Parti de Tor, Jacob Appelbaum nie les allégations d'agressions sexuelles

Un faisceau de rumeurs 53
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Crédits : Wikipedia / Tobias Klenze
Securité
Vincent Hermann

« Ce sera notre seul et unique communiqué public ». Le projet Tor a annoncé samedi que le développeur Jacob Appelbaum était la cible d’allégations d’abus sexuels et qu’un cabinet spécialisé avait été engagé. Dans un tout récent communiqué, le développeur conteste ces accusations.

Le 2 juin, le site officiel du projet Tor informait que Jacob Appelbaum ne travaillait plus sur le réseau d’anonymisation depuis le 25 mai. Aucune information supplémentaire n’était donnée, et on pouvait se douter qu’au moins un problème avait eu lieu. Il est de tradition en effet dans ce genre de contexte de donner quelques raisons et de souhaiter bonne chance, surtout quand il s’agit d’une personnalité comme Appelbaum.

Des allégations « plus sérieuses et concrètes »

Ce développeur et chercheur en sécurité, très connu de la scène du logiciel libre, était l’un des piliers du projet Tor et l’un de ses principaux « hackers ». Il prenait également parfois la plume, en signant par exemple l’article de Der Spiegel qui révélait l’espionnage par la NSA du smartphone d’Angela Merkel. Membre du collectif « Cult of the Dead Cow », il est un intervenant régulier du Chaos Computer Congress et est conseiller technique de la fondation Freedom of the Press.

Mais le communiqué du 4 juin indique que même si Appelbaum était parfois cible de rumeurs, des allégations sont devenues « plus sérieuses et concrètes ». Très peu d’informations sont disponibles, l’association ne donnant pas de détails. Si Jacob Appelbaum reste pour l'heure couvert par la présomption d'innocence, celui-ci est accusé publiquement d’abus et harcèlement sexuels, avec une ampleur décuplée qui a forcé Shari Steele, directrice de la structure, à publier un communiqué. Elle prévient notamment que le départ d’Appelbaum est une conséquence des délibérations faites dans le sillage « d’entretiens avec les plaignants ».

Des rumeurs au long cours

Par ailleurs, la direction a engagé « un cabinet d’avocats spécialisé dans la gestion des problèmes avec les employés, y compris le harcèlement sexuel ». Elle promet des « investigations sur des allégations spécifiques », sans en dire plus puisque ces travaux ne seront pas publics. Selon Steele, les déclarations récentes sont toutefois « cohérentes avec des rumeurs que certains d’entre nous entendaient depuis un moment ».

La direction insiste : ni le logiciel lui-même, ni l’association ne sont en danger. Elle promet la transparence mais la vie privée d’un certain nombre de personnes étant en jeu, ses marges de manoeuvres sont très faibles...

Jacob Appelbaum nie les accusations

Jacob Appelbaum, dans un communiqué tout juste publié, se défend en tout cas de ces allégations : « Que ce soit clair : les accusations d’agressions sexuelles contre moi sont totalement fausses ».

Il évoque dans sa réaction une « attaque calculée et ciblée » pour lancer « des allégations malveillantes et fallacieuses ». S’il indique que les « rumeurs vagues et campagnes de diffamation » ne sont en rien une nouveauté pour lui et que « de nombreuses tentatives pour saper » son travail ont eu lieu « ces dernières années », ces attaques sont « devenues si agressives » qu’il a souhaité réagir. Il ajoute : « je suis prêt à utiliser la voie juridique, si nécessaire, pour défendre ma réputation contre ces accusations diffamatoires ».

En attendant, il indique tenir particulièrement à l’avenir du projet Tor. Il a donc décidé d’en partir avant que le conflit n’en perturbe le fonctionnement.


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