SATA : Présent et futur


Il aura fallu attendre l'été 2002 pour que la nouvelle norme de disque dur, le SATA (High Speed Serialized AT Attachment) ne soit plus une vitrine technologique, mais bel et bien une réalité. Après de longues années de bons et loyaux services, le PATA (Parallèle ATA) va commencer à céder sa place à son successeur, le SATA.

Évolution


Le SATA n'est pas une nouvelle norme, mais une évolution de l'ancienne norme PATA qui commence donc à arriver en fin de vie.
Pour pouvoir faire ce passage en douceur, ces 2 normes sont 100% compatibles via des adaptateurs permettant de brancher des disques durs PATA sur des contrôleurs SATA et vice-versa.
Le débit théorique de l'interface passe donc de 133 Mo/s (UDMA 133) à 150 Mo/s (SATA 150). Cette évolution peut paraître faible, mais on verra ce qu'il en est en réalité dans les benchmarks.
D'un autre côté, les prix de ces nouveaux disques durs ont aussi évolué, malheureusement pour nous plutôt vers le haut, comme les performances annoncées, et le rapport performance/prix qui a fait les beaux jours des disques durs IDE est toujours au rendez-vous.


Révolution


Les données ne seront plus transférées de manière parallèle, mais en série. Cela va permettre d'utiliser moins de câbles, et de limiter les problèmes des pertubations électromagnétiques du PATA (obligé de mettre des fils supplémentaires pour le blindage sur les nappes 80 fils). La méthode parrallèle consiste à envoyer des données sur plusieurs fils en même temps, tandis que le transfert série utilise moins de fils mais avec une circulation plus rapide des données.
Bien qu'il reprenne tous les avantages du PATA (compatiblité, prix), le SATA va laisser derrière lui ses défauts et va essayer d'adopter les qualités de son concurrent direct, le SCSI.

- La première est le hot plug. On va dorénavant pouvoir brancher nos disques durs préférés "à chaud" comme le SCSI, ce qui va faciliter leur intégration dans des periphériques externes (dur amovible), mais aussi sur des sytèmes RAID dans des serveurs, où l'arrêt des ordinateurs pour ajouter/changer un disque dur n'est pas possible.

- Grâce à une nouvelle connectique pour l'alimentation et le transfert des données, ces nouveaux disques durs peuvent être facilement "rackables", et il n'y a plus besoin de forcer pour installer les câbles. Le câble de données supporte une vitesse de transfert allant jusqu'à 3 Gbps, et elle est identique sur les disque durs de portable (2.5") et sur les disques durs de desktop (3.5"). La largeur du câble est de 8mm (contre 5cm sur les nappes PATA), et la longueur du câble peut atteindre 1 mètre. Cela plait enormément aux Jackys, qui sont à cheval sur la beauté intérieure de leur PC, mais facilite aussi le passage de l'air dans la tour.

- La connectique série ne permet de mettre qu'un disque dur par prise, il n'y donc plus de problème de maître ou d'esclave, il suffit de relier le dur au connecteur du contrôleur via un câble.

Qui dit compatibilité avec les portables dit forcément économie d'énergie. Ainsi nous avons droit à 3 stades de fonctionnement :
Phy Ready : mode actif
Partial : actif en moins de 10µs
Slumber : actif en moins de 10ms
On peut constater que le réveil du disque même en mode de super veille est très rapide.


Des débuts difficiles


Alors que des contrôleurs étaient disponibles depuis longtemps (Promise fastrack PDC20376, HighPoint HPT-374), les disques durs se sont fait rares jusqu'à l'hiver 2002 où les premiers exemplaires faisaient leur apparition chez Seagate. Ces nouveaux disques durs ont la particularité d'être des durs PATA (ancienne génération) munis d'un convertisseur parallèle vers série (par exemple les puces Marvell). Certains avantages du SATA sont donc disponibles (connectique, hotplug), mais du point de vue performances, aucun gain notable, voire des performances moindres par rapport à leur homologue PATA, dûes à la conversion des données.

Les nouveaux disques durs avec la technologie SATA en natif n'ont pas encore fait leur apparition, mais cependant les dernières versions des disques durs comme ceux de Maxtor avec les Diamond Max Plus 9, les versions serveurs de Western Digital et ses Raptors tournant à 10 000 T/mn, ont des performances revues à la hausse.


Problèmes et a priori


Les premiers contrôleurs SATA étaient et sont encore parfois des puces externes au southbridge reliéq à celui-ci par un bus PCI.
La majorité des cartes mères grand public disposent d'un bus PCI 32 bits cadencé à 33 MHz, qui founit un débit théorique de 133 Mo/s. Donc pour tout contrôleur SATA sur une carte PCI externe, le débit sera bridé à 133 Mo, entre le contrôleur et le reste du PC (mais pas entre le disque dur et le contrôleur).

Sur les puces intégrées aux cartes mères, le bus PCI 32 bits peut être cadencé à 66 MHz (ASUS A7V8X par exemple), ce qui permet donc un débit théorique de 266 Mo/s, bien supérieur aux 150 Mo/s du SATA, et cette connexion PCI ne sera donc pas un goulot d'étranglement (si l'on n'a pas de RAID mais un disque dur seulement). Voila la théorie, et l'on verra qu'en pratique, c'est bien différent.
Les nouveaux southbridges des chipsets pour plateforme Intel et AMD supportant en natif le SATA commencent à faire leur apparition (ICH5, VT8237 sur le KT600), et n'ont donc plus besoin de puce externe. Le SATA fait partie de pratiquement tous les derniers chipsets qui sont sortis mais aussi du southbridge Nforce 2 (MCP-S) et SIS964.
par Dark26 Publiée le 05/11/2003 à 00:00