La France a couvert l'exportation d'outils français de cybersurveillance en ÉgypteCrédits : mattjeacock/iStock

La répression « sans précédent » de la société civile égyptienne aurait été « facilitée par un système de cybersurveillance massif installé par trois entreprises françaises, avec l’accord tacite des autorités », révèlent Disclose et Télérama.

La première, baptisée Nexa Technologies, est dirigée par les fondateurs d’Amesys, une société accusée d’avoir fourni du matériel de surveillance à la dictature de Mouammar Kadhafi, en Libye. La deuxième, Ercom-Suneris – filiale de Thalès depuis 2019 – est connue pour sécuriser l’un des téléphones portables d’Emmanuel Macron. La troisième n’est autre que Dassault Systèmes, la filiale technologique du poids lourd de l’armement tricolore et constructeur de l’avion Rafale.

Nexa Technologies y a installé un logiciel de surveillance d’Internet appelé « Cerebro », et Ercom-Suneris un dispositif d’écoutes téléphoniques et de géolocalisation du nom de  « Cortex Vortex ». Exalead, filiale de Dassault Systèmes, a de son côté permis de relier les différentes bases de données entre elles pour le compte du MID, l’opaque service de renseignement militaire du régime égyptien.

Selon un document confidentiel que Disclose s’est procuré, Cerebro serait capable « d’analyser les données pour comprendre les relations et le comportement des personnes suspectées, remonter dans le passé pour trouver des informations pertinentes dans plusieurs milliards de conversations enregistrées ».

Le contrat a pour nom de code « Toblerone », en hommage au chocolat suisse en forme de pyramide. L'entreprise a en effet pour tradition d'utiliser des noms de bonbons pour ses contrats de logiciels espions : « Candy » pour la Libye, « Crocodile » pour le Gabon, « Finger » pour le Qatar, « Kinder » pour l'Arabie saoudite, « Miko » pour le Kazakhstan, « Oasis » pour Dubaï et « Pop Corn » pour le Maroc​...

Près de 65 000 opposants croupiraient dans les geôles du régime, rappelle Disclose, tandis que 3 000 autres auraient « disparu » après leur interpellation, selon le département d’Etat américain.

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