ARCEP : les évolutions du marché des télécoms début 2016

Des hausses, des baisses et un réajustement de SFR 11
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FAI
Sébastien Gavois

Sur le 1er trimestre 2016, les revenus des opérateurs et les factures des clients ont légèrement baissé. Dans le même temps, la consommation data, les cartes SIM couplées à une offre sur le fixe et le très haut débit ont continué de grimper.

La semaine dernière, l'ARCEP publiait son observatoire des marchés des communications pour le premier trimestre de l'année, l'occasion de faire le point ce secteur toujours aussi agité. Après une année 2015 où les revenus étaient en baisse alors que le très haut débit explosait, début 2016 continue sur la même lancée.

Baisse des revenus des opérateurs, forte hausse de la vente/location de terminaux

En effet, sur le premier trimestre, les opérateurs ont engrangé 8,8 milliards d'euros HT de revenus pour les services de communications électroniques, ce qui correspond à une baisse de 0,8 % sur un an. C'est la diminution « la moins élevée de celles enregistrées depuis le début de la décroissance en 2011 » note le régulateur. Dans le détail, le fixe est légèrement plus touché que le mobile :

ARCEP T1 2016

Néanmoins, les opérateurs ont trouvé d'autres pistes pour augmenter leurs résultats. « Parallèlement, le revenu tiré de la vente et de la location de terminaux mobiles est nettement orienté à la hausse avec une croissance annuelle pratiquement multipliée par trois (+70 millions d’euros HT environ au premier trimestre 2016) » explique l'ARCEP. Le secteur a en effet connu une progression annuelle de plus 15 % de ses revenus.

La facture moyenne des clients baisse également, sur le fixe et le mobile

Cette baisse des revenus est, au moins en partie, liée à une autre : la facture moyenne des clients. Sur le mobile, et hors MtoM, la moyenne est de 16,1 euros HT, soit 20 centimes de moins en trois mois. Si l'on ne prend que les forfaits, il est question de 18,1 euros HT (30 centimes de moins en trois mois et 70 centimes de moins en un an).

Sur le fixe, c'est de nouveau une baisse avec 31,5 euros HT par mois, contre 31,9 euros HT au dernier trimestre de l'année dernière :

ARCEP T1 2016

La locomotive très haut débit sur les rails de l'Internet fixe

Sur le fixe, la transition vers le très haut débit continu de plus belle : « L’internet très haut débit (4,5 millions d’abonnements) représente la totalité de l’accroissement depuis le début de l’année 2015 des abonnements internet (27,1 millions fin mars 2016, +900 000 en un an), en particulier, ceux en fibre optique de bout en bout (1,6 million au premier trimestre 2016, soit +545 000 en un an) et ceux dont le débit est compris entre 30 et 100 Mbit/s (1,7 million, +440 000 en un an) » résume le gendarme des télécoms.

Fin mars 2016, le taux de pénétration du très haut débit, toutes technologies confondues dans les foyers éligibles n'était que de 30 %. Il est néanmoins en hausse de 6 points sur un an et dispose d'encore une grande marge de progression.

Sur les 22,6 millions d'abonnements fixe au 1er trimestre 2016, 98 % passent par du xDSL. Ils sont désormais 22,1 millions, en baisse de 325 000 sur un an. Sur le très haut débit, 2,760 millions de clients dépassent les 100 Mb/s, dont 1,585 million via du FTTH (fibre optique de bout en bout), en hausse de 160 000 sur trois mois. Dans le même temps, le THD avec terminaison coaxiale (proposé principalement par SFR) passe de 1,201 million à 1,175 million. Du côté des offres dont le débit est compris entre 30 et 100 Mb/s (VDSL2 et câble), il est question de 1,742 million (160 000 de mieux).

Au total, sur les 27,079 millions de lignes fixes, 4,502 millions profitent du très haut débit (30 Mb/s minimum).

Portabilité : petite hausse sur le fixe, grosse baisse sur le mobile

La conservation du numéro fixe ne séduit pas outre-mesure les clients qui n'étaient que 597 000 à en profiter sur les trois premiers mois de l'année. C'est mieux que fin 2015 (576 000), mais c'est en baisse de 3,8 % par rapport à début 2015 (620 000).

Sur le mobile, la situation est différente. « Après un pic de plus de deux millions de numéros au trimestre précédent, le nombre de numéros mobiles conservés par les clients suite à un changement d’opérateur reste à un niveau élevé avec 1,5 million au premier trimestre 2016 » indique le gendarme des télécoms.

Cela reste tout de même un bon score pour les trois premiers mois de l'année puisqu'il n'était question que 1,392 million et 1,378 million les années précédentes. Rien de bien surprenant de toute manière étant donné que la guerre des promotions à fait rage à ce moment-là.

Les offres couplées ont le vent en poupe, un réajustement sur le MtoM

Du côté de la téléphonie mobile, « le nombre de cartes SIM en service (71,8 millions, hors cartes « MtoM ») augmente sur un rythme inférieur à 1% depuis quatre trimestres (+515 000 en un an), qui s’explique par une baisse plus prononcée du nombre de cartes prépayées et par une hausse moins vive du nombre de forfaits fin mars 2016 ».

Le nombre de cartes SIM couplées à un abonnement fixe continue de grimper pour atteindre 17,9 millions (1,9 million de plus en un an et 500 000 en trois mois), ce qui représente environ une carte SIM sur quatre (hors cartes « MtoM »). Cette progression devrait continuer dans les mois qui viennent, les FAI multipliant les promotions et les offres afin de pousser les clients à regrouper tous leurs œufs dans un même panier.

C'est par exemple le cas de SFR qui a lancé fin avril son option FAMiLY. Pour rappel, celle-ci est intéressante pour les parents qui souhaitent gérer les forfaits de leurs enfants, mais elle nécessite d'avoir des abonnements fixe et mobiles chez la marque au carré rouge pour profiter de bonus sur... le mobile seulement.

Dans le cas des SIM pour les machines (MtoM), il n'est plus question que de 9,7 millions cartes, contre 10,6 millions le trimestre précédent. Certes il s'agit d'une hausse de 1 million sur un an, mais aussi et aussi d'une baisse de 900 000 en trois mois. Le régulateur explique que cette situation est la conséquence d'un « correctif apporté par l’un des opérateurs », sans préciser lequel.

Il s'agit en l'occurrence de SFR. En effet, au premier trimestre l'opérateur nous expliquait qu'il avait décidé « d'ôter les SIM inactives de la base », ce qui a entrainé une baisse de 1,3 million pour la marque au carré rouge.

La consommation data et les appels toujours en hausse

Le premier trimestre de l'année ne réserve pas de surprise sur les habitudes de consommation des clients : le trafic voix augmente de 1,1 % en moyenne, mais avec de fortes disparités sur le mobile et fixe. Le nombre de minutes est en hausse dans le premier cas (40,2 milliards), ce qui permet de contrebalancer la baisse sur le second (21,2 milliards).

Les SMS chutent très légèrement puisqu'on passe de 52,7 milliards (dont 1,05 milliard de MMS) au quatrième trimestre de l'année dernière à respectivement 51,8 milliards de SMS et 1,049 milliard de MMS. De son côté, la consommation data est toujours plus importante avec 954 Mo par mois en moyenne au premier trimestre 2016 (73,1 % de plus en un an).

Suivant les clients et les types de cartes SIM utilisées, la consommation moyenne est « hétérogène » explique le régulateur : « Elle dépasse un gigaoctet par mois pour les clients utilisant des cartes internet exclusives (1 030 mégaoctets par mois, en recul de 40 mégaoctets sur le trimestre) mais la plus forte consommation est celle des clients se connectant effectivement à internet via leur mobile (1 535 mégaoctets par mois, +200 mégaoctets sur le trimestre). La consommation mensuelle moyenne de données des clients disposant de forfaits est également élevée et dépasse, pour la première fois, un gigaoctet (1 134 mégaoctets par mois, +164 mégaoctets sur le trimestre). La consommation de données à partir de cartes prépayées, reste beaucoup plus faible avec 78 mégaoctets par mois (+2 mégaoctets par rapport au trimestre précédent) ».

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La data en roaming-in explose

Données intéressantes, le régulateur propose un point sur le roaming-in, c'est à dire « la prise en charge par un opérateur mobile français des appels reçus et émis en France par les clients des opérateurs mobiles étrangers ». Durant les trois premiers mois de l'année, il était question de 666 millions de minutes, 171 millions de SMS et 1 247 To de données.

En l'espace d'un an, cela correspond à des hausses de 12 % et 108 % pour les appels et la data, et une baisse de 4,2 % pour les SMS. Il sera intéressant de regarder attentivement les chiffres du troisième trimestre afin de voir si l'Euro 2016 a significativement changé la donne.

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25 000 publiphones de moins, il en reste 38 500 au 31 mars

L'ARCEP en profite pour rappeler que le nombre de publiphones est en baisse, avec une chute d'environ 25 000 unités l'année dernière. Au premier trimestre de l'année, il n'en restait plus que 38 500, soit 7 230 de moins que fin décembre 2015. Si le démantèlement continue sur cette lancée, d'ici deux ans il ne devrait plus y en avoir beaucoup. Ceux installés sur des communes sans couvertures 2G devraient résister, au moins le temps que les opérateurs installent une ou plusieurs antennes.


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