Couverture mobile : l'ARCEP propose ses conditions pour des cartes plus détaillées

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Crédits : Dario Lo Presti/iStock
Téléphonie
Guénaël Pépin

Le régulateur des télécoms prévoit que les cartes des opérateurs affichent le niveau de couverture pour la voix et SMS, et intègrent ses mesures pour l'Internet mobile. De son côté, elle compte publier ces données en open data.

Les consultations publiques s'enchainent à l'ARCEP. Cette fois, l'autorité demande l'avis du secteur sur les futures cartes de couverture mobiles, censée être bientôt largement enrichies. Les acteurs intéressés ont jusqu'au 3 octobre pour y répondre, y compris les opérateurs mobiles, qui auront à publier ces nouvelles cartes sur leurs sites, en lieu et place des actuelles, qualifiées de « binaires » (couvert ou non) par le régulateur.

L'un des enjeux, largement souligné par les parlementaires ces derniers mois, est d'en finir avec des cartes qui indiquent une zone couverte, sans donner la moindre indication sur la qualité de service.

Des indications de couverture encore générales

Deux cartes doivent être mises en ligne : l'un pour la téléphonie mobile classique, soit les appels et les SMS, l'autre pour l'Internet mobile. De son côté, l'ARCEP publierait les données de couverture détaillées en open data. Informations que les opérateurs devraient lui fournir « dans un standard cartographique exploitable (SIG) ouvert et aisément réutilisable ». Elle se chargera aussi de contrôler la fiabilité des données fournies et affichées par les opérateurs, qui sont tenus de fournir des cartes facilement explorables. Le but étant d'éviter certaines dérives, comme les premières cartes de couverture de Free Mobile avec un zoom bloqué, qui avait d'ailleurs poussé le régulateur à monter au créneau.

Du côté de la téléphonie classique, il s'agit donc de fournir bien plus d'informations, dont disposent déjà les opérateurs eux-mêmes. Plutôt qu'une simple indication de couverture, les cartes devraient ainsi afficher si cette couverture est absente, limitée (uniquement à l'extérieur), bonne (extérieur et à l'intérieur dans certains cas) ou très bonne (à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments).

Les seuils pourraient être soit déterminés par les opérateurs (avec contrôles de l'ARCEP), soit par l'autorité elle-même. Elle propose ses propres seuils de couverture et d'évaluation de pénétration dans les bâtiments, en fonction de l'accessibilité du réseau et de l'atténuation constatée.

Une carte de l'Internet mobile à peine plus précise

Du côté de l'Internet mobile, l'autorité propose de colorier les cartes avec 4 niveaux : pas de couverture, 2G, 3G et 4G. À chaque fois, l'opérateur doit indiquer le débit maximum théorique, ainsi que celui constaté en moyenne par l'ARCEP dans ses mesures. Exception : les zones où l'autorité fournit elle-même des données de mesure, sur lesquelles elles remplacent le débit théorique. Sachant que les cartes des opérateurs proposent déjà aujourd'hui la couverture calculée en 2G, 3G et 4G, l'amélioration est assez faible.

Consolation : l'ARCEP étudiera « ultérieurement » comment modifier la décision qu'elle propose aujourd'hui pour que les opérateurs indiquent le niveau de qualité de l'Internet mobile (à l'instar des niveaux « limitée » à « très bon » de la couverture voix/SMS). Des données plus précises, au-delà des débits théoriques, devraient aussi être introduire. En clair, ce n'est pas pour demain.

Il faudra sûrement en attendre plus des travaux de l'autorité sur le crowdsourcing. Elle compte ainsi contrôler les méthodes de mesure des acteurs qui le souhaitent, pour y apposer un tampon « ARCEP-compliant ». Certains, comme OpenSignal ou Sensorly, proposent déjà des cartes de couverture établies via les smartphones de leurs utilisateurs, avec le type de réseau capté et les débits éventuellement mesurés.

Parce que, plus que la résorption des zones blanches, le problème aujourd'hui semble bien être celui des zones grises, où une couverture « de principe » est présente, mais n'offre qu'une petite partie du service attendu. Fin juin, l'ARCEP reprenait les résultats d'une étude commandée par ses soins, qui montrait la couverture comme l'un des critères de choix d'un opérateur les plus importants... Malgré une information encore largement défaillante. Il faudra donc encore attendre avant qu'une information officielle complète n'arrive pour les services de données mobiles...


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