L'Iran donne un an aux messageries pour stocker leurs données localement

Faut qu’elles rentrent dans l’Iran 37
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Vincent Hermann

En Iran, les différentes solutions de messagerie auront un an pour stocker localement les données liées aux utilisateurs résidant dans le pays. Une décision prise par le Conseil Suprême du Cyberespace, sous la houlette de l’ayatollah Ali Khamenei.

L’Iran, actuellement l’un des pays contrôlant le plus l’information au monde, vient de prendre une décision lourde : toutes les entreprises proposant des solutions de messagerie devront installer dans le pays des serveurs. Objectif, stocker localement les données des utilisateurs iraniens. Elles ont un an pour s’y préparer, faute de quoi elles n’auront plus le droit d’y proposer leurs services, qu’ils soient gratuits ou payants.

La décision a été prise par le Conseil Suprême du Cyberespace, dont les membres sont tous nommés par l’ayatollah Ali Khamenei, dirigeant du pays. L’information a été rapportée par Reuters, à partir d’une dépêche de l’agence iranienne de presse IRNA. Le communiqué était laconique : « Les sociétés étrangères de messagerie actives dans le pays auront obligation d’y transférer toutes les données et activités liées aux citoyens iraniens pour pouvoir poursuivre leurs activités ». Toujours selon le communiqué de l’IRNA, ces mesures font suite à des « inquiétudes » du dirigeant.

Le cas spécifique de Telegram

La décision pourrait impacter notamment Telegram, dont l’histoire avec le pays est particulière. Plus d’un quart des utilisateurs iraniens se serviraient de l’application selon une étude locale publiée le 31 décembre dernier. Deux semaines plus tard, le site iranien TechRasa se penchait sur le phénomène, indiquant que l’arrivée des 3G et 4G avait provoqué la chute des SMS et l’explosion des solutions de messagerie.

En janvier également, un article de l’ONG International Campaign for Human Rights in Iran indiquait que la popularité atteignait un tel niveau que près de la moitié du trafic Internet dans le pays était dû à la solution de messagerie. Au point qu’un nombre croissant de membres du gouvernement l’utilisaient. L’application avait d’ailleurs un peu plus tôt résisté à un vote de censure par le conseil chargé de filtrer les communications.

Le chiffrement E2E comme trouble-fête ?

L’obligation d’installer des serveurs au sein des frontières iraniennes aura notamment pour effet de braquer une lumière crue sur le chiffrement de bout en bout (E2E). Il peut notamment être mis en place de manière à ce que les serveurs ne soient que de simples relais, ne stockant donc pas les communications. Si l’objectif de l’Iran est de disposer d’une copie locale des contenus, des décisions comme celle de WhatsApp risquent donc de poser problème, la société rachetée par Facebook en ayant déjà avec le FBI aux États-Unis pour les mêmes raisons.


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