La justice américaine saisit les noms de domaine de Kickass Torrents

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Crédits : slobo/iStock
Justice
Kevin Hottot

L'été sera compliqué pour  Kickass Torrents . La plateforme de partage de liens torrent, souvent pointée du doigt par les ayants droits et les autorités, a vu ses noms de domaine saisis par la justice fédérale américaine, tandis que son propriétaire présumé a été mis aux arrêts.

Les gardes-frontières polonais ont mis aux arrêts cette semaine un certain Artem Vaulin, un ukrainien de 30 ans, alors qu'il tentait d'entrer dans le territoire du pays. Cet homme pourrait être, selon la justice américaine, le propriétaire de Kickass Torrents . Une jolie prise qui ravit le département américain de la justice.

 Kickass Torrents , un gros poisson

Le Departement of Justice estime en effet que Kickass Torrents permet depuis 2008 de reproduire et de distribuer en toute illégalité des centaines de millions de contenus numériques soumis au droit d'auteur. Un préjudice évalué à « bien plus d'un milliard de dollars » dans la plainte déposée par l'état fédéral. Un chiffre basé sur le nombre de fichiers dont les liens ont été partagés, mais également sur l'audience du site. 

Toujours selon les autorités fédérales, Kickass Torrents recevait plus de 50 millions de visiteurs uniques par mois, ce qui en ferait un des 100 sites les plus visités sur le web. Un tel afflux de visiteurs est généralement synonyme de copieuses recettes publicitaires. Là encore, une estimation est fournie par le plaignant : de 12,5 à 22,3 millions de dollars par an « sur une base de calcul très conservatrice ». Un pactole qui aurait donc été acquis de bien mauvaise manière.

Les gérants du site semblaient d'ailleurs le savoir. Dans la plainte, on peut lire qu'un agent des impôts sous couverture a tenté d'acheter des espaces publicitaires sur le site. Après avoir convenu d'un prix de 300 dollars par jour, la personne chargée de la vente a confié des coordonnées bancaires à l'agent en précisant de « s'assurer de ne mentionner Kickass Torrents nulle part » dans les documents liés au virement. Un avertissement qui a été renouvelé lors d'une autre transaction sur un autre compte. Le compte a été saisi et crédité à hauteur de 28,4 millions de dollars entre fin août 2015 et mars 2016.

Parmi les faits reprochés à la plateforme, il est notamment question de la mise à disposition de plusieurs films alors même qu'ils n'étaient pas encore diffusés au cinéma et parfois dès le lendemain de leur première projection. 

Des noms de domaine saisis en attendant l'extradition

Les autorités américaines ont donc saisi sept noms de domaines liés à Kickass Torrents . Tous pointent désormais vers une image précisant que le site n'est plus accessible et que la violation de copyright est passible de 5 ans de prison et de 250 000 dollars d'amende chez l'oncle Sam. Le même genre d'avertissement était affiché à quiconque tentait de se rendre sur Megaupload juste après l'arrestation de Kim Dotcom.

KickassTorrents saisie

Comme l'explique Computer World, dans la plainte déposée par l'état fédéral, quelques éléments intéressants viennent donner des précisions sur le déroulement de l'enquête et sur la piste qui a permis de à la justice américaine de remonter jusqu'à Artem Vaulin (page 34).

Au cours de l'enquête, un email a été identifié comme étant un compte appartenant au suspect : tirm@me.com. Les éléments fournis par Apple ont permis de récupérer une adresse IP utilisée par ce compte pour valider une transaction iTunes a également servi, le même jour (31 juillet 2015), à se connecter au compte Facebook de Kickass Torrents. Même chose début décembre. D'autres éléments dans le contenu des emails ont également été repérés par la justice (page 35).

Maintenant qu'Artem Vaulin a été arrêté par la police polonaise, le Department of Justice fait savoir qu'il a l'intention de demander l'extradition du prévenu vers les États-Unis. Une tâche qui ne sera pas forcément aisée, mais néanmoins nécessaire pour que son procès ait lieu dans de bonnes conditions.

Pas une première pour Kickass Torrents 

Il est à noter que ce n'est pas la première fois que Kickass Torrents se retrouve entravé par la justice. En Belgique, l'un des noms de domaines du site a été bloqué par les FAI locaux sur décision d'un tribunal en 2013. Une décision qui faisait écho à celle prise par un juge britannique quelques mois plus tôt. Les producteurs musicaux avaient pu obtenir ce verdict en faisant valoir que 76 % des URL notifiées à Kickass Torrents restaient accessibles six mois après leur signalement.

Enfin Twitter avait également décidé en 2014 de bloquer l'envoi de tweets contenant des liens vers Kickass Torrents, signifiant aux utilisateurs que leur tweet « semble pointer vers une page dont le contenu serait indésirable ou dangereux ». Une décision qui n'aura pas fait long feu, le blocage ayant été levé quelques jours plus tard, le réseau social invoquant une simple erreur. Quoi qu'il en soit, des clones sont déjà en train d'être mis en ligne, comme l'expliquent nos confrères de VentureBeat.


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