Messageries mobiles : laquelle choisir ?

Dans la liste des services de messagerie, Skype fait quelque peu jeu à part. Contrairement à un WhatsApp, un Viber ou un Kik, il ne s’agit pas d’une application passive ne se « réveillant » que quand elle reçoit un signal. Il s’agit bel et bien d’une application active aux tenants et aboutissants différents des messageries habituelles.

Une application que l'on retrouve presque partout 

Tout le monde connaît Skype, ne serait-ce qu’à cause de son ubiquité et des changements intervenus dans la vie de la société ces dernières années. C’est ainsi que Microsoft avait annoncé le rachat de cette plateforme de communication pour la somme mirobolante de 8,5 milliards de dollars en mai 2011. Une somme qui avait été avancée pour verrouiller les négociations et empêcher toute forme de concurrence. Depuis, Skype est un élément clé de la stratégie du géant et se retrouve d’ailleurs intégré pour la première dans un Windows avec la version 8.1 du système (voir notre dossier).

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Skype est également disponible sous une multitude de versions pour de nombreuses plateformes. Pour le seul Windows, on peut ainsi le trouver en mouture classique pour le bureau (historiquement la première version du client) ainsi qu’en Modern UI sous Windows 8/8.1. On trouve également un client pour OS X ainsi que pour le système mobile d’Apple, iOS. Android est bien évidemment de la partie, de même que Linux, Windows Phone 7/8 et BlackBerry. Skype se paye même le luxe, à la manière des Hangouts de Google, d'être disponible dans un simple navigateur puisque l'on peut y accéder via Outlook.com (anciennement Hotmail).

Cela dit, comme nous le verrons plus tard, les fonctionnalités dépendent très largement du client utilisé.

Une connexion active qui peut se révéler gourmande 

Bien que Skype puisse être utilisé sans problème sur un smartphone ou une tablette, il ne se révèle pas nécessairement le plus adapté. Il est par exemple très bon pour tout ce qui touche aux appels audio (le son est souvent de bonne qualité), tandis que la partie vidéo va dépendre très largement de la bande passante disponible. Mais aucune application mobile par exemple ne peut participer à une conférence audio à plusieurs alors que cette fonctionnalité existe depuis longtemps sous Windows, OS X et Linux. Côté messagerie, on est beaucoup plus proche d’un Live Messenger que d’un client asynchrone comme WhatsApp : le client doit être connecté de manière active pour que les messages arrivent.

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Le problème de Skype est surtout qu’il fonctionne justement comme une application classique sur un ordinateur. Il est donc gourmand en énergie et son utilisation régulière videra plus rapidement la batterie que la concurrence. Notez à ce sujet que Microsoft prépare de nombreuses mises à jour car l’infrastructure du service change actuellement, comme ce fût le cas il y a quelques jours sous iOS, ce qui a fait le plus grand bien aux adeptes d'Apple. Une fois cette transition totalement effectuée, les applications mobiles utiliseront un modèle classique client/serveur qui devrait être normalement plus économe à tous niveaux et donc avoir moins d’impact sur l’autonomie.

Des soucis de performances à corriger 

Car la synchronisation de Skype est relativement lourde et peut prendre du temps. L’intérêt de l’application est en effet son ubiquité : vous commencez une discussion sous Windows, vous la continuez sur iPhone pour finir sur un portable équipé d’une distribution Ubuntu. Mais un smartphone ou une tablette n’a pas la puissance d’un PC ou d’un Mac : après une connexion réussie sur Android, iOS ou autre, les conversations peuvent mettre un temps assez important à arriver, provoquant au passage des blocages momentanés de l’application, voire complets en quelques occasions. Ce qui nécessite alors de relancer l’application.

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Côté messagerie pure, Skype se positionne au niveau de Kik : on échange ainsi du texte en tête à tête, ou bien en groupe, avec une possibilité rare : pouvoir modifier ou supprimer un message. Un groupe peut être enregistré, renommé et sauvegardé, ce qui est un bon point. Cependant, dès que l’on sort du cadre classique du texte, la situation change rapidement. Ainsi, toutes les versions mobiles ne sont pas forcément capables d’envoyer ne serai-ce qu’une simple photo. Les moutures pour iOS et Android, les plus avancées, le font depuis longtemps, mais celle pour Windows Phone 8 n’en est pas capable, ce qui est un comble. En outre, toutes les versions ne peuvent pas traiter des opérations aussi basiques que de supprimer une conversation. Ainsi, la version OS X le peut, mais pas celle pour Windows.

Globalement, les interfaces sont très proches et Microsoft est à pied d'oeuvre dans ce domaine. Ainsi, utiliser la version intégrée dans Windows 8.1 ne bouleversera pas ceux qui viennent d'une tablette Android. Sur les captures ci-dessus, on peut remarquer que les moutures Android et Windows Phone sont également très proches. La dernière capture montre cependant que Skype s'intègre davantage dans Windows Phone, un appel provenant de Skype se présentant exactement comme un appel classique.

Un complément pour l'utilisation bureautique 

Il nous serait difficile dans l’état actuel de recommander Skype comme solution de messagerie texte car ce client ne propose rien qui n’existe pas déjà chez les autres, tout en étant plus gourmand. Cependant, Skype a une vraie carte à jouer dans les appels audio : dès que l’utilisateur a suffisamment de réseau, la qualité du son peut être bonne, voire excellente, et l’application permet surtout de téléphoner vers l’étranger à des tarifs relativement compétitifs. Skype vend de nombreuses fonctionnalités rattachées à la téléphonie (disposer d'un numéro fixe, renvoi d'appel, etc.) et autres dédiées à ses membres Premium. Mais il propose aussi des abonnements particulièrement intéressants, surtout dans le cas où l’on téléphone régulièrement vers un pays en particulier.

Par exemple, la formule États-Unis coûte 4,99 euros par mois et permet d’appeler en illimité vers les fixes et les mobiles. La formule Illimitée Monde, à 10,49 euros par mois, permet d’appeler en illimité sur les fixes d’une soixantaine de pays, en ajoutant les mobiles pour les États-Unis, le Canada, la Chine, le Guam, Hong Kong, Porto Rico, Singapour et la Thaïlande. Les applications mobiles, puisque connectées au compte, permettent donc de récupérer ces avantages sur son smartphones. Évidemment, la compétition féroce que se livrent les opérateurs de téléphonie risque de rogner petit à petit sur les avantages de telles offres.

par Vincent Hermann Publiée le 22/01/2014 à 18:18