Un système de reconnaissance faciale de fugitifs jugé anticonstitutionnel par un tribunal argentinCrédits : Scharfsinn86/iStock

Un juge a déclaré que le système de reconnaissance biométrique faciale des fugitifs (SRFP) de Buenos Aires était anticonstitutionnel, rapporte le Future of Privacy Forum, « interdisant son fonctionnement jusqu'à ce que les mécanismes de contrôle et de surveillance requis par la loi soient mis en place », et ce d'autant qu' « aucune analyse d'impact n'avait jamais été réalisée par les propriétaires du système ».

Le SRFP avait été déployé en 2019 sur certaines caméras de vidéosurveillance afin de comparer les visages des passants avec ceux réunis dans une base de données de fugitifs du système judiciaire argentin. 

Or, il avait rapidement rencontré de « graves failles » entraînant une série de « détentions illégales » d'une durée d'une à trois heures résultant de « faux positifs » identifiés à tort comme fugitifs.

Ces failles résultaient d'erreurs quant à l'identité du fugitif recherché, d'avis de recherche périmés, de mises à jour non prises en compte par le logiciel ou la base de données des fugitifs recherchés.

De plus, les autorités avaient effectué 9 392 372 demandes d'accès aux données biométriques, alors que la base de données ne dénombrait que 35 000 fugitifs, et qu' « au moins 356 enregistrements de recherche d'individus dont les données biométriques ont été incorporées dans le SFRP ont été effacés manuellement, ce qui rend impossible d'évaluer si ces recherches étaient légalement justifiées » : 

« Le tribunal a jugé déraisonnable que dix-sept utilisateurs "administrateurs" non identifiables aient un accès illimité aux informations sensibles de millions d'individus, tout en étant également libres de manipuler et/ou d'effacer des données sans aucun mécanisme de transparence ou de responsabilité significatif en place. »

Le tribunal a dès lors et en outre estimé que le SRFP était « contraire au principe de la présomption d'innocence », que le risque était « permanent et généralisé » et que la « simple possibilité » de conséquences néfastes, en plus de l'absence de mécanismes de contrôle et de surveillance adéquats, démontrait que le SFRP présentait un « risque sérieux » d'atteinte à la vie privée des citoyens.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !