Profession : YouTubeur

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Internet
Les Networks : des partenaires particuliers

Pour gagner de l'argent via les publicités, outre passer par le système de base de YouTube, il est aussi possible de signer un contrat avec ce que l'on appelle un Multi-Channel Network (MCN), plus communément nommé Network. Les plus importants et connus se nomment Vevo (pour la musique), Machinima (jeux vidéo et autres), Makers Studio (racheté par Disney récemment), FullScreen, Yeousch, ou encore les Français Believe Digital Studios et Wizdeo. Ils sont les intermédiaires parfaits entre YouTube et les annonceurs, puisqu'ils négocient eux-mêmes les publicités.

Par contre, et contrairement à ce que de nombreux YouTubeurs pensent, ils n'ont aucun lien avec les majors et les représentants des ayants droit (hormis Vevo qui appartient à Universal Music et Sony Music), et ne protègent donc en rien d'éventuelles plaintes pour abus de droit d'auteur, comme nous le verrons un peu plus loin.

Les Networks : des intermédiaires entre les annonceurs et YouTube

Sauf chez certains petits networks, il faut montrer patte blanche avant de rentrer. Il est ainsi parfois nécessaire d'avoir un minimum d'abonnés, de faire un certain nombre de vues chaque jour (quelques centaines voire milliers), de publier plus ou moins régulièrement des vidéos et non une fois tous les six mois, voire de diffuser des productions qui répondent à un niveau de qualité minimal pour les plus tatillons. Tous ces critères varient selon les exigences des partenaires, qui évoluent aussi avec le temps, certains networks devenant moins rigoureux en fonction de leur évolution. Plusieurs réseaux n'appliquent d'ailleurs pas certains de ces critères afin d'attirer plus aisément les nouveaux YouTubeurs ou encore ceux souhaitant diminuer leur rythme de publication.

Bien entendu, ces intermédiaires captent une partie des revenus des créateurs, ce qui peut aller jusqu'à 30 voire 40 % (et plus encore) selon les cas. Prenons un exemple concret avec Wizdeo, un français qui compte tout de même plusieurs millions d'abonnés via ses partenaires, et plusieurs centaines de millions de vues par mois. Ses critères d'entrées sont simples : créer son propre contenu, respecter le droit d'auteur et la loi, et dépasser les 1500 vues par jour, soit 45 000 vues par mois.

Machinima

Aujourd'hui, plusieurs de ces sociétés représentent des milliards de vues par an, des centaines voire des milliers de YouTubeurs et des dizaines ou des centaines de millions d'abonnés. Ils deviennent ainsi des partenaires de choix pour la plateforme américaine et ont un poids réel lorsqu'il s'agit de négocier avec des annonceurs. Pour mieux comprendre leur importance, il faut par exemple savoir que Makers Studio, racheté à prix d'or (500 millions de dollars) par Disney il y a quelques mois, compte dans ses rangs des stars de YouTube comme PewDiePie ou encore Nice Peter de Epic Rap Battles of History.

« C'est ce qui va peut-être, j'espère, nous permettre de vivre de ces vidéos »

Machinima compte (ou comptait) pour sa part dans ses rangs Sky Does Minecraft (2 milliards de vues) ou, côté Français, Le Joueur du Grenier, Antoine Daniel, Benzaie, LinksTheSun, Fanta & Bob, Wartek, Digidix, etc. Le JdG a rejoint ce network il y a plus de deux ans maintenant. Sur leur site officiel, Frédéric Molas et Sébastien Rassiat expliquaient ainsi début 2012 qu'il y avait désormais de la publicité sur toutes leurs vidéos sur Youtube, ceci du fait de ce nouveau partenariat. « C'est ce qui va peut-être, j'espère, nous permettre de vivre de ces vidéos et donc de continuer à en faire, tout ça en admettant qu'on fasse autant de vues qu'on en fait maintenant donc quelque part ça va dépendre aussi autant de nous que de vous » précisaient-ils alors.

Le duo rajoutait que pour les internautes visionnant leurs vidéos, « cette association avec Machinima ne va rien changer, mis à part les quelques secondes de pub de YouTube (qui sont skippables de toute façon), peut-être vous verrez qu'on devra faire un peu de promo en mettant des likes sur d'autres vidéos du réseau Machinima mais pour le reste ça change rien. On est libre comme l'air de faire ce qui nous plait. » Les activités du compte du JdG ne montrent toutefois pas un grand nombre de J'aime sur d'autres chaînes de vidéos, hormis celles traitant des jeux vidéo (et souvent amis du duo) ou de la série abrégée du Chevalier du Zodiaque. L'objectif de cette alliance est donc clairement de pouvoir se professionnaliser et de se consacrer exclusivement à leurs réalisations sur internet, et des à-côtés.

Il faut toutefois comprendre qu'à l'origine, l'intérêt du network était différent d'aujourd'hui. En effet, il y a encore quelques années, afficher des publicités sur ses propres vidéos était impossible ou cela pouvait prendre un certain temps. Avoir une chaîne vérifiée, et mieux encore devenir un « partner », n'était pas aussi aisé. Par conséquent, adhérer à un network, c'était surtout accélérer la procédure, réduire les tracasseries administratives tout en profitant d'une monétisation de ses vidéos.

Incontournables il y a peu, ce sont toujours des partenaires privilégiés 

Mais aujourd'hui, tout ceci est possible sans de tels intermédiaires (avec peu de patience), néanmoins, les networks apportent toujours divers avantages. Il est ainsi possible d'accéder à des fonctionnalités de YouTube plus rapidement, d'augmenter sa visibilité, d'obtenir divers conseils pour accroître son audience, de profiter de campagnes publicitaires spécifiques (plus rémunératrices), de créer des vidéos sponsorisées, de diffuser son contenu sur plusieurs plateformes différentes facilement (et non YouTube uniquement), etc. Se lier à un partenaire n'est toutefois pas indispensable pour vivre de YouTube, mais cela peut avoir des atouts selon le sérieux du network et sa puissance de négociation.

Enfin, terminons ce passage sur les Networks avec un point trop rarement abordé : les contrats. Ces plateformes, pour devenir l'intermédiaire du YouTubeur, en proposent et leur contenu varie selon les cas, nous ne pouvons donc faire de généralité à ce sujet. Néanmoins, il convient absolument d'en lire son intégralité. Certaines mauvaises surprises peuvent en effet arriver en cas de signature à la hâte, trop appâté par les gains à venir. Le créateur peut par exemple se rendre compte a posteriori qu'il a signé un contrat à vie. Et si ledit document vous semble trop complexe, il ne faut pas hésiter à le faire relire par des amis juristes, voire par un avocat, tout simplement. 

Publiée le 26/09/2014 à 17:05