Vivendi franchit le seuil des 20 % du capital d'Ubisoft

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Finances
Kevin Hottot

On pouvait penser que le succès de l'OPA sur Gameloft allait calmer quelque temps les ardeurs de Vivendi, mais ce n'est pas le cas. Le géant des médias a franchi à la hausse le seuil des 20 % du capital d'Ubisoft pendant l'E3.

Petit à petit, Vivendi fait son nid chez Ubisoft. La firme de Vincent Bolloré n'a pas pris le temps de digérer complètement Gameloft, fraîchement acquise, qu'elle repart déjà à l'assaut de l'éditeur d'Assassin's Creed. La trêve évoquée par certains observateurs n'aura quant à elle tenu que quelques semaines. 

Paroles, paroles...

En effet, Vivendi a déclaré à l'AMF, via un courrier daté du 17 juin avoir « franchi en hausse, le 14 juin 2016, le seuil de 20 % du capital de la société Ubisoft Entertainment », avec un total de 22,7 millions d'actions représentant 20,10 % du capital et 17,77 % des droits de vote de l'entreprise.

Comme d'habitude, dans sa déclaration d'intention, le géant des médias continue de brosser les actionnaires d'Ubisoft dans le sens du poil. « Vivendi n'envisage pas de déposer une offre publique sur Ubisoft, ni d'en acquérir le contrôle » peut-on ainsi lire dans cette déclaration.

On se souviendra que lors du franchissement de ce même seuil en décembre 2015 pour Gameloft, que Vivendi expliquait alors que « ces achats n’ont pas été spécifiquement conçus comme une étape préparatoire à un projet de prise de contrôle de Gameloft ». Cette promesse ne pèse donc pas très lourd théoriquement. Cela étant, certains se rassureront en voyant que le vocabulaire employé était assez différent.

Étape 2 : insister pour entrer au conseil d'administration

Vivendi assure par contre envisager de poursuivre ses achats « en fonction des conditions de marché », ce qui pourrait l'amener – moyennant un effort financier important – jusqu'au seuil de 30 % du capital, suffisant pour le déclenchement d'une OPA obligatoire, de la même nature que celle qui a fait plonger Gameloft dans l'escarcelle du géant des médias. 

Avant d'en arriver à ces extrémités, Vivendi insiste pour « demander une recomposition du conseil d’administration d’Ubisoft en vue, notamment, d’y obtenir une représentation cohérente avec sa position actionnariale ». Une formule qui était déjà présente lors du franchissement de la barre des 15 % de droits de votes. Une requête à laquelle semble se refuser pour l'instant Ubisoft, qui compte plutôt faire entrer un administrateur indépendant, ne disposant que d'un nombre symbolique d'actions donc. Pour l'heure, l'éditeur n'a pas réagi de façon officielle à la nouvelle.


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