Réchauffement climatique : une version « préliminaire et partielle d’un volume » du rapport du GIEC a fuitéCrédits : ipopba/iStock

Hier, l’AFP a publié un résumé d’un « projet de rapport du GIEC », un Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Le document fait pas moins de 4 000 pages, dont 137 rien que pour le résumé technique.

Selon nos confrères, le dérèglement climatique conduirait « l’humanité à l’aube de retombées cataclysmiques ». Le ton est alarmiste sur de nombreux domaines, affirmant parfois qu’il est trop tard pour faire machine arrière.

Quelques exemples : si « la vie sur terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes […], l’humanité ne le peut pas ». « Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre »

François Gemenne, membre du GIEC et travaillant sur ce fameux rapport, a publié un message sur LinkedIn pour alerter sur le sujet : « il s'agit d'une version très préliminaire et partielle d'un volume du rapport, qui date de novembre 2020. Contrairement à ce qu'on a pu lire, ce n'est pas cette version qui sera approuvée en février 2022 ».

Il s’explique : « Le texte sur lequel nous travaillons encore en ce moment même est très différent de cette version, à la fois parce que cette version n'intègre pas les 40 000 commentaires reçus sur ce texte, et aussi parce que cette version n'intègre pas des sections qui sont encore en cours d'écriture ! ».

Il se fait aussi l’avocat du diable : « on pourrait néanmoins se dire que ce n'est pas très grave, que ce qui compte ce sont les messages-clés, et que toute alerte sur le sujet est utile ». Pour lui, ce serait « commettre une grave erreur » car « la légitimité et l'autorité des rapports du GIEC vient de leur processus de relecture et de validation très sophistiqué ».

« Si l'on divulgue des résultats avant l'issue de ce processus, on porte atteinte à la crédibilité des travaux du GIEC dans leur ensemble. La force de ces travaux, ce n'est pas qu'ils sont meilleurs que d'autres études sur le climat : c'est qu'ils sont soumis à un processus de validation et de relecture absolument intense ». Ce n’est pas le cas de la fuite du jour.

Pour le chercheur, « il est très important de ne pas commenter cette version préliminaire, aussi sensible qu'on soit à la cause du climat, et aussi alarmé qu'on puisse être par l'évolution des variables ! ».

Il rappelle enfin que la version définitive de ce rapport est attendue pour février 2022.

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