Profession : YouTubeur

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Internet
Comment gagner de l'argent et combien ?

Concernant les YouTubeurs qui vivent en partie ou complètement de leurs production, la question la plus récurrente est sans doute combien ils gagnent pour 1000 vues ? C'est en effet de cette manière que se comptabilisent les revenus. Mais comme pour un site internet financé par la publicité, cette question n'a pas de réponse unique et prédéfinie.

En effet, cela dépend de très nombreux critères. Le créateur active-t-il ou non de la publicité ? Certains, surtout pour les vidéos très courtes, préfèrent la désactiver pour une question de respect. Et si vous en voyez, ce n'est pas nécessairement du fait du YouTubeur, dès lors que dans le cas où la vidéo contient du contenu soumis au droit d'auteur, la plateforme peut d'elle-même activer la publicité afin de partager les revenus avec les ayants droit. Il est aussi possible, pour la même raison d'exploitation de droit d'auteur, que seule une fraction des gains publicitaires tombe dans la poche du créateur, réduisant ainsi fortement ses gains.

YouTube publicités

Les formats publicitaires

Dans le cas où les publicités sont activées et où aucune problématique liée au droit d'auteur n'entre en jeu, il y a tout de même de nombreux paramètres qui restent à prendre en compte. Tout d'abord, quels types d'annonces sont affichés ? Celles dites superposées (simple bandeau de texte en bas de la vidéo), celles appelées « TrueView InStream » qui consistent à diffuser une publicité vidéo avant le contenu, ou bien les deux ?

Bien évidemment, celle qui permet de réaliser le plus de profits est de loin la « TrueView Instream ». Néanmoins, que sa coupure après cinq secondes soit présente ou non, elle génère aussi le plus d'agacement de la part des utilisateurs et peut pousser certains à tout simplement quitter la page. Un point à prendre en compte pour qui souhaite respecter ses auditeurs, alors que si les gens évitent de regarder la télévision ou d'écouter la radio, c'est aussi en raisons de la quantité astronomique de publicités abrutissantes visibles. Ce n'est donc pas pour les retrouver sur internet pour chaque vidéo vue.

On en vient alors à un autre critère majeur. Ennemi de bien des sites internet, les logiciels de type Adblock permettent aussi d'éviter les publicités sur YouTube, tout comme le bloqueur de publicité de Free. Un créateur ayant une part importante de ses auditeurs exploitant un tel outil remarquera alors rapidement une différence entre son nombre de vues sur YouTube et celui spécifique à la publicité via AdSense. Or, cela peut représenter une part non négligeable des utilisateurs de la plateforme, même si les vidéos de cuisine pourraient être moins touchées que les contenus qui visent les geeks.

Dans certains cas, il ne sera aussi pas possible d'afficher une publicité parce que l'annonceur aura décidé de limiter à un certain nombre par utilisateur (capping). On parle alors de « vues monétisables », un nombre bien inférieur à celui des vues comptabilisées par YouTube. 

Il reste ensuite d'autres critères pour connaître les revenus d'un YouTubeur comme le taux de clics de ses visiteurs. Si une publicité génère plus de clics (en moyenne), les gains pourront en être augmentés. Autre information à prendre en compte : le pays. Un internaute situé aux États-Unis rapporte en moyenne bien plus qu'un visiteur Français, qui lui-même rapporte plus qu'un vidéonaute d'un pays au pouvoir d'achat plus faible.

Les annonceurs visent logiquement les plus riches, et cela se répercute sur les gains publicitaires des YouTubeurs. Un Squeezie, à nombre de vues égal, gagnera donc beaucoup moins qu'un PewDiePie, l'un ayant une audience majoritairement francophone, alors que le second en grande partie anglophone et donc américaine.

100 000 vues sur YouTube, ce n'est pas vraiment le début de la richesse

Enfin, dernier point majeur : la valeur des campagnes publicitaires. Toutes ne sont pas égales, bien loin de là. Alors que l'on a coutume de dire que 1 000 vues rapportent 1 à 2 €/$ (ou 1 000 à 2 000 €/$ le million de vues), cela peut grimper bien plus haut selon les cas. Wizdeo, encore lui, a par exemple proposé un temps à tous ses partenaires une campagne à 5 dollars les 1 000 vues, soit un peu moins de 4 euros à l'époque. Cette campagne, limitée dans le temps, ne signifie pas que ses collaborateurs ont pu compter sur un tel montant pour toutes les campagnes suivantes.

Comme le précise la plateforme, « pour le premier sponsoring, Wizdeo va reverser, sur 3 semaines, un prix de 5 dollars les 1 000 vues monétisables, soit près de 3,8 € de RPM sur les vues monétisables ! Le sponsoring, c'est donc le gage que progressivement, les partenaires Wizdeo pourront aller au-delà de 2 dollars les mille vues monétisables. » Il est de plus bien spécifié à ses membres que ce « n'est pas encore signe que vous serez sponsorisé en permanence. YouTube et Wizdeo vont d'abord regarder les résultats pour l'annonceur, en termes de retour, de visionnage, etc. Il devra certainement y avoir des ajustements dans les offres, peut-être les durées, etc. ».

Concrètement, si un YouTubeur affiche les publicités les plus rémunératrices, il peut effectivement atteindre entre 1 et 2 euros par 1 000 vues en fonction de l'origine de ses visiteurs. Cela signifie donc qu'il faut s'approcher du million de vues pour commencer à vivre de la plateforme (uniquement avec les publicités standards) et si l'on est plusieurs à faire des vidéos à l'instar du Joueur du Grenier, il faut alors compter plusieurs millions de vues par mois.

Il faut toutefois comprendre que certains YouTubeurs à succès peuvent toucher bien plus que 1 à 2 euros par 1 000 vues en fonction de ses relations avec son network, tandis que d'autres sont en deçà. Rémi et Thomas, d'Un Drop Dans La Mare, nous ont par exemple indiqué qu'avec « 100 000 vues mensuelles, nous générons 55 dollars avec les publicités en pre-roll. Il est évident que ce n’est pas rentable. »

PewDiePie multi-millionnaire

Mais si l'on peut gagner quelques milliers de dollars et d'euros par mois avec une très forte visibilité, les revenus peuvent aussi s'envoler bien plus haut pour les superstars. Un récent article du Wall Street Journal a ainsi estimé que le fameux PewDiePie gagnait ni plus ni moins que... 4 millions de dollars en 2013. Si la somme arrondie laisse entendre qu'il s'agit d'un à peu près, il faut surtout comprendre que l'an passé, sa chaîne est passée de 3,5 millions d'abonnés à... plus de 18 millions fin 2013 (et près de 31 millions aujourd'hui !). Et selon Statfire, en moyenne, PewDiePie réalise plus de 270 millions de vues par mois, soit plus de 3 milliards par an. Une moyenne qui devrait encore croître fortement à l'avenir. Que le jeune homme né en Suède et vivant en Angleterre soit millionnaire n'est donc pas surprenant.

Dans le même ordre d'idée, le Coréen PSY, lauréat, certainement pour très longtemps, de la vidéo la plus vue sur YouTube avec son tube Gangnam Style, a généré un chiffre d'affaires publicitaire de 8 millions de dollars rien qu'en 2012, et plus de 13 millions de dollars à ce jour. Ceci avec une seule et unique vidéo qui a dépassé les 2 milliards de vues en mai dernier. Bien entendu, tout ne va pas dans les poches du chanteur asiatique et YouTube garde sa part. Mais les chiffres ont de quoi faire tourner les têtes, même si cela reste exceptionnel, il faut bien entendu le rappeler.

Sans atteindre de tels sommets, les plateformes de streaming vidéo, et en particulier YouTube, permettent bien aujourd'hui de compléter ses fins de mois voire pour les plus connus d'en vivre tout simplement. Bien entendu, nous manquons encore de recul pour savoir si un tel système peut tenir sur le long terme. Que se passera-t-il en cas d'utilisation massive des bloqueurs de publicité ? YouTube ne risque-t-il pas d'augmenter ses marges dans le futur, puisque c'est par sa plateforme que passent toutes ces publicités ?

S'il faudra patienter pour avoir des réponses solides, la situation actuelle est en tout cas un cercle vertueux qui profite avant tout à YouTube : grâce à son audience et son potentiel financier, elle attire un maximum de créateurs, qui eux-mêmes attirent plus de visiteurs et par conséquent les annonceurs, qui voient ici un marché bien moins onéreux que la télévision, et surtout bien plus flexible. Les possibilités de ciblage son nombreuses, le calcul du retour sur investissement plus clair et plus rapide, etc. Ce n'est pas pour rien que les chaînes de TV commencent à s'intéresser au RTA (Real Time Advertising).

Comment être payé par YouTube ?

Après avoir publié des vidéos et affichés de la publicité, le YouTubeur peut ensuite encaisser son argent. Cela peut toutefois prendre du temps. Il faut au préalable créer un compte Adsense et dans un premier temps fournir des informations (lieu du domicile, etc.) ainsi que valider votre adresse. Une lettre vous est alors envoyée après quelques jours, voire plusieurs semaines, et un code secret vous est fourni afin de confirmer votre adresse mais aussi confirmer que vous êtes bien détenteur du compte.

Une telle procédure n'est possible que si l'on atteint 10 euros de revenus publicitaires. Tant que cette barre symbolique n'est pas atteinte, Google ne vous contactera pas et ne vous demandera d'ailleurs pas votre adresse.

YouTube Adsense Seuil Paiement

Pour encaisser l'argent gagné, cette procédure est certes indispensable, mais cela ne signifie pas pour autant que vous serez payés. En effet, la plateforme applique un seuil minimal pour transférer des fonds, par chèque ou virement généralement (les Networks passent parfois par d'autres moyens, PayPal par exemple). Ce seuil, que vous pouvez augmenter à votre guise, est de 70 euros dans les pays où l'euro est la monnaie utilisée, ou encore de 100 dollars aux États-Unis et au Canada, de 60 livres outre-Manche et 100 francs suisses.

Il faut donc atteindre un tel niveau avant de récolter les fruits de la publicité. Si l'on réalise peu de vues, cela peut donc prendre des mois voire des années pour recevoir son premier chèque, puisqu'il faut plusieurs dizaines de milliers de vues au minimum.

Publiée le 26/09/2014 à 17:05