Pour Microsoft, Edge est le navigateur le moins gourmand

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Crédits : faithiecannoise/iStock
Navigateurs
Vincent Hermann

Microsoft a publié une série de résultats visant à prouver que son navigateur Edge est le moins gourmand sous Windows 10. Au-delà des écarts parfois profonds – notamment avec Chrome – cette communication montre à quel point l’utilisation efficace de l’énergie devient un nouvel argument.

Edge est selon Microsoft le navigateur le plus économe dès qu’il est question de dépenser de l’énergie. Un argument qui n’a peut-être guère de poids sur un PC fixe, mais dont l’éditeur espère qu’il fera mouche sur les portables.

Des écarts parfois conséquents

En laboratoire, donc avec des conditions particulières, Microsoft s’est servi d’un Surface Book pour mesurer l’autonomie potentielle en utilisant quatre navigateurs : Edge, Chrome, Firefox et Opera. Le test passait notamment par la navigation sur des sites tels qu’Amazon, Facebook, YouTube et Wikipédia, l’ouverture de nouveaux onglets et le défilement des contenus. Le test était automatisé et représentait la même charge de travail dans tous les cas.

Durant ce test, Microsoft a mesuré la consommation moyenne du processeur, du GPU et du Wi-Fi. Edge a ainsi consommé 2 068 mW, Chrome 2 819 mW, Opera (avec l’option d’économie d’énergie) 3 077 mW et Firefox 3 161 mW. Mais puisqu’il s’agit de conditions de laboratoire, l’éditeur a publié des moyennes générées depuis les chiffres envoyés par des millions de machines via la télémétrie. La consommation moyenne d’Edge est ainsi de 465,24 mW, de 493,5 mW pour Firefox et de 719,72 mW pour Chrome.

De manière plus pratique, Microsoft a diffusé le même flux vidéo HD vers quatre Surface Book. Sur cette base, la batterie s’est vidée en 7h22 avec Edge, 6h19 avec Opera, 5h09 avec Firefox et 4h20 avec Chrome. Soit un écart d'environ 70 % entre le premier et le dernier. Ces résultats ne se retrouvent d'ailleurs pas que chez Microsoft. Le Wall Street Journal notait par exemple le 3 mai qu'à machine égale (un XPS 13 de Dell), l'utilisation du navigateur avait permis de tenir une heure de plus face à Chrome en navigation web. Dans le cas d'un flux Netflix, l'écart se creusait encore : deux heures.

La consommation comme nouveau challenge...

Point intéressant, tous les chiffres ont été obtenus avec la version actuelle d’Edge. Or, Microsoft prépare une série d’améliorations pour la version du navigateur qui accompagnera l’Anniversary Update de Windows 10 à la fin du mois prochain.

Dans un autre billet de blog, la société détaille ces apports : optimisations sur le traitement des onglets en arrière-plan (particulièrement sur le JavaScript), isolation supplémentaire de Flash en coupant la lecture de tous les contenus jugés non essentiels dans un site, un travail sur des animations et éléments d’interface, ainsi que des changements sur les transferts qui devraient permettre de plonger la carte Wi-Fi plus souvent en mode basse consommation. Ce sont des changements qui, pour la plupart, ressemblent à ce qu’a fait Opera récemment avec sa version 38.

... et il était temps

Ces tests, tout comme la communication qui les accompagne, montrent une tendance récente chez les éditeurs de navigateur. La consommation d’énergie devient un nouvel argument, comme la sécurité ou le respect des standards dans les années précédentes. Globalement, on ne peut que s’en féliciter, car au-delà de l’évident aspect écologique d’une telle démarche, les utilisateurs en verront les bénéfices concrets avec des batteries qui s’épuiseront moins vite et des recharges moins fréquentes.

Les mesures mettent également en évidence les progrès que doit faire Google sur Chrome – encore une fois. Le navigateur avait déjà été largement égratigné dans les résultats affichés par Opera, Chrome servait de mètre étalon. Et pour cause : il est aujourd’hui le plus utilisé, représentant la cible à abattre. Les résultats affichés par Microsoft sont nettement plus précis que ceux d’Opera, mais renvoient globalement à la même idée.

Face aux fonctionnalités et à l'inertie

La question qui reste en suspens est cependant de savoir bien sûr si ces améliorations suffiront pour qu’Edge soit davantage utilisé. Il est évident que l’idée d’une plus grande efficacité est plaisante, mais les utilisateurs ont tendance à se tourner vers ce qui répond à leurs besoins. Avec le passage de Firefox et Chrome, beaucoup sont habitués à des gestes simples, comme épingler un onglet ou installer une extension. Avec Edge, ces fonctionnalités devront attendre la fin du mois prochain. Microsoft devra alors lutter contre une très forte inertie avec une communication adaptée.


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