Le coronavirus dope la (cyber)guerre de l'informationCrédits : wildpixel/iStock

La pandémie n’arrête pas les hackers et autres trolls à la solde de puissances étrangères, déplore Mediapart. Des piratages et opérations de propagande sont en effet lancés contre des gouvernements et des institutions en première ligne dans la lutte face au Covid-19.

Ces derniers jours, plusieurs sources ont ainsi fait part à nos confrères de leur courroux vis-à-vis d’opérations menées par différents États, surfant sur le complotisme ambiant à propos de l’origine du virus pour mener des campagnes de désinformation, manipuler l’opinion publique et critiquer l’action des autres gouvernements, taxés d’incompétence en contraste avec l’efficacité vantée de leurs régimes autoritaires.

Au premier rang, on retrouverait, selon une note adressée au plus haut niveau de l’État, « l’action volontariste des appareils de propagande russe, chinois et iranien qui cherchent à détourner l’attention médiatique de leurs propres responsabilités ».

« L’objectif global de la désinformation du Kremlin est, d'après un rapport au vitriol interne à l’Union européenne et révélé la semaine dernière par le Financial Times, d’aggraver la crise de santé publique dans les pays occidentaux, en particulier en sapant la confiance du public dans les systèmes de santé nationaux – empêchant ainsi une réponse efficace à l’épidémie. »

Toujours d’après le FT, l’Union européenne a enregistré depuis le 22 janvier près de 80 cas de désinformation imputables à de faux comptes « liés à l’État russe ». Le contenu de cette propagande se décline en anglais, espagnol, italien, allemand et français, et promeut notamment l’idée que le coronavirus est « une création humaine, militarisée par l’Occident ».  

La propagande chinoise opère, selon la note précitée, de manière beaucoup plus offensive, afin de se dédouaner quant à l’origine du virus. L'offensive de L’État-Parti s’adresse à la fois aux citoyens chinois et à ceux des pays étrangers, écrit Mediapart. 

On retrouve là des éléments classiques d’une stratégie mise en place depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping fin 2012 : montrer que le modèle dictatorial chinois est tout aussi légitime, voire beaucoup plus efficace, que les démocraties occidentales, accusées de vouloir empêcher l’émergence de la Chine au statut de grande puissance. Et que, finalement, il peut apporter au monde une « solution chinoise » dans les défis de la globalisation. 

Ce qui est relativement nouveau, et se voit amplement en ce moment, c’est l’utilisation massive des réseaux occidentaux, comme Twitter, pour en faire la promotion. On a vu débarquer sur cette plateforme américaine bloquée en Chine les ambassadeurs chinois. 

L'un d'entre eux n’a pas hésité à relayer des théories complotistes laissant entendre que l’épidémie aurait été apportée par des militaires américains venus en Chine en octobre pour participer aux Jeux mondiaux militaires.

L’ambassade de Chine en France n’est pas en reste. Elle a également relayé ces théories complotistes et « liké » des tweets bien peu diplomatiques dans lesquels des médias sont qualifiés de « fascistes faisant propagande du suprémacisme blanc ». 

Reuters a de son côté révélé lundi 23 mars les cyberattaques dont a été victime le site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles ont été attribuées au groupe de hackers DarkHotel, affilié à la Corée du Nord. Selon Reuters, ils auraient tenté de s’introduire début mars dans la messagerie de l’OMS, engagée dans la lutte pour contenir le Covid-19.

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