Interview d'Alix Cazenave (April)

alix cazenave aprilAlix Cazenave, nouvelle entrante dans l’April (Association de promotion et défense du logiciel libre), occupe désormais le poste de chargée de mission sur les dossiers institutionnels, législatifs et réglementaires.

Après un parcours à l'École internationale de commerce et développement 3A (EICD 3A), et un mastère en Ingénierie de l'information, de la décision et de la connaissance, elle a été notamment assistante parlementaire, travaillant sur les dossiers des brevets logiciels, RGI et DADVSI.

Sujets du moment, actions à venir, et problèmes actuels soulevés par certains défis tel celui de l’interopérabilité, etc. l’intéressée a bien accepté de répondre à quelques-unes de nos questions. Benoit Sibaud, président de l'APRIL, complète son intervention en nous éclairant sur les rouages de l’association.

Alix Cazenave, vous allez occuper le poste de chargée de mission à l’April. Pouvez- vous nous expliquer les raisons de cette venue ? Et comment avez-vous connu l’April ?


J'ai connu l'APRIL fin 2005. Nous étions alors en plein dossier DADVSI. Ayant un frère informaticien qui développe des logiciels libres, je connaissais plus ou moins le sujet et en utilisais. Mon frère m'avait aussi parlé du problème des brevets logiciels. Le projet de loi DADVSI m'a donné l'occasion de m'intéresser davantage au Logiciel Libre, et de comprendre qu'il y avait là, pour reprendre une phrase de Michel Rocard, « un combat que je crois indispensable à nos libertés, peut-être même à la civilisation ». Ma venue s'inscrit dans la continuité du renforcement de l'APRIL. Une équipe de 3 permanents est un minimum pour mener à bien les nombreuses actions en cours et gérer une association de 1700 membres aujourd'hui, mais sans doute plusieurs milliers dans les années qui viennent tant le logiciel libre est devenu un sujet de société.

Quelles vont être justement vos actions au sein de l’association ?

Je suis en charge des dossiers législatifs, réglementaires et institutionnels. Cela veut dire que je suis les projets et propositions de loi, et plus largement tout projet de modification des lois et règlements qui peuvent avoir des incidences - positives ou négatives - pour les auteurs et utilisateurs de logiciels libres. Pour ce faire, je prends contact avec les élus, le gouvernement et l'Élysée ; je sensibilise les personnes que je rencontre aux enjeux du logiciel libre et les alerte sur ce qui le menace.

Il s'agit également de soutenir les opportunités de promotion du Logiciel Libre, et de faire entrer nos propositions dans le champ politique, législatif et normatif. L'APRIL anticipe les menaces et les opportunités qui s'offrent aux différents acteurs du Logiciel Libre et essaye d'agir sur la décision finale. Dans ce but l'APRIL bénéficie de l'expertise de conseils bénévoles qui soutiennent son action, et travaille avec d'autres associations lorsque les circonstances le permettent.

Il s'agit plus globalement des relations de l'APRIL avec les pouvoirs publics dans le cadre de projets ou d'opérations, soit qui portent atteinte à l'une des quatre libertés, soit au contraire qui sont une occasion de les promouvoir.

Concrètement, voici quelques exemples parmi les dossiers que l'APRIL a traités ces derniers mois : l'initiative Candidats.fr qui visait à inscrire le logiciel comme thème des dernières campagnes électorales, le suivi du Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI), la participation à la commission de normalisation des formats de saisie de documents de l'AFNOR, la contribution à la mission Olivennes, le projet de loi relatif à la lutte contre la contrefaçon, la vente liée ordinateurs/logiciels, l'accord UE/Microsoft sur l'interopérabilité.

Vous avez été assistante-parlementaire et votre nom est aussi celui d’un député bien connu, Richard Cazenave, très actif durant la DADVSI. Ne craignez-vous pas que cette filiation crée un certain « brouillage » avec les activités de l’association ?

Avant tout chose je précise que l'APRIL est neutre du point de vue de la politique mandataire, et rencontre des élus de tous bords politiques. Elle a d'ailleurs reçu de la part de personnalités politiques des témoignages qui illustrent très bien cette ouverture.

Pour ma part je ne milite ni ne suis adhérente dans aucun parti ; et la défense du Logiciel Libre, un peu comme la République, ne connaît pas de frontières partisanes. Je le vérifie tous les jours dans mes prises de contact.

Par ailleurs mon père n'exerce plus de fonctions électives, il n'y a donc aucun risque d'interférences. :)
par Marc Rees Publiée le 06/11/2007 à 16:21