Shuttle XS35GS V3L : un Atom, une Radeon, aucun ventilateur

Shuttle n'est pas vraiment un petit nouveau dans le monde des Mini PC. Ceux qui suivent PC INpact depuis quelques années savent que nous avons parlé des machines de la marque dès 2002, ce qui ne nous rajeunit pas vraiment. Mais le temps du design boîte à chaussure est révolu, et le constructeur revient sur le marché avec des produits qui tentent de se démarquer de bien des manières. Aujourd'hui, nous avons décidé de nous attarder sur le XS35GS V3L, un PC ultra compact exploitant un processeur Atom et une Radeon, mais qui est... entièrement passif.

Comme bien souvent avec ce genre de machines, le packaging est relativement compact. Fidèle à sa volonté d'apparaître comme une marque « green », Shuttle a décidé d'opter pour un carton assez brut, avec une légère touche de vert pour la fiche technique :

Shuttle XS35GS V3L Shuttle XS35GS V3L

Packaging et bundle : sobre et efficace

Le bundle est tout aussi minimaliste puisqu'en plus de la machine, on a droit à un DVD de pilotes, les habituels manuels (assez complets) propres à la marque et un adaptateur secteur de taille plutôt compacte (19 V pour 2,1 A, soit un peu moins de 40 watts). Un support pour un périphérique de stockage de 2.5" est aussi présent.

Heureusement, on retrouve un pied qui permettra de positionner la machine à l'horizontale, ce qui sera plus que nécessaire comme nous le verrons un peu plus loin. Celui-ci est d'une conception assez robuste et il est assez simple à monter puisqu'il suffit de le mettre en place et de le fixer via une vis fournie. On regrette par contre que ce dernier ne dispose pas d'une forme un peu différente puisque l'ensemble est un peu trop sensible aux mouvements à notre goût, notamment lorsque l'on voudra connecter une clef USB à la machine, ou appuyer sur l'un des boutons en façade par exemple.

Shuttle XS35GS V3L Shuttle XS35GS V3L

Pour ceux qui voudraient effectuer un montage via un kit VESA, sachez qu'il en existe un compatible sous la référence PV01. Il n'est par contre proposé qu'en option.

Une machine compacte, mais sans aucun ventilateur

Mais passons maintenant à la bête. Sans être extra-plate, elle est assez compacte puisque ses dimensions sont de 252 x 162 x 38,5 mm pour un poids de 1 kg environ. Elle est donc plus imposante que le Giada i53 que nous avions testé, mais cela n'est pas sans raison. Son design est plutôt sobre avec une robe noire qui est entrecoupée de petits carrés qui sont autant d'ouvertures qui permettent à la chaleur de s'échapper.

Pour rappel, cette machine est passive et ne dispose donc d'aucun ventilateur. Il lui faut donc bien respirer pour éviter la surchauffe de ses composants, même si ceux-ci ne sont pas forcément très gourmands en énergie. C'est pour cela qu'il faudra éviter de la poser directement sur un bureau et que le pied fourni est à utiliser obligatoirement, sous peine de rencontrer quelques soucis thermiques.

Côté composants, c'est assez léger

S'il existe toute une flopée de XS35 chez Shuttle, ce modèle GS 3VL est plutôt spécial. Il intègre en effet un Atom D2550 (Cedarview). Gravé en 32 nm, celui-ci annonce un TDP de 10 watts, dispose de deux cœurs physiques à 1,86 GHz, exploite l'Hyper-Threading ainsi que le 64 bits et embarque 1 Mo de cache L2.

Radeon HD 6430M 7410M Ubuntu

La Radeon HD 7410M est reconnue comme une HD 6430M, même sous Linux

Il est accompagné de l'habituel chipset NM10 d'Intel, ainsi que d'une Radeon HD 7410M. Attention, il ne faut pas s'attendre à des miracles puisque sous cette dénomination cache une puce de la génération HD 6000 (Terascale 2) qui dispose de 160 unités de traitement, 16 ROP et 8 unités de textures. Dans nos différents outils, elle sera d'ailleurs reconnue comme une HD 6430M, que ce soit sous Windows ou sous Linux.

Elle supporte néanmoins DirectX 11, dispose d'une accélération matérielle (UVD 2) pour la vidéo, mais ne devrait pas toujours être d'une grande aide dans les jeux.  On se demande ainsi si l'utilisation d'un APU d'AMD n'aurait pas été une meilleure idée au final.

L'HDMI et le Wi-Fi sont de la partie, mais pas l'USB 3.0

Pour le reste, la machine est proposée sous la forme d'un barebone et ne comprend donc ni mémoire, ni périphérique de stockage, vous devrez vous-même les acheter et les monter à moins que votre revendeur ne propose une solution tout-en-un. La connectique extérieure est assez complète : en façade on retrouve un port USB 2.0 ainsi qu'un lecteur de cartes SD. On aperçoit une ouverture pour un lecteur optique et deux diodes (Power et HDD) prennent place au sein d'un large bouton permettant d'allumer la machine. Celui-ci se retrouvera en haut lorsqu'elle sera montée sur son pied. 

Shuttle XS35GS V3L Shuttle XS35GS V3L

À l'arrière, on aura droit à pas moins de deux ports HDMI et deux ports VGA. En fait, une seule paire est fonctionnelle alors que l'autre est bouchée par des caches. En réalité, elle est prévue pour les modèles XS35V3L qui ne disposent pas d'une Radeon. Ces ports sont donc sans doute reliés à l'IGP intégré uniquement. En complément, on retrouve quatre ports USB 2.0, un port réseau Gigabit (Realtek RTL8411) et un duo de prises jack pour un casque et un micro (IDT92HD81). Un système de sécurité Kensington est aussi utilisé et la connectivité sans fil est assurée par une puce Wi-Fi 802.11n (Realtek 8188).

Le système d'ouverture est assez simple puisqu'il ne se compose que d'une vis. Il faudra par contre parfois être patient pour refermer la machine qui utilise aussi tout un système de clips et de glissières qui ne sont pas toujours des plus pratiques, mais qui permettent de garder l'ensemble bien fermé. 

Une machine simple à monter et à modifier

À l'intérieur, tout est assez facilement accessible et simple à mettre en place : le disque dur, les deux emplacements pour la mémoire, la carte Wi-Fi que l'on pourra donc changer, etc. De chaque côté on retrouve un large dissipateur dont un équipé d'un caloduc : l'un pour le CPU, l'autre pour le GPU. 

Shuttle XS35GS V3L Shuttle XS35GS V3L

Comme bien souvent avec les Mini PC de cette génération, on ne retrouvera pas une UEFI mais un BIOS. Cela ralentira un peu le démarrage, mais avec la rapidité du retour de veille et un bon SSD, cela ne devrait pas poser de souci particulier. Ici, rien n'est vraiment personnalisable, d'autant plus que la ventilation est inexistante. Dans la pratique, la machine sera donc réellement silencieuse, même s'il faudra faire attention à ne pas la mettre dans un environnement trop chaud et à la laisse respirer (et ne pas la placer entre un bouquin et la planche d'un bureau, donc). 

Atom oblige : oubliez les jeux et les applications gourmandes en CPU

Lors de nos tests, le CPU était au repos à 60°C dans une pièce à 24°C, le tout relevé via HWMonitor Pro. En pleine charge dans un jeu qui faisait donc fonctionner le couple CPU / GPU, nous sommes montés à un peu plus de 70°C pour l'un et un peu moins de 60°C pour l'autre au maximum (45°C au repos). Aucun risque à toucher la machine dans cet état, la coque faisant plutôt bien son office en termes de dissipation et de protection. Il faudra par contre éviter de toucher directement les dissipateurs en fonctionnement.

Le tout devrait donc pouvoir trouver facilement sa place dans un salon, sur un meuble TV ou sur un bureau pour un usage léger. Car il ne faut pas oublier que l'on se trouve ici face à un simple Atom. Cette machine ne sera donc pas faite pour ouvrir 42 onglets dans Chrome pendant que vous écoutez de la musique et que vous effectuez une compression de vidéo en tâche de fond. Même avec un bon SSD et assez de mémoire vive, on fera vite face à quelques lenteurs si on lui en demande trop. 

Voici en effet nos captures Cinebench 11.5 en 64 bits, ainsi que le score CPUmark 99 :

 Shuttle XS35GS V3L CPUMark Shuttle XS35GS V3L Cinebench

On se retrouve ainsi un peu au-dessus du  Zotac AD06 exploitant un APU d'entrée de gamme de chez AMD : l'E2-1800. Même résultat pour la compression de notre pack d'images via 7-Zip. Il nous a fallu 186 secondes contre 209 secondes précédemment.

Pour la partie 3D, comme nous le craignions, la Radeon HD 7410M est plus véloce, mais ne s'avère pas suffisante même pour des titres tels que WoW en basse définition avec de faibles réglages. Ainsi en 1366 x 768, sans AA, avec les réglages de qualité sur « Bonne », on obtient 12 fps seulement. Même résultat sous DiRT : Showdown dans la même définition en mode « Intermédiaire ».

Voici les scores 3DMark 11 que nous avons obtenu avec les pilotes Catalyst 13.6 Bêta 2 d'AMD en mode « Entry » puis « Performance » : 

  Shuttle XS35GS V3L 3DMark 11 Shuttle XS35GS V3L 3DMark 11

Si la gestion de la 3D et l'accélération matérielle des vidéos est bien de la partie sous Linux, il ne faudra par contre s'attendre à des miracles. Sous Ubuntu 12.10, l'interface semblait un peu lente, même si tout s'est bien passé dans XBMC. Cela n'était pas le cas sous Windows où les seules lenteurs venaient des phases de décompression des applications lors d'une installation par exemple. La lecture de vidéos HD ne pose pas de soucis, sauf quelques petits ratés lorsque l'on abuse sur les débits d'un flux 1080p, notamment via le réseau. Attention donc à ne pas en attendre trop d'une telle machine.

Du côté de la consommation, nous avons eu quelques surprises. En effet, le CPU ne sort jamais de sa fréquence nominale ou presque puisqu'il se limite à 1,79 GHz dans le meilleur des cas. Nous l'avons vérifié sous Ubuntu 12.10, Windows 8 et 8.1. Aucun BIOS spécifique ne semble proposé et rien ne permet de le contrôler. Dommage pour une machine passive. Résultat, on reste à 17 watts au repos, la consommation moyenne étant plutôt dans les 20 watts. En lecture vidéo, on grimpe à 22 watts environ et à 25 watts lorsque l'ensemble des composants est fortement sollicité. Cela reste donc assez raisonnable.

Parfait pour les amateurs de silence, vivement les prochaines versions ?

Comme l'on pouvait s'y attendre, cette machine sera donc parfaite pour un PC de salon ou un usage bureautique léger avec des besoins assez faibles en matière de 3D. Si jamais vous exploitez le GPU d'une manière ou d'une autre (OpenCL par exemple), il sera intéressant d'avoir ici une Radeon plutôt que la partie graphique Intel qui aurait été encore bien pire.

Reste la question du prix. Vendue à un peu moins de 260 €, cette machine est relativement abordable en prenant en compte le fait qu'elle intègre la puce Wi-Fi (ce qui n'est pas le cas des NUC d'Intel par exemple). On pourra y rajouter un simple disque dur et un peu de mémoire ou un SSD et 4 Go de DDR3 selon ses besoins. L'ensemble est totalement silencieux, d'un format un peu plus imposant qu'un AD06 de Zotac vendu un peu moins cher, mais dépourvu d'USB 3.0 et avec un système d'ouverture un peu plus compliqué à utiliser.

Shuttle XS35GTAV3

Tout dépendra donc de votre besoin. Amateur de silence total, cette machine est faite pour vous et ce sera l'une des rares de son genre. Si vous préférez disposer d'une connectique plus rapide et d'une machine au rapport prix / caractéristiques un peu plus sexy, un produit comme l'AD06 de Zotac aura sans doute votre préférence. 

De notre côté, on a donc surtout hâte de voir ce format appliqué à la nouvelle génération Bay Trail, qui devrait être dévoilée à l'occasion de l'ouverture de l'IDF 2013.

par David Legrand Publiée le 06/08/2013 à 17:30