« Robots tueurs » : le « non, mais » du comité d'éthique de l'arméeCrédits : svedoliver/iStock/Thinkstock

Dans un avis rendu le 29 avril, les membres du comité d’éthique de la Défense posent leur veto aux systèmes d’armes létaux pleinement autonomes (SALA, ou « robots tueurs »), mais ouvrent la voie aux armes robotisées pilotées par l’homme, relève Le Monde.

« La France confirme qu’elle ne développera et n’emploiera pas » de SALA, écrivent les dix-huit membres civils et militaires de ce comité présidé par le conseiller d'État Bernard Pêcheur, et où siège notamment l’ancien chef d’état-major des armées, le général Henri Bentégeat.

En revanche, le comité se dit favorable au développement d’armes intermédiaires, appelées systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie (SALIA). Toute la nuance est dans le « i » de « intégrant ». 

En clair, résume Le Monde, le comité d’éthique ouvre la voie à des armes ou des « robots » qui pourront certes tuer, mais seront « incapables d’agir seuls, sans contrôle humain, de modifier leurs règles d’engagement et de prendre des initiatives létales », en s’adaptant de manière indépendante à un théâtre de guerre, par exemple. Cette définition peut concerner diverses catégories d’armes, comme des mules de transports, certains missiles ou drones.

Conscient de la compétition qui s’est engagée à l’international et des risques de « décrochages » pour l’armée française, le comité ne ferme en tout cas pas la porte à la recherche dans « les domaines de l’intelligence artificielle de défense et des automatismes dans les systèmes d’armes ». 

Les travaux doivent « se poursuivre », insistent même les rédacteurs de l’avis, considérant qu’il s’agit aussi là d’un moyen de se « défendre contre ce type d’armes au cas, qui n’est pas improbable, où un État adverse ou un groupe terroriste entreprendrait de les employer contre nos troupes ou la population française ».

Après le « soldat augmenté » en décembre, c'est le deuxième avis que publie cette structure de réflexion indépendante adossée au ministère des Armées pour le conseiller sur les sujets les plus sensibles.

Cet avis doit encore être « étudié » par le ministère, qui s’exprimera « une fois que ses conclusions [du comité d’éthique] auront fait l’objet d’études d’appropriation au sein des services ».

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