Blizzard attaque un vendeur de « hacks » pour Overwatch en justice

À combien est le tickrate du tribunal ? 149
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Justice
Kevin Hottot

Overwatch est un grand succès sur le plan commercial, et cela attire forcément les tricheurs. Blizzard vient de déposer plainte contre l'éditeur allemand d'un logiciel de triche spécialisé sur ce titre. 

Avec Overwatch, Blizzard a réalisé un très joli coup. Le titre s'est déjà écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires et ses ventes ne semblent pas encore se tarir. Pendant ce temps, son principal rival, Battleborn, a vu son prix de vente passer de 60 euros à 10 euros en l'espace de quelques semaines pour tenter de se faire une place, en vain.

Un marché juteux

Une telle quantité de joueurs attire nécessairement les vendeurs de logiciels de triche. Bossland, l'éditeur des tristement célèbres « Buddy bots » sur l'ensemble des jeux du catalogue de Blizzard (HonorBuddy pour World of Warcraft, DemonBuddy pour Diablo III...) s'est donc lancé sur ce marché avec Watchover Tyrant. Ce produit dédié à Overwatch, permet aux joueurs de montrer l'emplacement de tous les ennemis sur le radar en jeu ainsi que leur état de santé, moyennement un abonnement à 12,95 euros par mois.

Cet abonnement est nécessaire pour maintenir le « hack » à jour. Très régulièrement, Blizzard apporte des modifications à ses outils de détection des bots et des tricheurs. Des développements continus sont donc requis pour que ces logiciels restent sous les radars de l'éditeur. Le danger pour les tricheurs étant de voir leur compte Battle.net banni et d'en perdre l'accès.

Mais les actions du créateur de Warcraft ne s'arrêtent pas là, et vont également jusqu'en justice. Blizzard a ainsi déposé plainte contre Bossland pour plusieurs motifs, dont trafic d'appareils de contournement, incitation et contribution à la violation de copyright et concurrence déloyale. Dans sa plainte, la société explique que Bossland s'est « massivement et injustement enrichi sur le dos de Blizzard, en tirant des centaines de milliers, voire des millions de dollars de bénéfices de la vente de hacks ».

Le cas Overwatch

Si les logiciels de triche pour World of Warcraft, Diablo III, ou Hearthstone n'ont rien de nouveau, Blizzard s'émeut tout particulièrement du cas d'Overwatch. « En lançant leur logiciel de triche pour Overwatch seulement quelques jours après le démarrage commercial du jeu, Bossland tente de détruire ou de causer des dommages irréparables au jeu avant même qu'il ait la chance de fleurir complètement », fait ainsi valoir Blizzard.

On soulignera tout de même qu'à plus de 10 millions d'exemplaires vendus il est difficile de mettre en évidence l'étendue des dégâts causés. Mais qu'importe, Blizzard a déjà fait son petit calcul. Le géant américain estime ainsi, selon la formule consacrée, que « la distribution des hacks représente un manque à gagner de dizaines de millions de dollars et des dommages irréparables à sa réputation ».

Bossland n'est pas inquiet

Du côté de Bossland, l'arrivée de cette nouvelle plainte est prise avec philosophie. « Nous avons déjà plus d'une dizaine d'affaires en cours en Allemagne. Maintenant Blizzard veut aussi essayer aux États-Unis » commente Zwetan Letschew, le PDG de Bossland, devant nos confrères de Torrent Freak. Le dirigeant n'a d'ailleurs aucune crainte de voir cette plainte aboutir, son entreprise n'ayant aucune racine aux États-Unis, la cour de Californie dans laquelle le dossier a été déposé n'aurait donc aucun pouvoir sur elle.

L'éditeur de logiciels de triche fait également valoir qu'il a remporté un procès contre Blizzard plus tôt cette année en Allemagne, autour de la vente de bots dédiés à Heroes of the Storm. Si la justice rend le même verdict avec Overwatch, Bossland peut dormir sur ses deux oreilles.


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