La start-up Save mise en redressement après une croissance mal contrôlée

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Crédits : AndreyPopov/iStock/ThinkStock
Société
Kevin Hottot

Save, une start-up française spécialisée dans la réparation de terminaux mobiles vient d'entrer en redressement judiciaire. Sa croissance était pourtant très forte, mais en raison d'une gestion approximative la société n'a pas su traverser les obstacles qui lui ont été présentés ces derniers mois.

Il y a encore quelques mois, Save pouvait se vanter d'être l'une des prochaines pépites du secteur des nouvelles technologies en France. L'entreprise est spécialisée dans la réparation de smartphones et se démarquait de la concurrence en proposant un service express, promettant de voir son précieux terminal réparé en deux heures chrono puis livré par coursier. Un graal pour ceux qui ne peuvent pas survivre sans être à moins de 10 mètres de leur téléphone. 

Des levées de fonds et une croissance stratosphérique

En l'espace de 18 mois, Save a vu ses effectifs passer de 30 à près de 400 salariés, confie son PDG Damien Morin dans un billet de blog. Et l'entreprise ne comptait pas s'arrêter là, planifiant 1 500 recrutements en 2016, notamment afin de préparer son arrivée sur le marché américain, en commençant par Los Angeles.

Pour parvenir à ces objectifs, la jeune pousse comptait sur les fonds qu'elle a obtenu lors de son premier tour de table : 15 millions d'euros avec des noms tels que Xavier Niel ou 360 Capital Partners apposés en bas du contrat. La société réalisait par ailleurs un chiffre d'affaires déjà conséquent de « 100 000 euros par jour ». De très bonnes bases qui ne laissaient pas augurer de la suite. 

Gestion approximative, vols... et c'est la débandade

« Pavaner sur cette croissance fulgurante, c’était fantastique. Tout le monde a pris son shot de dopamine et s’est senti pousser des ailes. Moi le premier. Sauf que nous n’avons pas maitrisé cette croissance », résume Damien Morin. La suite est quant à elle un peu moins glorieuse. Lorsque l'activité a commencé à se tasser en France, Save n'avait pas suffisamment entamé sa croissance à l'étranger et a donc envisagé de remettre de l'ordre dans ses affaires. 

« C’est là qu’on a réalisé l’ampleur des dégâts. On avait un mauvais contrôle de nos achats, la finance était approximative, notre gestion de stock était brainquebalante, les vols en [boutiques] ont pris une ampleur considérable, l’Allemagne et l’Espagne ont été un échec, nos relais de croissance n’ont pas vu le jour, et j’en passe… Vous voyez le tableau » explique le dirigeant. Save se doit donc de se remettre rapidement sur de bons rails afin d'éviter le game over. 

Pour y parvenir, la jeune pousse s'est lancée dans une procédure de redressement judiciaire. Cela doit lui permettre de « prendre sa respiration » le temps qu'elle se remette sur pied. Par chance, Save peut compter sur le soutien de ses investisseurs qui lui ont accordé « un tour de refinancement » dont le montant n'a pas été communiqué. Par contre, ce nouveau départ s'est également traduit par des licenciements que l'on devine nombreux. 

Après cette passe difficile, Damien Morin explique que sa société devrait retrouver le chemin de la rentabilité, tout en brûlant près de 40 millions d'euros en rythme annuel d'ici la fin de l'année.


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