LeBriefdu 27 juin 2022
Écologie, économie, anti-tracking et émotions : le programme de travail du labo de R&D de la CNIL

Le laboratoire d’innovation numérique de la CNIL (LINC) vient de rendre public son programme de recherche 2022/2023, qui s’articule « autour de quatre thématiques prioritaires : l’articulation entre protection des données et protection de l’environnement, l’économie des données, la protection des données au quotidien et les nouvelles formes de captation des données ».

Elle cherchera ainsi à savoir comment la protection des données, « qui pose le principe de minimisation – une approche "frugale" de la collecte de données – peut contribuer à la protection de l’environnement ».

« Pour répondre à cette question, elle s’intéressera aux conséquences du numérique sur l’environnement et évaluera le coût environnemental de la protection des données et, inversement, le coût en liberté de la protection environnementale. »

Le LINC explorera également « différentes approches à développer pour inciter les acteurs économiques à respecter la loi », au-delà des sanctions financières. Il continuera par ailleurs à documenter et mettre à jour les modèles économiques des data brokers, courtiers et revendeurs de données, « et les différents modes de vente qu’ils proposent ».

Il étudiera aussi « les différentes stratégies des utilisateurs pour échapper ou s’opposer à la collecte de leurs données personnelles par les acteurs privés ou publics : le recours au droit, les stratégies d’opposition passive (camouflage, anonymisation) et les stratégies actives des utilisateurs (obfuscation ou "brouillage de données", data pollution ou "pollution" de données) » : 

« Certains acteurs ont développé des pratiques vertueuses pour permettre aux utilisateurs de facilement exercer leurs droits, dans d’autres cas l’exercice des droits est un chemin semé d’embûches. Dans ce projet, il est proposé d’analyser les parcours du recours aux droits à l’effacement et à l’accès aux données sur les principaux services numériques. »

Le LINC s'intéressera en outre à l’étude d’un nouvel usage en développement : « l’analyse automatique des émotions s’appuyant sur diverses données (vidéo, texte, voix…) » : 

« Des passerelles seront faites avec d’autres thématiques, comme en matière de santé (analyse psychologique, santé mentale) ainsi qu’avec le fonctionnement de l’intelligence artificielle, de plus en plus largement utilisée dans ce contexte. »

Les sénateurs communistes veulent l’abrogation de la loi sur la sécurité globale

« La loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés est abrogée ». Voilà l’article unique de la proposition de loi déposée par les sénateurs du Groupe communiste républicain citoyen et écologiste (GCRC). 

Un texte qui a eu pour effet d’augmenter « la surveillance et la répression dans l'espace public, et par conséquent de mettre en péril plusieurs libertés publiques fondamentales » comme la liberté d’aller et venir anonymement dans l’espace public, la liberté de manifester ou le droit à la vie privée. Pour ces élus d’opposition, la loi « s'inscrit dans les choix des politiques menées depuis 2002, basées sur le "tout sécuritaire" qui se sont toutes révélées contre-productives et à contre-courant des inquiétudes et des attentes de nos concitoyens en la matière ».

Dans l’exposé des motifs, ils épinglent en particulier les « caméras embarquées sur le matériel roulant » ou encore celles « aéroportées sur des engins volants sans pilotes ». Pour ces élus, « l'espace public est devenu un espace de contrôle et de suspicion, chaque citoyen étant considéré comme un suspect potentiel, voire comme un terroriste potentiel, a minima, comme une menace ». Et ceux-là de fustiger une loi « qui va dans le sens d'une société panoptique, d'une société disciplinaire où le contrôle social est la règle ... une société qui n'a rien à envier aux meilleures dystopies ».

Ne comptant que 15 élus, le groupe GCRC n’a cependant aucune chance de faire adopter cette proposition de loi. 

Microsoft ouvre les sources de son modèle GODEL pour les conversations « réalistes »

C’est en ce moment la grande foire médiatique sur les technologies capables de faire parler une machine et sur les interactions avec les humains.

Chez Google, un ingénieur a ainsi estimé qu’une IA avait montré des traces de « sensibilité », tandis qu’Alexa travaille à refaire parler les personnes décédées.

Microsoft n’ayant rien d’aussi « impressionnant » à annoncer, l’entreprise contre-attaque en ouvrant les sources de son modèle GODEL, pour Grounded Open Dialogue Language. GODEL représente une classe de modèles pré-entraînés et est une évolution de DialoGPT, qu’il supplante allègrement dans ce domaine.

GODEL réunit deux grandes fonctionnalités pour les modèles dédiés aux conversations naturelles : une orientation vers les tâches et un accent sur l’aspect réaliste et sociable de la discussion. L’idée est qu’un bot de chat par exemple puisse répondre en ayant un objectif, tout en générant les éléments périphériques qui rendent une conversation plus agréable.

Comme souvent avec un code publié en open source chez Microsoft, la licence est de type MIT. Le dépôt GitHub est bien sûr disponible à tous les chercheurs ou développeurs intéressés.

Mars Express : 19 ans plus tard, l’Agence spatiale européenne déploie une mise à jour majeureCrédits : gmutlu/iStock

C’est en effet le 2 juin 2003 que la sonde a été lancée direction la planète Mars. Elle orbite depuis et le radar MARSIS (Mars Advanced Radar for Subsurface et Ionosphere Sounding) scrute la planète à la recherche de traces d’eau depuis près de deux décennies. 

Toujours en service, la sonde a reçu une mise à jour majeure, ce qui n’a pas été simple selon l’ESA : « Nous avons dû relever un certain nombre de défis pour améliorer les performances de MARSIS […] Notamment parce que le logiciel MARSIS a été conçu à l’origine il y a plus de 20 ans, en utilisant un environnement de développement basé sur Microsoft Windows 98 », explique Carlo Nenna (ingénieur logiciel embarqué MARSIS chez Enginium).

Les améliorations concernent « la réception du signal et le traitement des données ». La technique utilisée auparavant « stockait beaucoup de données haute résolution et remplissait très rapidement la mémoire embarquée ». 

Le résultat serait des plus efficace : « En supprimant les données dont nous n’avons pas besoin, le nouveau logiciel nous permet d’activer MARSIS pendant cinq fois plus longtemps et d’explorer une zone beaucoup plus grande à chaque passage ».

« C’est vraiment comme avoir un tout nouvel instrument à bord de Mars Express près de 20 ans après son lancement », se réjouit Colin Wilson, scientifique de Mars Express à l’ESA… Une manière d’oublier que la mission Exo Mars 2022 est encore reportée ?

Player Freebox Delta et One : nombreuses améliorations et corrections, notamment sur la partie audio

Free déploie la mise à jour 1.2.3 qui permet au boîtier multimédia de prendre en charge le DTS (décodage et passthrough). De plus, « Dolby Digital et Dolby Digital Plus (et sa variante Atmos) sont maintenant supportés en passthrough HDMI dans l’explorateur de fichiers ». Depuis ce dernier, les vidéos HDR sont désormais bien lues en 10 bits et non plus en 8 bits. 

Free met aussi en avant « un scan wifi est maintenant effectué en tâche de fond, afin d’utiliser la bande de fréquences la plus adaptée » et la lecture des radios qui débute plus rapidement.

Du côté des améliorations, « les alertes sonores des notifications Alexa n’étaient pas audibles », l’application Twitch pouvait se mettre en pause régulièrement, etc. Tous les détails se trouvent par ici.

Comme toujours, il suffit de redémarrer sa box.

Mark Zuckerberg s'intéresse plus au métavers qu'à la lutte contre la désinformation

Mark Zuckerberg avait certes « fait de la sécurisation des élections américaines de 2020 une priorité absolue », mais les équipes chargées de surveiller et d'empêcher la désinformation à l'aune des élections est passée de « plus de 300 personnes » à « environ 60 personnes », révèle le New York Times.

Quatre employés de Meta au fait de ces questions expliquent que M. Zuckerberg ne rencontre plus chaque semaine ceux qui se concentrent sur la sécurité des élections, et que la sauvegarde des élections n'est plus sa principale préoccupation, depuis qu'il a focalisé l'attention de Meta sur le metavers.

Tom Reynolds, un porte-parole de Meta, rétorque que Meta comptait « des centaines de personnes dans plus de 40 équipes axées sur le travail électoral ». 

« 2000 Mules », un film qui prétend à tort que l'élection de 2020 a été volée à M. Trump, a ainsi été « largement partagé sur Facebook et Instagram, recueillant plus de 430 000 interactions », selon une analyse du New York Times

L’hydrogène comme réponse ultime aux problèmes de pollution ? Pas si vite, répond l’AFPCrédits : Fokusiert/iStock

Tout est parti d’un post sur Facebook, une simple question posée par un certain Pierre Gaudin : « pourquoi privilégier l'électricité ? », s’interrogeait-il. Il évoquait l’abondance de l’hydrogène dans l’univers, sa capacité à alimenter des moteurs, son utilisation très verte, sans production carbonée.

Seulement voilà, tout n’est pas rose, et il ne s’agit pas d’un complot des grands lobbys pétroliers. Comme le signale l’AFP, ce n’est pas parce que l’hydrogène est l’élément le plus présent dans l’univers (75%) qu’on le trouve aisément sur Terre. Il faut le produire, et cette industrie travaille principalement (95 %) sur la base d’énergies fossiles.

La méthode la plus utilisée, le craquage du méthane, consiste à casser la molécule pour en récupérer l’hydrogène. Elle produit 9 à 10 kg de CO2 pour 1 kg d’hydrogène. Si l’utilisation de ce dernier ne produit aucun déchet polluant, il en va tout autrement de sa synthèse.

Aujourd’hui, 10 millions de tonnes d’hydrogène sont produits en Europe par an, dont un million en France, représentant dans l’Hexagone d’ailleurs 3 % des émissions nationales de gaz à effet de serre annuelles.

Pourquoi alors ne pas passer par l’eau, dont l’électrolyse permet la synthèse d’hydrogène sans le problème des déchets carbonés ? La technologie est un peu plus complexe, mais rien ne l’empêche en effet. Cet « hydrogène propre » est d’ailleurs un objectif de l’Europe.

À horizon 2030, le Vieux continent ambitionne de produire 10 millions de tonnes et d’en importer 10 millions supplémentaires. L’impact écologique sera cependant à surveiller : « Il y a un enjeu à avoir des ressources en électricité renouvelable et nucléaire suffisantes. Si l’électricité est propre, on a de l’hydrogène qu’on peut également considérer comme propre », a résumé la chercheuse Ines Bouacida.

Quant à l’utilisation pratique, elle n’est pas jugée pertinente dans tous les domaines. Une voiture électrique coûte moins cher qu’un modèle à hydrogène. « Dans une logique de production de masse, ce n’est pas pérenne d’investir sur une seule technologie, on a intérêt à les diversifier », affirme Emmanuel Bensadoun, responsable du pôle Expertise/Etudes à France Hydrogène.

L’hydrogène est surtout envisagé dans certaines industries où il sera utilisé en piles. Par exemple, dans la fabrication de l’acier en remplacement du charbon, ou encore de la production d’ammoniac et de méthanol. Autant de domaines où il ferait chuter la génération de gaz à effets de serre. Le transport est également visé, par exemple pour les très gros véhicules, les trains ou encore les taxis (une flotte fonctionne déjà à Paris).

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