Dans les coulisses du data center d'Iliad (Free)

Jeudi soir, Iliad (Free) nous a fait visiter en avant-première son data center (centre de traitement de données) basé à Vitry, à quatre km de Paris en bordure de Seine et tout près d’une centrale EDF. Le chef de projet Arnaud de Bermingham aura été notre guide technique de cette visite hors norme. 

 

« Un datacenter, c’est un métier compliqué, car c’est à la fois de l’industrie lourde et de l’informatique. En termes de conception, de réalisation, de maintenance, ce sont des infrastructures relativement complexes qui mélangent plusieurs domaines de compétences. » En un trait de plume, on anticipe ces problèmes : « dans un bâtiment comme celui-ci, on va consommer l’équivalent d’une ville de 20 000 habitants (8 mégawatts) dans 5 000 m². Je vous laisse imaginer toutes les problématiques en termes d’énergie et de refroidissement. Ici, on a un double avantage, on est près de la centrale EDF de Vitry-sur-Seine et on est à 4 km de Paris. »

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Le data center d'Iliad

La centrale EDF vue du toit du data center de Free

À côté d'une importante centrale EDF

Pourquoi Vitry-sur-Seine, d’ailleurs ? « Historiquement, et d’une manière générale, les entreprises de ce type s’implantent plutôt du côté de Saint-Denis - Aubervilliers, qui concentrent 75% des surfaces de data centers. C’est un lieu où il y a beaucoup de fibre optique, mais paradoxalement, c’est aussi un lieu où il y a le moins d’électricité. Dans le sud, on est tout seul à l’heure actuelle. Et c’est l’une des zones en région parisienne où il y a le plus d’énergie disponible. » L’activité est évidemment très dépendante d’EDF et de la qualité de la fourniture d’énergie. 

Ce data center est neutre. Il y a des baies, des mètres carrés, toute une infrastructure dans laquelle des sociétés, des assurances, des services en ligne, etc. peuvent installer leur machine. « On fournit un environnement technique autour de l’infrastructure technique. » Une neutralité qui répond à un choix évident puisqu’il y a une demande forte du marché. « C’est la demande du marché : les clients veulent avoir le choix d’opérateur, mettre leur infrastructure dans un endroit où ils savent qu’ils pourront facilement changer d’opérateur s’il le faut pour faire jouer la concurrence avec des infrastructures multiplateforme sur des opérateurs différents. Cela répond à de vraies demandes. Dissocier la partie data center du reste est la destinée de ce bâtiment. »

22 ans d'âge et enfin des investissements

L’historique de ce data center est ponctué d’une ribambelle de rachats consécutifs : le site a 22 ans, et s'apparentait au début aux NMPP (nouvelles messageries). Il lui servait de centre informatique. En pleine bulle internet, fin des années 90, tout est racheté par ISDNet, lui-même racheté par Cable Wireless en 2000, lequel sera englouti par World Online Business. Les poupées russes ne s’arrêtent pas là : WoB est racheté par Tiscali, racheté par Télécom Italia, et on en vient donc à Alice et Iliad/Free en bout de chaîne. Sauf que… : « Il y a eu beaucoup de rachats successifs, mais quasiment aucun investissement. Quand on est arrivé sur le site celui-ci avait 22 ans d’âge, et des infrastructures informatiques critiques étaient hébergées ici. »

Le potentiel de la zone et son emplacement privilégié auront relancé le cercle des investissements. « Quand on a vu cela, on s’est dit qu’il y avait un potentiel : une centrale EDF, un bâtiment fait pour cela avec des charges au sol importantes, puisqu’une baie peut atteindre la tonne, la fibre optique pas loin… une vraie demande client. »
par Marc Rees Publiée le 07/12/2009 à 09:47