Sensitive Object

C’est une belle matinée pluvieuse, une de celles où l’on resterait volontiers chez soi, avec la télécommande à portée de main, et éventuellement un robot type R2D2 pour apporter les boissons. Enfin, ne rêvons pas. C’est surtout une matinée où nous allons rencontrer ce qui remplacera peut-être ladite télécommande à l’avenir, voire transformer la domotique en général et l’interface tactile en particulier.

sensitiv object Sensitive object, c’est un concept simple : deux capteurs fixés à un matériau rigide détectent les vibrations émises lorsque l’on tape à un endroit que l’on détermine sur un matériau quelconque. Enfin, quelconque… solide tout du moins. C'est-à-dire que le cuir ou la moquette, ça ne marchera pas. La vibration est ensuite enregistrée dans une base de données, nommée bibliothèque de signatures acoustiques.

On affecte alors une action au point : ce peut être l’allumage d’une lampe, l’affichage d’une page, piloter son Media Center, etc. Les capteurs sont en effet reliés à un contrôleur, qui embarque un quartz, un convertisseur, un amplificateur et un convertisseur analogique vers numérique. Le flux audio ainsi capté est relayé au PC via l’USB, amplifié et identifié. C’est merveilleux…

sensitiv object Bête et méchante, la technologie n’en est pas moins efficace. Lorsque l’on tape sur un matériau solide, on émet une vibration. Un peu comme les cordes d’un piano : on appuie sur une clef, qui actionne un marteau et fait vibrer une corde. La technologie haptique ReverSysTM fonctionne ainsi sur du bois, du verre, du métal, du plastique. Euh… Haptique, oui. Cela désigne l’étude de la sensation tactile et de son interaction avec des applications informatiques. Et tant que l’on ne touche ni aux capteurs, ni au matériau, les « boutons virtuels » créés réaliseront toujours la même action. « Effectivement, nous explique Grégoire Jean de Sensitive, si l’on ampute un bout d’une table en bois, les vibrations s’altèrent et le spectre change. Dans ce cas, le contrôleur n’identifie plus rien et il faut tout reconfigurer. » Pénible…

Plus qu’un cours théorique, mieux vaut une expérience concrète. On relie des diodes aux contrôleurs, que l’on aura fixés à une planche de bois. On pose ensuite quatre pastilles sur la planche, et l’on tape sur chacune tour à tour. Chaque pastille allumera une diode d’une certaine couleur. La configuration achevée, on tapote sur la pastille et miracle, la diode s’allume. Seule contrainte, placer les capteurs en L sur le matériau. Cela permet de briser les axes de symétrie et s’assurer une reconnaissance optimale des vibrations.

sensitiv object Mais pourquoi pas plus de capteurs alors ? « C’est tout simplement le nombre optimum. Un seul ne suffit pas et trois n’améliore en rien l’identification », explique Grégoire. « Mais ce n’est pas tout, parce que ces deux capteurs identifient plus la vibration émise, que ce qui l’a émise… »

« Regarde : tu tapotes sur la pastille avec un stylo, qui n’aura pas la même répercutions que… mettons un ongle. En revanche, même si tu configures le bouton virtuel avec un stylo, en tapant ensuite avec ton ongle, c’est la vibration elle-même que la base de données va identifier [NdR : en fonction de critères de ressemblance et de clarté] et non l’objet qui l’a émise. »

Simplissime !


par Nicolas.G Publiée le 18/01/2008 à 10:51