iOS 10 : analysons les nouveautés de cette évolution majeure

Parfois un air de déjà vu 18
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Vincent Hermann

Après le résumé des annonces dans Sierra, nous nous penchons sur iOS 10. Il s’agira clairement d’une évolution majeure, les nouveautés étant nombreuses. Les développeurs auront particulièrement à faire, avec les ouvertures de Siri ou encore de Messages.

iOS 10 sera une version marquante du système mobile. Les dernières moutures majeures, iOS 8 et 9, ont marqué un début d’ouverture pour les développeurs, avec par exemple l’arrivée des widgets dans le centre de notifications, des éléments de partage ou encore des compléments comme les claviers tiers et les bloqueurs de contenus (qui sont essentiellement exploités pour bloquer la publicité). iOS 10 poursuivra dans cette voie.

Quels seront les appareils compatibles ?

Si la première préversion pour les développeurs est disponible depuis cette nuit, une bêta publique devrait arriver dans le courant du mois prochain. La version finale arrivera comme d’habitude en septembre, quelque temps avant le nouvel iPhone. Les appareils mobiles supportés abandonnent une génération, comme on pouvait s’en douter. Voici les modèles qui seront donc supportés :

  • iPhone : 5, 5c, 5s, 6, 6s et SE
  • iPad : 4, Air, Air 2, Pro, mini 2 à 4
  • iPod Touch de sixième génération
  • Sur un même modèle, les variations de tailles d’écran n’ont pas d’importance.

Siri s’ouvre aux développeurs

L’ouverture d’iOS continue donc avec Siri. Cela faisait un moment que les développeurs attendaient de pouvoir s’insérer dans l’assistant vocal, et les démonstrations faites durant la conférence montrent bien le potentiel.

Théoriquement, toutes les fonctionnalités exposées par les applications à Siri sont exploitables par ce dernier. Durant la WWDC, Apple a ainsi montré comment on pouvait interpeler l’assistant et lui demander d’envoyer un message à un contact WeChat. Ce qui signifie que Siri devrait normalement pouvoir réaliser à peu près tout et n’importe quoi, à condition bien sûr que l’opération soit effectivement plus rapide à effectuer à la voix qu’au doigt.

Les développeurs devront obligatoirement exploiter pour cela SiriKit, sans quoi l’assistant ne pourra pas « deviner » les fonctions accessibles. Une fois modifiée, une application comme RunKeeper pourra être pilotée à la voix, permettant d’imaginer des interactions plus simples dans un cadre sportif, quand les mains ne sont pas toujours disponibles. Autre exemple donné par Apple dans sa conférence, l’application Uber exposant son système de réservation. Un utilisateur se servant de Plans pourrait donc commander un trajet sans arrêter ce qu’il est en train de faire.

Un écran verrouillé moins « bateau »

L’écran verrouillé d’iOS n’est clairement pas une des zones les plus efficaces du système. Ses possibilités ont été jusqu’à présent assez limitées. Apple a même reconnu un problème supplémentaire apparu avec les iPhone 6s : Touch ID 2.0 est parfois si rapide qu’un appui sur le bouton Accueil pour regarder ses notifications déverrouille en fait le téléphone.

Pour rendre cet écran plus pratique, Apple ajoute donc plusieurs fonctionnalités, dont beaucoup rappellent en fait Android. Par exemple, plutôt que d’appuyer sur le bouton Accueil, on pourra simplement soulever le smartphone. Une fois proche de la verticale, il allumera l’écran pour montrer les notifications. Depuis l’écran verrouillé, on pourra également faire un glissement vers la gauche pour activer l’appareil photo, ou vers la droite pour afficher les widgets du centre de notifications Des manipulations horizontales plus simples à réaliser que les verticales actuelles pour accéder à ces informations. Cependant, une prochaine bêta devrait apporter un geste équivalent pour compenser l’absence des pressions.

Les notifications seront de leur côté également plus riches. Les actions que pourra entreprendre l’utilisateur seront plus variées, comme dans le cas d’une invitation à un évènement, laissant plus de choix dans les réponses. 3D Touch sera d’ailleurs exploité pour l’occasion, ce qui ne bénéficiera qu’aux possesseurs des iPhone 6S, en attendant les nouveaux. Par exemple, sur la notification d’un message, on pourra exercer une pression pour faire apparaître les derniers échanges.

Home, pour concentrer toutes les fonctions liées à la domotique

Apple passe à la vitesse supérieure sur la domotique avec l’arrivée d’une application dédiée à cet usage : Home. Elle permettra d’exploiter dans un lieu unique l’ensemble des fonctionnalités exposées par des appareils compatibles HomeKit.

On pourra donc réaliser des opérations comme verrouiller/déverrouiller une porte, allumer/étendre des ampoules, régler des thermostats, descendre/remonter des rideaux électriques et ainsi de suite. Dans une maison qui contient par exemple plusieurs pièces éclairées par des ampoules « intelligentes » (comme les Hue de Philips), elles seront bien entendu toutes gérables séparément. On pourra également créer des regroupements pour en gérer plusieurs d’un coup.

Apple Music passe par un gros ravalement de façade

Comme nous l’indiquions ce matin dans l’actualité sur macOS Sierra, Apple Music fait peau neuve. C’est peu de dire que son interface avait divisé. Lors de sa sortie, nous avions relevé ainsi dans notre prise en main que l’ergonomie était largement perfectible, les fonctions étant en particulier imbriquées les unes dans les autres, souvent loin de la vue de l’utilisateur qui ne savait alors où chercher.

L’objectif de la nouvelle version est donc clair : s’y retrouver. L’ergonomie générale a changé et se pare d’une interface qui rappelle étrangement le travail effectué par Microsoft autour de Metro, avec des informations hiérarchisées en partie par les tailles de police. Tout y est exposé à la manière d’un site web, les informations s’empilant verticalement. Avantage, tout est exposé ou presque. Inconvénient, il faudra davantage balayer l’écran pour voir ce qui est affiché.

L’ouverture de Music se fait directement sur Bibliothèque pour montrer les contenus de l’utilisateur. Les fonctions évidentes se veulent plus accessibles. Le menu global sur un morceau affiche ainsi des actions regroupées dans des cases : gestion du titre (suppression, ajout sur une playlist…), les J’aime/Je n’aime pas et le titre, accompagné par l’artiste et le nom de l’album. On retrouve dans de nombreux endroits une volonté de donner à l’utilisateur ce qu’il demandait. Par exemple, plus besoin de passer par des listes spécifiques pour enregistrer localement un titre. L’ajout d’un titre dans une playlist peut également se faire par un petit « + » situé à droite dans la liste.

Apple Music WWDC

Messages a décidé d’être « fun »

Messages (qui réunit les SMS et iMessage) est sans conteste l’une des applications évoluant le plus dans iOS 10. De nombreuses fonctionnalités ont été ajoutées. Certaines sont très utiles, comme la possibilité d’activer des demandes d’accusés de réception par contact. D’autres sont dispensables, mais peuvent être amusantes. Et elles sont nombreuses.

La taille des emojis a par exemple été multipliée par trois. Et si vous appréciez ces petits dessins au succès incontestable, soyez ravis ! Durant la rédaction des messages, certains mots s’afficheront en orange. En appuyant dessus, iOS vous permettra de les remplacer facilement par des emojis correspondants.

La rédaction elle-même des messages prendra appui sur Siri, du moins si l’utilisateur laisse la fonction active. Les recommandations de mots iront donc puiser dans le « savoir-faire » de l’assistant, Apple indiquant que les résultats devraient être beaucoup plus pratiques. Les liens envoyés afficheront des miniatures et, en cas de vidéo, en permettront la lecture directe (notamment avec YouTube). Comme sur Watch, on pourra également dessiner, sur un fond blanc comme sur une photo. Signalons également l’envoi possible d’effets animés, comme des bulles et des cotillons. Inutile donc indispensable.

messages Apple WWDCmessages Apple WWDC

Sur une note plus sérieuse, Messages s’ouvre aussi aux développeurs. Une section spéciale s’ouvrira dans le Store, permettant aux éditeurs de proposer des compléments pour la solution de messagerie. Pourront alors s’y insérer des solutions de paiement (on pense évidemment à PayPal) ainsi que les classiques autocollants ou GIF animés.

On sent chez Apple une volonté très nette de revenir sur le devant de la scène pour une messagerie qui disposait de certaines qualités (dont le chiffrement de bout en bout) mais qui devenait dépassée sur le plan des fonctionnalités. Messages profitera d’ailleurs sans doute d’une évolution simple mais très pratique : la possibilité de déclarer deux langues dans le clavier virtuel pour en gérer les corrections automatiques en même temps. En clair, on pourra rédiger des messages comprenant les deux langues sans qu’iOS ne corrige automatiquement les mots non reconnus.

Signalons que la plupart de ces apports concernent iMessage. Finalement, tout ce qui manque à l'application, c'est d'être disponible sur les autres plateformes. Il se murmure d’ailleurs actuellement qu’Apple travaillerait sur une mouture Android.

On peut enfin désinstaller les applications Apple

Il s’agit probablement de l’une des demandes les plus insistantes des dernières années : pouvoir supprimer à l’envie les applications intégrées dans iOS, soit parce qu’on n’en a pas besoin, soit parce qu’on a tout simplement trouvé mieux.

Safari, Messages, Téléphone, Photos, Appareil photo, App Store, Santé, Wallet, Activité, Localiser et Horloge ne peuvent pas être supprimées. Toutes les autres sont éjectables. On pourra donc non seulement supprimer des applications répondant à des besoins spécifiques comme Watch, iBook, Domicile ou Dictaphone, mais également celles que l’on aurait pensé pourtant indéboulonnables, comme Mail, Notes, Calculette, FaceTime, Vidéos, Calendrier, Rappels et même iTunes Store.

Quand une application est supprimée, iOS 10 vérifie d’abord que c’est bien l’action demandée en réclamant une confirmation. Dans la plupart des cas, toutes les données sont effacées, seules Contacts et Calendrier les laissant dans un coin. Une fois supprimées, les applications n’apparaissent plus nulle part, comme si elles n’avaient jamais été là.

Mais que passe-t-il si on regrette ou que l’on a finalement besoin de l’une d’entre elles ? Il suffit de la chercher dans l’App Store, comme on le ferait pour une application classique. Dommage en fait qu’Apple n’ait pas prévu une section spécifique, par exemple dans Achats. En cas d’utilisation d’une fonction réclamant une application absente, iOS peut suggérer directement la restauration. Signalons enfin que le Game Center n’aura même pas besoin d’être supprimé : il n’est tout simplement plus dans iOS 10.

Il est bon dans tous les cas qu’Apple se préoccupe du choix laissé à ses utilisateurs, même si la société contrebalance tout de suite cette bonne nouvelle par une information pratique : même si on supprime toutes les applications maison, on n’économisera que 150 Mo environ. L’éditeur explique qu’elles sont en effet prévues pour prendre un minimum de place. Ou bien serait-ce parce que la suppression n’est que partielle ?

Photos, ses collections et ses souvenirs

Les améliorations de Photos sont globalement les mêmes que celles décrites ce matin dans notre article sur Sierra. On retrouvera donc la reconnaissance faciale, ainsi que celle de objets et des éléments de décor, pour effectuer ensuite des recherches ou créer automatiquement des regroupements de clichés.

Plans veut être plus proactif au quotidien

L’application maison de cartographie et de GPS passe actuellement elle aussi par un ravalement de façade. Les cartes sont affichées avec une nouvelle apparence, l’objectif étant d’afficher plus clairement ce qui est important. Idem pour les actions, instructions et signalements divers, notamment pour la densité de circulation.

Si on laisse faire Plans, il suivra les déplacements pour analyser les habitudes. En fonction de l’heure de la journée, il proposera donc de lui-même une série d’actions, comme aller au travail. Ces informations seront accompagnées d’autres, comme le temps moyen estimé pour se rendre dans un endroit. Apparaitront également les évènements prévus pour donner une idée de l’itinéraire (si l’adresse a été remplie dans le Calendrier).

Signalons enfin une fonctionnalité assez pratique : le signalement des points d’intérêts au fur et à mesure que l’on se déplace. On peut ainsi chercher rapidement des stations d’essence, des restaurants ou simplement un café. Plans peut estimer combien de temps ce détour risque d’ajouter à un trajet prévu.

D’autres améliorations un peu partout

Ces grands points constituent l’essentiel des nouveautés, mais d’autres sont présentes. On citera donc pêle-mêle la possibilité de collaborer à plusieurs sur des Notes, l’affichage côte à côte de deux pages web dans Safari sur iPad, l’édition des Live photos, l’affichage des appels entrants pour les applications tierces avec la photo du contact en plein écran, l’affichage précis du numéro appelant pour mieux voir les spams téléphoniques ou encore la transcription des messages laissés sur le répondeur.

Il est intéressant également de voir Apple prendre un engagement fort sur la sécurité et le respect de la vie privée. Dans son communiqué, la firme rappelle ainsi qu’iMessage, FaceTime et HomeKit communiquent tous avec le chiffrement de bout en bout et qu’Apple ne peut pas lire les données. Dans la plupart des cas, la firme assure que les traitements sont effectués en local sur l’appareil. Quand ce n’est pas possible, comme avec Siri, elle s’engage à ne pas utiliser les informations pour la construction de profils. Elle assure même que pour des fonctionnalités comme les prédictions de mots en cours de frappe, les statistiques sont totalement anonymes.

Reste qu’il s’agit pour l’instant d’une première bêta et que l’ensemble est susceptible d’évoluer, dans le fonctionnement que dans l’apparence. La phase publique de test le mois prochain devrait renseigner Apple sur l’accueil qui sera réservé à une version qui, dans tous les cas, sera importante.


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