32 propositions pour garantir le travail des journalistes face aux forces de l’ordreCrédits : wellphoto/iStock

La Commission indépendante sur les relations entre la presse et les forces de l’ordre a remis son rapport. Présidée par Jean-Marie Delarue, elle avait été missionnée en décembre 2020 par Jean Castex, pour proposer des pistes pour garantir le travail des journalistes lors des manifestations.

« Depuis longtemps, comme l’actualité récente l’a encore montré, il existe des difficultés à concilier le travail des journalistes et celui des forces de l’ordre » relevait le Premier ministre.  

Le rapport relate d’entrée que des journalistes sont victimes d’agressions, qui « sont le fait, non seulement de manifestants, mais également de membres des forces de l’ordre elles-mêmes, qui ont pu viser, "à froid" et en dehors de toute menace ou comportement agressif, des journalistes – en particulier vidéastes ou photographes – pourtant isolés et clairement identifiés ».

Elle rappelle « que les forces de l’ordre ne peuvent en principe s’opposer à la captation d’images ou de sons des opérations qu’elles mènent dans les lieux publics, que celle-ci soit le fait de journalistes ou non ».

Et le rapport de citer quelques propos fleuris entendus par des confrères : « Les journalistes, vous nous faites ch…, vous êtes juste là pour attendre la bavure », « Attention ! Ça filme ! », « Dégage ou je t’en colle une ! Casse-toi ! », « Tu ne passes pas, toi ! »

32 propositions sont mises sur la table : en tête, évidemment, « garantir la sécurité physique des journalistes dans les manifestations en toutes circonstances, en leur permettant s’ils le souhaitent de se placer derrière les cordons des forces de l’ordre ».

Autre demande, « permettre aux journalistes qui le souhaitent de porter des équipements de protection, y compris lorsque ceux-ci dissimulent tout ou partie de leur visage, indépendamment de toute forme d’accréditation préalable et sur la seule présentation, en cas de contrôle, d’un document attestant de leur qualité ».

Il souligne aussi que si les dispositions de l’article 24 de la proposition de loi Sécurité globale ou de l’article 18 du projet de loi Séparatisme « venaient à entrer en vigueur », il sera nécessaire de « transmettre aux forces de l’ordre des consignes claires, leur rappelant que ces dispositions sont sans impact sur la possibilité d’enregistrer leur image ». 

Le document réclame également le renoncement aux mécanismes d’accréditation et l’abandon de clauses « portant atteinte à la liberté éditoriale dans les conventions ou autorisations de tournage ou de prise de vue des services de police et de gendarmerie et à tout accord préalable à la diffusion des reportages. »

« Que de telles clauses aient été prévues témoigne, ici encore, de la défiance croissante des forces de l’ordre à l’égard de la presse et de leur volonté de protection face à une transparence avant tout perçue, à tort, comme un risque ».

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