning » étaient un facteur de succès. L'évolution de Skype depuis des années a montré que ce n'était pas le cas. Mais, le succès de la concurrence aidant, les temps ont changé.

Proposer des plateformes aux développeurs

L'objectif est de proposer aux développeurs de s'amuser, tout en permettant aux sociétés de tenter de nouveaux modèles monétisables, ce qui ouvrira la porte à une démarche publicitaire. Le canal de messagerie sera alors exploité pour le support client, la vente de biens ou de services en un clic, etc.

Mais cette ouverture n'est pas toujours suffisante. Le peu « d'intelligence » à mettre dans ces bots n'est pas forcément simple à appréhender pour tous les développeurs ou pour des équipes habituées à d'autres projets, comme le secteur de la presse ou de l'e-Commerce.

On a donc vu des dizaines de services tenter de jouer les intermédiaires, même si les plateformes proposent déjà des couches applicatives permettant de mâcher le travail des développeurs (wit.ai pour Facebook, Bot Framework pour Microsoft). Là encore, pas grand-chose de nouveau puisque des services tels que GitHub proposaient déjà des outils comme Hubot depuis quelques temps. Mais désormais, ils se renforcent et se multiplient en attente d'une consolidation du marché avec ses premiers rachats (ou ses premiers abandons).

Permettre à n'importe qui de créer des interactions

Certains tentent donc de tirer leur épingle du jeu, et il faut être à la fois innovant et réactif. Ainsi, des services comme IFTTT ou Zapier ont leur rôle à jouer. Ils se posent comme des outils permettant d'unifier et de centraliser les interactions entre des centaines de services en ligne, le tout en quelques clics.

Ils proposaient déjà depuis longtemps l'accès à des produits comme HipChat et Slack ainsi que leurs principaux concurrents, permettant de les relier à de nombreux services ou n'importe quel site, via des « web hooks » dans le cas de Zapier (qui n'est pas sur un modèle gratuit, mais Freemium). Ainsi, un développeur peut envoyer ou recevoir des messages via un webservice, qui va les prendre en charge et agir selon le code qu'il contient.

Mais pour le moment, il manque toujours l'intégration d'outils grand public, tels Facebook Messenger et Skype. Dommage, car il s'agit du meilleur moyen de propulser l'usage de milliers d'interactions simples à mettre en place, et adaptées aux besoins des utilisateurs. Or, ce sont bien eux qui sont la clé du succès pour ces outils de messagerie et ces plateformes.

Un constat valable aussi bien dans un environnement personnel que professionnel : combien de petites (ou grandes) sociétés sont passées de Skype à HipChat ou Slack parce qu'ils étaient plus complets et ouverts à des intégrations ? Le défi à relever est aussi là.

IFTTT et Skype s'associent, mais assurent le service minimum

Quoi qu'il en soit, les choses commencent à bouger. En effet, IFTTT vient d'annoncer la mise en place d'un channel Skype. Celui-ci reste néanmoins assez incomplet pour le moment puisqu'il permet seulement de recevoir des messages dans l'application (dans la conversation de votre choix), et non l'inverse. Un point que l'on regrettait pour le channel Slack, bien moins complet que chez Zappier.

Les exemples donnés sont relativement simples : être informé des actualités publiées par le ESPN ou le New York Times dans Skype, recevoir un message quand vous quittez du travail, savoir quel temps il fera, etc. Bien entendu, vous avez le droit d'être bien plus imaginatif et de le relier par exemple aux flux RSS de Next INpact, via cet autre channel.

Skype IFTTT

Pour en profiter, rien de plus simple :

  • Ajoutez le channel Skype à votre compte IFTTT
  • Ajoutez le bot IFTTT à vos contacts Skype
  • Créez vos recettes dans votre compte IFTTT

Il s'agit ici d'une simple première étape, et l'on espère que les autres arriveront assez rapidement. En effet, on attend de voir d'autres services de messagerie débarquer, les possibilités se multiplier, et la concurrence s'y mettre. On notera d'ailleurs assez ironiquement que les deux alternatives de Microsoft, CAP et Workflow, ne proposent pas d'intégration de Skype pour le moment.

Notez enfin que Microsoft s'enthousiasme bien entendu de ce nouveau partenariat, mais aussi de ce nouveau marché. Dans un billet de blog, la société indique que pas moins de 30 000 développeurs travaillent sur des bots pour sa plateforme (mais peu sont proposés), et que de nouveaux services arrivent.

Les messageries sont-elles le nouveau Minitel ?

C'est notamment le cas de Skyscanner pour la recherche de prix de billets d'avion, de Hipmunk pour la gestion de vos voyages, de StubHub pour la billetterie ou de Spock pour avoir une discussion aux confins de la logique. Pas de quoi assurer une révolution, mais bien tenter de changer les habitudes de consommation des internautes.

Reste à voir si ceux-ci accepteront de se faire enfermer dans des Minitel « conversationnels » où le 3615 est remplacé par de petits assistants aux noms et logos chatoyants, plutôt que de continuer à disposer d'un web vaste, ouvert et où chacun peut choisir de consommer ou non comme il l'entend.


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