SoftBank rachète le britannique ARM pour 31 milliards de dollars

De quoi renflouer l'économie britannique 45
En bref
image dediée
Crédits : Zoonar RF/iStock/ThinStock
Société
Kevin Hottot

Le géant anglais ARM va tomber dans le giron du japonais SoftBank. Le groupe nippon vient de formuler une offre de rachat valorisant le spécialiste des puces mobiles à 31 milliards de dollars, le genre de proposition qui ne se refuse pas.

Ces dernières semaines, SoftBank cherchait par tous les moyens à dégager un peu de cash. Rien que sur le mois de juin le géant nippon a revendu une participation de 4,2 % dans Alibaba ainsi que l'ensemble de ses parts dans Supercell, l'éditeur de Clash of Clans. Montant total de ces deux opérations : 16,5 milliards de dollars, un pactole qui officiellement devait servir à éponger l'énorme dette de l'entreprise, estimée à plus de 100 milliards de dollars.

Une acquisition coûteuse 

Finalement, SoftBank va se servir de cette copieuse et soudaine réserve de liquidités pour croquer un gros morceau. Il est en effet question du rachat du britannique ARM, spécialiste de la conception de puces pour mobiles, moyennant la somme de 24 milliards de livres, soit environ 31 milliards de dollars. Un coup de tonnerre pour le secteur puisque les licences d'ARM sont au cœur de la quasi-totalité des puces qui équipent les smartphones et tablettes, entre autres.

Ce montant est particulièrement élevé. Il correspond en effet à une hausse de 43 % par rapport au dernier cours connu d'ARM, de 69 % par rapport au cours moyen des trois derniers mois et de 41 % vis-à-vis du plus haut historique enregistré par l'entreprise en mars 2015. 

Pour financer cette acquisition, SoftBank va devoir souscrire de nouvelles dettes. Cela passe notamment par la souscription d'un prêt-relais d'un montant de 1 000 milliards de yens soit 9,5 milliards de dollars. Celui-ci doit être remboursé sous deux ans, mais le géant nippon précise qu'il sera refinancé ultérieurement par de la dette à long terme avec un taux certainement plus supportable. Le reste proviendra des réserves de cash de l'entreprise.

Engagement fort sur l'emploi

Pour convaincre la direction d'ARM, SoftBank a dû dérouler le tapis rouge, notamment au niveau de l'emploi. SoftBank s'est ainsi engagée à « préserver l'organisation d'ARM, y compris son équipe de direction, sa marque, son modèle économique basé sur les partenariats et sa culture » ou encore à maintenir le siège de la société à Cambridge. 

Autre point notable, Softbank s'est engagée à doubler les effectifs d'ARM au Royaume-Uni d'ici cinq ans, tout en faisant augmenter les effectifs à l'étranger sur la même période. Pas question donc de jouer sur des délocalisations pour remplir le contrat. Un contrat de confiance qui donnerait certainement des cauchemars chez un des plus gros opérateurs français.

Un rachat pour quoi faire ?

Pour justifier ce montant et les engagements pris, SoftBank explique qu'« ARM sera un excellent renfort stratégique pour le groupe SoftBank, alors que nous investissons pour capturer les opportunités offertes par l'Internet des objets ». On se souviendra par exemple que l'entreprise japonaise a racheté 95 % des parts du français Aldebaran Robotics en février 2015 avant de le rebaptiser SoftBank Robotics cette année. Les synergies possibles dans ce cadre sont assez évidentes. 

ARM Previsions

En mettant la main sur ARM, SoftBank choisit également d'intégrer une véritable machine à cash dans son giron. En 2015, le britannique a réalisé un chiffre d'affaires de 968 millions de livres (1,28 milliard de dollars environ) et un bénéfice net de 511 millions de livres soit environ 680 millions de dollars.

Les perspectives de croissance d'ARM sont d'ailleurs au beau fixe, d'ici 2020 la société s'attend à une croissance annuelle d'environ 15 % sur le seul secteur des puces pour smartphones. Ce avec ses architectures ARMv7 et ARMv8, mais aussi grâce à ses puces graphiques Mali. Le britannique vise également le marché des puces réseau et des serveurs, deux marchés qui pèsent plus de 15 milliards de dollars chacun sur lesquels ARM n'a qu'une présence marginale, pour l'instant.


chargement
Chargement des commentaires...