Avec Centra, Facebook prendrait en filature ses utilisateurs sur le reste du webCrédits : ymgerman/iStock

Avec la victoire de Joe Biden aux élections, les réseaux sociaux se trouvent sous un feu nourri de questions et critiques. Sont-ils responsables de ce résultat ? Mardi, Mark Zuckerberg et Jack Dorsey, respectivement PDG de Facebook et Twitter, étaient entendus par le comité juridique du Sénat.

De nombreuses questions ont été posées sur la manière dont les deux réseaux ont lutté contre la désinformation. En ce qui concerne notamment le traitement des messages de Donald Trump, la BBC résume la situation : les démocrates ont demandé pourquoi si peu d’actions, les républicains pourquoi autant.

Le sénateur républicain Josh Hawley était particulièrement remonté, demandant par exemple à Jack Dorsey pourquoi les « erreurs de blocages de comptes » semblaient surtout se faire sur des élus républicains.

Mais sa verve s’est surtout tournée vers Mark Zuckerberg, plus spécialement vers deux outils dont il aurait été informé de l’existence par un lanceur d’alerte : Tasks et Centra. Le premier serait une plateforme interne destinée à la coordination de la censure des messages avec Twitter et Google, le deuxième un outil capable de suivre à la trace les utilisateurs.

Ce dernier a concentré l’attention du sénateur : « Centra est un outil que Facebook utilise pour traquer ses utilisateurs, pas seulement sur Facebook, mais sur l’ensemble d’Internet. Centra suit différents profils qu’un utilisateur visite, les destinataires de ses messages, leurs comptes liés, les pages qu’ils visitent sur le web et ayant des boutons Facebook ».

« Centra utilise également un outil comportemental pour surveiller les comptes des utilisateurs, même si ces comptes sont enregistrés avec un nom différent », a insisté le sénateur, captures d’écran à l’appui, avant de demander : « Avez-vous un outil faisant exactement ce que je viens de décrire […] ? Ou allez-vous dire qu’il n’existe pas ? ».

Réponse de Zuckerberg : « Sénateur, je dis que je ne suis pas au courant. Et que je serais heureux de vous en dire plus, et de fournir à vous et votre équipe les informations que vous souhaitez à ce sujet. Mais je suis limité dans ce que je peux… dans ce dont je suis au courant et que je peux partager aujourd’hui ».

Cette réponse floue n’a pas été du goût de Hawley, qui a ironisé sur les fréquentes amnésies des personnes interrogées devant ce comité. 

Au sujet de Tasks, Zuckerberg a confirmé que son entreprise partageait bien des renseignements de coordination pour la lutte contre certains comportements, mais pas dans les proportions décrites. Tasks n’existerait donc pas.

Sur Twitter, le sénateur semble en tout cas très sûr de lui. Après l’audience, il a publié plusieurs tweets montrant des captures de ce que seraient Tasks et Centra. Il y répète qu’un lanceur d’alerte lui a fourni ces informations, et que Zuckerberg a reconnu que des outils existaient bien pour traquer les utilisateurs « à travers tout Internet, toutes les plateformes, tous les comptes ».

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