Un sénateur dénonce « l'hégémonie d'Internet » et « la technocratie galopante »

Jean Louis Masson, bien évidemment 109
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Crédits : Marc Rees (licence CC-BY-SA 3.0)
Loi
Marc Rees

Le sénateur Jean Louis Masson vient de relancer la secrétaire d'État chargée du numérique pour une question parlementaire restée sans réponse. Elle tient au fait qu'internet bouleverse un peu trop « l'organisation de notre société ».

Le sujet d’inquiétude du parlementaire ? La nécessaire protection de « nos concitoyens face à l'hégémonie d'internet ». Dans son optique, en effet, le gouvernement pratique une véritable « politique du rouleau compresseur pour imposer une véritable dictature de l'économie numérique et d'internet ». Or, cet engin de chantier « ne tient absolument pas compte ni des personnes modestes qui sont laissées au bord de la route par le développement de l'informatique ni des personnes âgées qui ont toujours vécu avec les anciens schémas de fonctionnement ».

Deux exemples de rouleau compresseur

Deux cas résonnent dans son esprit : d’un, l’obligation de déclarer ses impôts en ligne, qui tend année après année, à devenir de plus en plus imposante. « Le second exemple est la décision du Gouvernement de généraliser au plus vite les paiements dématérialisés par carte bancaire ou par virement à la place des paiements traditionnels en liquide ». Le sénateur retient l'une des explications officielles, pour la démonter immédiatement : « l'abaissement de 3 000 à 1 000 € du seuil maximum de paiement en liquide serait justifié par la lutte contre le terrorisme. Ce n'est pas sérieux car un terroriste qui achète une kalachnikov ne se fait pas rédiger une facture et quoiqu'il arrive, il ne payera pas par carte bancaire ». Un paiement qui, rappelons-le au sénateur, peut se faire ailleurs que sur Internet…

La technocratie galopante

Bref, celui-ci déplore que « par tous les moyens, la technocratie galopante cherche à imposer un mode de vie et un mode de fonctionnement à nos concitoyens ». Un mouvement qui « marginalise » ceux des citoyens qui éprouvent des difficultés à s’adapter aux évolutions. Cette mécanique techno-geek serait du coup une « immixtion inadmissible dans les choix personnels de chacun » via « l'hégémonie tentaculaire » des nouvelles technologies.

Cette problématique soulevée aux yeux d’Axelle Lemaire n’avait trouvé de réponse en mai dernier. Un peu agacé, Jean Louis Masson vient du coup de revenir à la charge pas plus tard que le 14 juillet dernier. On pourra le constater sur cette question publiée aussi… sur Internet.


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