L’administrateur d’Unlimited-Tracker devant la justice

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Crédits : jmiks/iStock/Thinkstock
Justice
Xavier Berne

L’administrateur du site Unlimited-Tracker comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Melun. Poursuivi notamment pour contrefaçon, cet informaticien de 29 ans devrait être fixé sur son sort le 29 août prochain.

Fermé fin 2014 suite à une opération de gendarmerie, Unlimited-Tracker était un tracker « privé », où les inscriptions ne se faisaient que sur invitation des membres. Un agent assermenté mandaté par la SACEM avait malgré tout réussi à passer entre les mailles du filet pour établir un constat, qui permit à l’organisation de déposer courant 2012 une plainte pour contrefaçon. Et pour cause, plus de 2 000 liens Torrent permettant de télécharger illégalement des albums étaient proposés, outre de nombreux films et jeux vidéo...

« Si l'enquête [fût] aussi longue, c'est que l'informaticien de 29 ans avait agi sous couvert d'anonymat. Il avait hébergé son site en Lituanie et ouvert un compte bancaire à Hong-Kong pour ses transactions » explique Le Parisien dans son compte rendu d’audience. Les dons reçus par l’intéressé et les revenus publicitaires générés par Unlimited-Tracker furent bien entendu évoqués lors des débats. Lors de l’enquête, certains confrères affirmaient que l’administrateur du tracker aurait au moins gagné entre 50 000 et 100 000 euros lors des dernières années de fonctionnement du site (qui avait ouvert à la fin des années 2000).

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Crédits : Page Facebook Unlimited-Tracker

« À la barre, rapporte Le Parisien, Loïc reconnaît la création et la maintenance du site, mais nie son implication dans le référencement des liens. Il avait pourtant donné une interview sur ce thème au Journal du pirate, une publication web également fermée depuis. Il réfute aussi avoir touché, dans les bons mois, jusqu'à 1 200 euros notamment grâce à des bannières publicitaires. « Je ne suis qu'un hébergeur comme YouTube, assure Loïc. J'ai été payé pour la maintenance du site. Je ne savais pas ce qu'il y avait dessus » ».

Huit mois de prison avec sursis requis par le ministère public

Sa défense n’a visiblement pas convaincu le Parquet, qui a requis à son encontre une peine de huit mois de prison avec sursis. Poursuivi pour contrefaçon, travail dissimulé, recel d'un ordinateur provenant d'un vol et possession d'une fausse carte d'identité, l’administrateur d’Unlimited-Tracker a également eu du mal à gagner des points auprès des magistrats en charge du dossier. « Vous êtes très bon en informatique mais vous n'avez pas de sens moral », lui a ainsi fait remarquer la présidente du tribunal.

Sur le banc des parties civiles, la SACEM (qui fut rejointe entretemps par les producteurs de la SCPP), réclame près de 32 000 euros de dommages et intérêts, dont 2 000 euros au titre de son préjudice moral. Un montant qui paraîtra bien moindre que les trois millions d’euros alloués par exemple aux ayants droit dans l’affaire GKS.gs – jugement depuis frappé d’appel. Sur le plan pénal, le seul délit de contrefaçon est passible pour mémoire de trois ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

Le verdict du tribunal correctionnel de Melun est attendu pour le 29 août.


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