Ligue du LOL : David Doucet avait été licencié « sans cause réelle et sérieuse »Crédits : seb_ra/iStock

Le licenciement de David Doucet, auquel nous avions consacré une enquête, vient d'être jugée « sans cause réelle et sérieuse », rapporte Mediapart. Pour justifier la rupture de son contrat de travail, Les Inrocks avaient invoqué deux motifs : une « dégradation de l’image du journal » du fait de l’appartenance d’un de ses rédacteurs en chef (ils étaient quatre) à la Ligue du LOL, et un « comportement inapproprié vis-à-vis des autres salariés de l’entreprise », rappellent nos confrères.

Or, « aucun de ces motifs n’a été reconnu par le conseil de prud’hommes de Paris ». Il a en outre estimé que si David Doucet a reconnu son appartenance à la Ligue du LOL de 2011 à 2013, Les Inrocks a « échoué à justifier d'une dérive agressive » de sa part pendant cette période et qu'il est impossible d'établir un lien entre ce groupe et les canulars téléphoniques reprochés au journaliste, relève Ozap.

Et ce, d’autant plus que ses canulars téléphoniques avaient à l’époque été republiés par Les Inrocks, mais également qu’il avait aussi été recruté par Radio France, dans la foulée, pour continuer à en faire. Quant au comportement « déplacé » vis-à-vis de ses collègues, il n’est pas non plus établi. Aucun fait précis n’a été apporté par la direction du journal, dont l'avocat avait pourtant disposé de plus d'un an pour pouvoir enquêter à ce sujet.

« Parmi les 25 personnes qui ont témoigné contre David Doucet, une seule a livré un témoignage direct. Les faits évoqués étaient prescrits et se fondaient sur des formules qui n'étaient même pas ambiguës. De plus, certains témoignages se sont révélés tronqués », précise Marianne (chez qui Doucet est désormais contributeur).

D'après l'AFP, « le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25 000 euros de dommages et intérêts et autour de 20 000 euros d’indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés afférents ». Le journal devra aussi rembourser à Pôle emploi les indemnités perçues dans la limite de six mois, précise Mediapart.

« Il y a eu un licenciement totalement injustifié basé sur 25 témoignages farfelus et indirects. Il n’y avait aucun élément sérieux et Les Inrocks ont reconnu devant les prud’hommes qu’il n’y a pas eu enquête interne. Ils ont cédé à la pression », déplore son avocate Sylvie Topaloff, ajoutant qu’une cinquantaine de salariés et ex-salariés avaient témoigné en sa faveur.

« C’est une décision formidable, c’est un soulagement immense pour lui. Il a vécu une mort sociale pendant deux ans, tentative de suicide… sa vie a été un cauchemar ! Il a traversé deux ans de véritable cauchemar ; il a perdu son travail, son honneur, sa réputation. C’était coûteux, violent sur le côté psychologique, il était devenu un pestiféré », a-t-elle ajouté, précisant que son client ressentait un « énorme soulagement ».

« Deux ans et demi après mon licenciement, la justice clame que j'ai été lynché pour rien, que je n'aurai jamais dû être licencié et surtout que je n'ai jamais eu le moindre comportement agressif au travail. Je nourris le timide espoir que cette affaire puisse permettre d'éviter d'autres lynchages médiatiques. Cela permettrait de se dire que tout cela n'a pas été vain », explique-t-il à Next INpact.

Depuis, il a publié chez Albin Michel un essai, « La Haine en ligne : Enquête sur la mort sociale », fruit du recueil d’une centaine d’entretiens avec des victimes de cyber-harcèlement et de justiciers en ligne.

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !