Lutte contre la contrefaçon : dans les coulisses de Priceminister

Tout le site est développé en interne avec 70 personnes, orchestrant 120 millions d’objets en vente à chaque instant. L’après-midi, notre rédaction a pu donc suivre Benoit Tabaka dans la visite des locaux de PM.

Des contrefaçons détectées au service retour

Nous avons débuté par l’aval, au niveau du service retour, car historiquement c’est ici que tout a commencé. C’est en effet la partie exécution des garanties classiques de PM. Un produit non conforme à l’annonce, un produit livré cassé, etc. peut être retourné à la plateforme. Le service l’examine et arbitre. C’est potentiellement ici que sont découvertes les contrefaçons soit par ce qu’une personne fait une réclamation en tant que telle, soit parce qu’elle estime que le produit n’est pas conforme à ses attentes.

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Qui veut un téléphone SumSumg ?

« On a plusieurs façons de détecter, par exemple, quand la contrefaçon vient de Chine, ils ne se prennent souvent pas la peine d’imiter l’emballage » nous confie l’un des membres du service. «Parfois ils ne se prennent même pas la tête de faire un emballage approprié : un iPod avec un vieil emballage « digital mp4 » ». « Une fois, on a eu un téléphone plutôt nickel, mais sur la boite il y avait écrit Sumsumg » poursuit Benoit Tabaka, « en Chine, c’est un cas de législation où est de la contrefaçon la reproduction à l’identique. D’où des différences volontaires pour essayer que les produits sur place ne puissent être jugés comme étant de la contrefaçon. »

Dans le bureau d’à côté, Xavier, le « monsieur anti-contrefaçon » chez PM. Quand la société a pris de l’ampleur, c’est lui qui s’est historiquement chargé de créer le service SAV Retour pour que quelqu’un puisse valider et prendre une décision finale sur les litiges entre un vendeur et un acheteur déçu. « Petit à petit on a vu la contrefaçon augmenter et on a pris la décision de créer un service et d’y mettre les moyens ». Sur son bureau, un cas tout chaud qui vient de tomber : un petit lecteur iPod d’Apple …incrusté d’une petite chaînette pour le fixer au cou. Une touche d’originalité inconnue des vrais modèles de Cupertino.
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Les produits stoppés descendent ensuite au sous-sol stocké dans une salle. « C’est une problématique qu’on est en train d’essayer de résoudre : la problématique de destruction n’est pas simple. Il faut l’autorisation des marques, il y a des problématiques de sécurité notamment avec les parfums, des problématiques avec les déchets électroniques polluants comme les baladeurs MP3, téléphonie, etc. ».

Peu de chance donc de voir Benoit Tabaka au volant d’un bulldozer sur le boulevard de la Villette pour réduire en poudre ces contrefaçons. Ces retours ont un coût pour PM : « pour nous c’est à pure perte ; ce baladeur nous coute de l’argent. On doit rembourser le colis recommandé payé par l’acheteur, sans oublier cette commission perdue sur la transaction. Le seul argent récupéré, c’est l’argent qui devait aller au vendeur ». Et n’oublions pas le coût humain… Un produit vendu initialement 30 euros passe ainsi à 55 euros si l’on additionne tous les frais.
par Marc Rees Publiée le 28/02/2009 à 12:10