En l'état, l'efficacité de TousAntiCovid n'est pas mesurableCrédits : nito100/iStock

« Contre le Covid-19, l’utilité des applications de traçage des cas contacts est impossible à mesurer », titre Le Monde, associé à un projet d’investigation européen sur les conséquences des nouvelles technologies déployées pour lutter contre le Covid-19. Aucun des 24 pays européens ayant développé une application de ce type ne dispose en effet d’indicateur fiable de leur efficacité.

Au printemps 2021, 90 millions de personnes avaient téléchargé une application de traçage de contacts depuis le début de la pandémie, soit 22 % de la population des 23 pays européens étudiés.

Pour autant, leur utilisation réelle reste inconnue : elles peuvent avoir été installées, mais pas activées, sans parler des problèmes que posent la mesure via Bluetooth et l'algorithme de probabilité d'avoir été cas contact. Le suivi de la recommandation de s’isoler et de se tester après avoir reçu une alerte est lui aussi une zone d’ombre.

Les résultats de tests positifs signalés dans l'une de ces applications (1,1 million) représentent 4,7 % des cas détectés sur la même période. Ce sont les deux seuls indicateurs diffusés par les gouvernements concernés.

Contrairement à nombre d'applications européennes, relève Le Monde, TousAntiCovid calcule certes le nombre d’alertes envoyées par le système aux contacts à risque (194 000, au 20 mai), mais pas le taux de personnes testées positives après avoir reçu une notification, ce qui aurait permis de comparer le traçage de contact numérisé et celui effectué par l'assurance maladie.

Aymeril Hoang, l’expert en numérique du conseil scientifique qui avait coordonné le lancement de StopCovid auprès de Cédric O, en parle aujourd'hui comme d'« une application aveugle, peut-être la plus aveugle qui ait jamais existé ».

« Dans l’urgence, nous ne pouvions pas ne pas essayer », précise-t-il. Entre sentiment d’urgence sanitaire et impératif de confidentialité, « nous devions verrouiller politiquement le sujet de manière conforme à l’idée qu’on se fait des valeurs européennes en termes de protection des données personnelles », et « les indicateurs d’efficacité et d’épidémiologie ont été écartés, ce qui a complètement tué le dispositif ».

L’analyse d’impact sur les données personnelles (AIPD) de l’application, datée du 21 avril et que Le Monde a pu consulter, indique que des « statistiques liées à l’identifiant de l’application (nombre d’attestations, nombre de preuves de test, saisie du code postal pour le lieu d’intérêt, etc.) » ainsi que d'autres sur « le niveau de risque de l’utilisateur, date de dernier contact, date de test, date de premier symptôme » sont envoyées aux « autorités de santé », mais n’ont jamais été rendues publiques.

La direction générale de la santé a toutefois confirmé au Monde vouloir les intégrer dans le pilotage de l’application « à la suite des différentes demandes sur l’efficacité et l’impact » de TousAnticovid. Avec trois objectifs : « évaluer la pertinence du modèle » et estimer « l’utilisation de l’application » pour « améliorer l’efficacité du dispositif ».

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