Spotify estime qu'Apple ne règle pas les principaux problèmes de son App Store

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Vincent Hermann

Apple a beau avoir annoncé des changements importants pour son App Store, l’ambiance n’est pas à la fête chez tous les éditeurs. Spotify en particulier indique que si les apports sont bienvenus, ils ne corrigent toujours pas les problèmes centraux.

Hier, Apple présentait quelques-unes des évolutions importantes qui prennent actuellement place dans l’App Store d’iOS. Parmi ces changements, plusieurs concernent les abonnements, avec un assouplissement notable de certaines règles. L’argument principal est clairement financier : dès qu’un éditeur proposera son produit plus d’un an, la répartition classique – 70 % pour l’éditeur, 30 % pour Apple – passera à 85/15.

Ce changement de politique était fait avant tout pour répondre à une certaine grogne, tout en essayant de capter d’autres éditeurs. Des entreprises comme Amazon ne proposent toujours aucun de leurs abonnements sur iOS. Pourtant, même avec ces aménagements, certains estiment qu’Apple n’a pas vraiment réagi sur le cœur du problème.

« C’est un beau geste, mais... »

Spotify, interrogé par The Verge, pense notamment que la volonté de Cupertino de s’insérer systématiquement entre le client et l’éditeur est toujours un frein : « C’est un beau geste, mais ça ne règle pas le cœur du problème avec la taxe Apple et son système de paiement » a ainsi indiqué Jonathan Prince, responsable de la communication. Il ajoute « qu’à moins qu’Apple change ses règles, la flexibilité sur les prix est interdite, et c’est pourquoi nous ne pouvons jamais proposer des offres spéciales et des rabais ».

En fait, cette volonté de jouer les intermédiaires empêcherait des sociétés comme Spotify d’obtenir bon nombre de renseignements. Toujours selon Price, impossible de récupérer par exemple la durée de souscription de l’abonnement quand il est souscrit sur iOS. Spotify n’est donc pas en mesure de réagir sur une fidélité particulièrement marquée d’un utilisateur. L’entreprise aimerait également plus d’informations sur les coupures d’abonnements.

À quand des versions d'essai des applications ?

Il n’est pas interdit bien entendu qu’Apple prévoit d’autres changements à l’avenir. Il est possible par exemple que la firme prépare des annonces complémentaires pour sa WWDC, qui débutera lundi soir. En attendant, il existe clairement des limitations propres à l’App Store. L’un des exemples les plus flagrants est la possibilité de proposer une version d’essai, afin que les utilisateurs se fassent une idée précise de ce qu’ils pourraient acheter. Certains aimeraient également pouvoir proposer des mises à jour payantes dans le cas de nombreux ajouts de contenus et/ou de fonctionnalités, plutôt que de proposer une nouvelle application.

Cela étant, maintenant qu’Apple a ouvert la porte aux changements, de nombreux éditeurs vont probablement exprimer clairement leurs attentes. D’autant que la plupart des améliorations portées sur l’App Store concernent avant tout les abonnements. Pourquoi ne pas imaginer à terme par exemple un élargissement de la répartition 85/15 au bout d’un an à toutes les applications payantes, à la manière de ce que fait déjà Microsoft ?


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