LeBriefdu 19 janvier 2023
Microsoft licencie 10 000 personnes

La rumeur était forte depuis quelques jours. Satya Nadella, PDG de Microsoft l’a confirmée : l’entreprise supprime 10 000 postes, provoquant autant de licenciements. 

Ces derniers représentent 5 % de l’ensemble des employés. Le PDG a indiqué que toutes ces personnes seraient accompagnées pendant plusieurs mois, sous différentes formes : des indemnités de licenciement « supérieures à ce qui se pratique sur le marché », une couverture médicale étendue de six mois, idem pour la participation, les services de transition de carrière, etc.

Les personnes concernées seront averties au moins 60 jours à l’avance. Les conditions sont les mêmes pour les employés travaillant dans d’autres pays que les États-Unis.

« Je veux exprimer mes plus profonds remerciements et ma gratitude pour toutes celles et ceux qui ont contribué à Microsoft jusqu’à aujourd’hui et pour chacun d’entre vous qui continuera à le faire […]. Merci pour la concentration, le dévouement et la résilience dont vous avez fait preuve à Microsoft, nos clients et nos partenaires chaque jour », a indiqué Nadella.

Pour le reste, les raisons données sont les mêmes que presque partout ailleurs : une accélération du passage au numérique pendant la pandémie, puis un ralentissement, venant d’un besoin d’optimiser les coûts engendrés, certains marchés en récession, d’autres qui l’envisagent…

Même ici, Nadella n'a pas pu s'empêcher de parler d’IA, précisant que « la prochaine vague majeure de l’informatique est en train de naitre », Microsoft étant en train de transformer « les modèles les plus avancés au monde en une nouvelle plateforme ». D’ailleurs, le PDG a confirmé que ces 10 000 départs ne changeaient en rien les embauches en cours dans les secteurs en pleine croissance.

Et voici le HomePod de 2e génération… à 349 euros

Apple fait donc revenir d’entre les morts son enceinte connectée. En effet, la première version du HomePod a été abandonnée il y a deux ans, pour se concentrer sur le HomePod mini (109 euros désormais, contre 99 euros il y a quelques jours). 

Apple met évidemment en avant « une qualité acoustique de niveau supérieur dans un design élégant et emblématique ». Il est question « de nombreuses innovations […] d’un traitement audio informatique avancé offrant une expérience d’écoute révolutionnaire, notamment avec la prise en charge des morceaux en Audio spatial ».

Ce n’est pas tout. « Disposant de nouveaux moyens pour gérer leurs tâches quotidiennes et contrôler leur maison connectée, les utilisateurs peuvent à présent créer des automatisations avec Siri, recevoir des notifications lors du déclenchement de l’alarme d’un détecteur de fumée ou de monoxyde de carbone, ou encore contrôler la température et l’humidité d’une pièce – tout cela, en mode mains libres ».

L’enceinte HomePod est compatible Ultra Wideband « pour permettre aux utilisateurs de transférer le contenu d’un iPhone, par exemple une chanson, un podcast ou même un appel téléphonique, directement vers l’enceinte ». Elle est aussi compatible Matter. 

HomePod de 2e génération sera disponible le 3 février, mais avec le même problème que la première génération lors de son lancement : un tarif bien trop élevé de 349 euros. 

Tesla : fausse vidéo (en 2016) d'une voiture complètement autonome

« La personne sur le siège conducteur n'y est assise que pour des raisons légales. Il ne fait rien. La voiture conduit elle-même » clamait Tesla dans une vidéo de promotion publiée en 2016.

Mais ce n'était pas le cas, selon les propos tenus par Ashok Elluswamy, le directeur du logiciel Autopilot de Tesla, et enregistrés dans la déposition prise dans le cadre d'un procès contre Tesla pour un accident mortel en 2018, raconte Reuters. C'est le premier témoignage interne à Tesla le confirmant. Le directeur du projet a expliqué qu'Elon Musk avait demandé à son équipe de concevoir et enregistrer une « démonstration des capacités du système ».

Selon Reuters, qui a pu avoir accès à la déposition, Ashok Elluswamy a expliqué aux enquêteurs que la vidéo aurait été faite en utilisant un logiciel de cartographie 3D et que des conducteurs auraient pris le contrôle du véhicule pendant les essais. « Le but de la vidéo n'était pas de dépeindre avec précision ce qui était disponible pour les clients en 2016. Il s'agissait de montrer ce qu'il était possible de créer au sein de notre système », aurait-il encore déclaré.

Tesla a depuis prévenu les conducteurs de ses voitures qu'ils devaient garder les mains sur le volant et le contrôle du véhicule même s'ils utilisaient Autopilot et rappelle sur son site que l'assistance à la conduite incluse dans ses voitures « ne rend pas le véhicule autonome » mais la vidéo est toujours disponible sur le compte Viméo officiel de la marque.

Des Kényans payés moins de 2 dollars de l'heure pour entraîner ChatGPTCrédits : DNY59/iStock

Une enquête du magazine américain Time révèle que les travailleurs kényans qui ont entraîné ChatGPT pour qu'il soit plus éthique ont été payés moins de 2 dollars de l'heure.

Si les grands modèles de langage sont puissants pour générer du texte qui semble écrit par un humain, leur entrainement sur des textes venant d'internet les pousse à produire des réponses irréalistes ou toxiques.

Pour éviter ce genre de travers, OpenAI, l'éditeur du chatbot, a mis en place un système de filtre de récompenses en demandant à des humains de classer des exemples de texte en leur attribuant une étiquette de « violence », « discours de haine » ou d' « abus sexuel ».

OpenAI a envoyé à une entreprise de sous-traitance kényane des dizaines de milliers d'exemples contenant des descriptions de situations violentes avec des détails d'actes pédocriminels, de bestialité, de meurtres, de suicides, de tortures et d'incestes.

Les Kényans employés par l'agence de sous-traitance Sama, basée elle-même à San Francisco, étaient payés entre 1,3 et 2 dollars de l'heure pour étiqueter ces exemples de textes violents. Le magazine a obtenu des documents de l'entreprise sous-traitante et d'OpenAI prouvant les dires de quatre employés de Sama, qui ont parlé aux journalistes sous couvert d'anonymat.

L’Union européenne veut concurrencer les États-Unis et la Chine avec son pacte vert pour l’Europe

La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté le Green Deal européen au Forum Économique mondial de Davos. Plan industriel pensé pour faire de l’Union européenne le foyer des technologies vertes et faciliter la transition industrielle vers des productions bas carbone, celui-ci doit s’appuyer sur quatre piliers : l’environnement règlementaire, le financement (en l’espèce, un Fonds de souveraineté européen), les compétences et le commerce.

Le dispositif doit permettre d’atteindre l’objectif de zéro émission nette de CO₂ d'ici à 2050, mais présente aussi une volonté compétitive évidente. L’Union redoute en effet de voir ses entreprises fuir vers les États-Unis, qui ont mis en place un programme de subvention de 369 milliards de dollars en faveur de la production verte, ou en Chine.

D'après noyb, l'amende infligée à Meta aurait dû être de 3,97 milliards, pas de 390 millions d'euros

L'ONG noyb, à l'origine de nombreuses plaintes contre Meta notamment, estime que la Commission irlandaise de protection des données (DPC) « a fermé les yeux sur les revenus générés par la violation du RGPD lors du calcul de son amende » de 390 millions d'euros, infligée à Meta début janvier.

La DPC n'aurait en effet pas pris en compte un vote à la majorité des 2/3 de toutes les autorités de l'UE (le CEPD) ayant pourtant ordonné à la DPC de prendre en compte les milliards d'euros de revenus mal acquis de Meta. Ce qui aurait permis à l’entreprise d'économiser « près de 4 milliards d'euros ».

Le Comité européen de la protection des données avait demandé à la DPC de quantifier les revenus générés par Meta en enfreignant le RGPD, précisé que l'amende devait « contrebalancer les gains de l'infraction », et lui avait donc ordonné d' « infliger une amende supérieure à ce montant », explique noyb.

Or, la DPC a « simplement ignoré » les revenus illégaux réalisés par Meta en affirmant que « la Commission n'est pas en mesure d'établir une estimation des questions », et qu'elle était donc « incapable de prendre ces questions en compte ».

« Il est étonnant que cela n'ait pas été pris en compte par la DPC », s'étonne Max Schrems, le président de noyb. « La DPC n'a même pas utilisé ses pouvoirs statutaires pour demander ces informations à Meta. Nous avons donc fait des recherches publiques sur les informations disponibles et avons constaté que ce seul facteur aurait dû augmenter l'amende de 3,97 milliards d'euros. »

noyb, qui avait déjà annoncé qu'elle « pourrait devoir faire appel » de la décision de la DPC, a écrit au CEPD pour lui demander que sa décision soit pleinement confirmée par la DPC : 

« La DPC a fait don de 3,97 milliards d'euros à Meta. Il nous a fallu une heure et une feuille de calcul pour trouver ce résultat. Je suis sûr que les contribuables irlandais ne verraient pas d'inconvénient à avoir cet argent supplémentaire, si seulement un employé de la DPC avait juste ouvert un moteur de recherche et fait des recherches. »

Discord rachète Gas, une application qui séduit les jeunes Américains

Discord annonce le rachat de Gas, une application qui permet de s’envoyer des compliments anonymement. Gas a été fondée par Nikita Bier, un ancien chef produit de Meta. Le principe : l’internaute s’y inscrit via son école, ajoute des amis et répond à des sondages du type « qui a le meilleur rire » ou « qui admires-tu secrètement » sur ses camarades de classe.

Le concept, qui vise expressément à promouvoir des messages positifs et à renforcer la confiance des utilisateurs, séduit : dans les derniers mois, Gas s’est classé à plusieurs reprises dans le top 10 des applications les plus téléchargées de l’App Store américain, dépassant même TikTok. Cohérent avec sa politique de diversification, ce rachat pourrait permettre à Discord d’attirer des utilisateurs plus jeunes.

Un programme de surveillance policier des transferts d'argent des États-Unis vers plus de 20 pays

Des centaines d'organismes chargés de l'application de la loi aux États-Unis ont accès, sans contrôle judiciaire, à une base de données de « plus de 150 millions de transferts d'argent entre des personnes aux États-Unis et dans plus de 20 pays », révèle le Wall Street Journal.

La base de données, hébergée par un discret organisme à but non lucratif intitulé Transaction Record Analysis Center, ou TRAC, a été créée par le bureau du procureur général de l'État de l'Arizona en 2014 dans le cadre d'un accord conclu avec Western Union pour lutter contre le trafic transfrontalier de drogue et de migrants venant du Mexique.

Il a depuis été élargi à plus de 600 autres organismes, du FBI à la Drug Enforcement Administration en passant par de nombreux services de police locaux afin de surveiller les flux monétaires entre les États-Unis et les pays du monde entier par l'intermédiaire d'entreprises telles que Western Union, MoneyGram, DolEx et Euronet via sa marque Ria.

Ces services, utilisés par des millions de personnes, en particulier celles qui n'ont pas de compte bancaire, pour transférer des fonds entre amis et famille, sont moins réglementées que les banques. TRAC, qui fournit les noms complets de l'expéditeur et du destinataire, ainsi que le montant de chaque transaction, aurait d'ores et déjà permis d'identifier des centaines de transactions criminelles.

Rich Lebel, le directeur de TRAC, précise que ne sont concernés que les transferts de plus de 500$, afin de mettre de côté la grande majorité des transferts de fonds familiaux.

Le CEPD adopte le rapport final de son groupe de travail sur les « cookies banners »Crédits : ArtemSam/iStock

« Entre mai 2021 et août 2022, 18 autorités de protection des données de l'Union européenne et de l'Espace économique européen (EEE), dont la CNIL, ont été saisies par l’association noyb de plusieurs centaines de plaintes relatives au design et aux caractéristiques de bannières cookies », explique la CNIL.

Ce pour quoi le Comité européen de la protection des données (CEPD) a créé un groupe de travail, piloté par la CNIL et l'autorité autrichienne, et rassemblant toutes les autorités de protection des données européennes volontaires, afin d'analyser collectivement les différentes questions soulevées par ces plaintes « à l’échelle européenne » :

« 13 réunions de travail ont eu lieu et ont permis d’aboutir à l’adoption d’un rapport présentant les conclusions des analyses effectuées. Les principaux points d’attention qui ont fait l’objet d’échanges portent sur les modalités d'acceptation et de refus au dépôt de cookies et le design des bannières. »

Son rapport « fait notamment état du fait que la grande majorité des autorités considère que l’absence de toute option de refus/rejet des cookies au même niveau que celle prévue pour en accepter le dépôt constitue un manquement à la législation ».

Les autorités ont conclu, s’agissant plus particulièrement du design des bannières, que « l’information délivrée doit permettre aux internautes de comprendre ce à quoi ils/elles consentent et comment exprimer leur choix ».

Pour autant, les autorités s’accordent à considérer qu’ « elles ne peuvent imposer à tous les sites web un standard en termes de couleur ou de contraste », et qu' « un examen au cas par cas de la bannière doit être effectué pour déterminer si le design choisi (ex. couleur/contraste) n’est pas manifestement trompeur pour les utilisateurs ».

Le rapport résumant les analyses et conclusions du groupe de travail est disponible sur le site du CEPD, et devrait « permettre aux autorités de finaliser l'instruction des plaintes dont elles ont été saisies ». 

Déploiement de la fibre : iliad obtient un nouveau financement de 300 millions d’euros de la BEI

« Ce sixième prêt accordé à iliad SA porte à plus de 1,4 milliard d’euros les financements de la banque publique européenne », explique le FAI

Cet argent « va permettre à iliad d’accélérer le déploiement de l’Internet ultra-rapide en France y compris dans les zones les moins denses et rurales avec une plus grande efficacité énergétique des usages numériques ».

Nudité : Meta se fait taper sur les doigts par son propre conseil de supervision

Meta s’est fait rabrouer par son « Oversight Board », créé pour évaluer indépendamment certaines décisions difficiles faites sur la modération. En l’occurrence, deux publications modérées pour nudité ont été restaurées.

Ces deux publications appartenaient à deux personnes non binaires et transgenres et étaient des photos de leur torse nu, illustrant le résultat chirurgical de réductions des tissus mammaires. Elles avaient été publiées respectivement en 2021 et 2022. Précision importante : les torses étaient nus, mais les tétons étaient couverts dans les deux cas.

Les clichés avaient reçu de nombreux signalements, tant de la reconnaissance automatique que des utilisateurs, conduisant Instagram à les supprimer, car ils combinaient nudité et demande d’argent. Et pour cause : il s’agissait de faire la promotion d’une collecte de fonds. Même si la politique d’Instagram a été créée pour prévenir les sollicitations de travailleurs et travailleuses du sexe, elle a quand même été appliquée.

Les deux personnes, en couple, ont fait appel de la décision, l’amenant devant le conseil de supervision. Meta, apprenant la nouvelle, a fait restaurer les deux clichés, indiquant une « erreur ». Le conseil a cependant accepté la requête, car les photos avaient été supprimées en premier lieu, et que le cas illustrait les « défaillances fondamentales » des politiques de modération chez Meta.

Le conseil les juge « alambiquées » et « mal définies ». Ce « manque de clarté inhérente dans cette politique crée de l’incertitude pour les utilisateurs et les modérateurs, et la rend impraticable ».

Le sujet est hautement sensible, car les règles de modération doivent permettre l’expression et le respect de la personne, tout en bloquant les contenus pornographiques, qui resteront nécessairement interdits, ne serait-ce que parce qu’une partie des utilisateurs est mineure.

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