du 19 juin 2020
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L’histoire de la messagerie en Russie est une longue suite d’affrontements. Son créateur, Pavel Durov, en est originaire, mais a développé son activité ailleurs. La société est actuellement domiciliée à Dubaï, après s’être déplacée à Berlin puis Singapour. Les serveurs sont situés dans différents lieux dans le monde, dont la Suisse. Mais pas en Russie.

La loi russe s’étant largement durcie sur la cybersécurité au cours des dernières années, il fut demandé à Telegram plusieurs efforts, dont le code source de sa partie serveur, la construction de serveurs au sein des frontières pour y stocker les données des utilisateurs russes ainsi que les clés de chiffrement.

La société avait tout refusé, le service écopant alors d’un bannissement qui, dans la pratique, n’a jamais bien fonctionné. Il avait suffi à Telegram de changer quelques paramètres dans son protocole pour échapper à un blocage massif d’adresses IP, les Russes pouvant alors continuer à s’en servir. Sans garantie de stabilité toutefois.

On apprend via Reuters que ce bannissement est désormais fini. L’agence russe des communications, Roskomnadzor, a annoncé être parvenue à un accord avec l’entreprise, qui ferait quelques « concessions ».

Le détail n’en est pas connu. L’agence indique simplement que Pavel Durov aurait accepté de travailler avec le gouvernement russe « à combattre le terrorisme et l’extrémisme ».

Une ligne excessivement fine pour Telegram, qui s’est bâti une réputation de respect de la vie privée, quand bien même les conversations classiques n’y sont pas chiffrées de bout en bout, contrairement à Signal par exemple. 

Si les détails de l’accord venaient à être connus et impliquaient une collaboration un peu trop assidue – révélant par exemple de nombreuses informations sur les utilisateurs – l’image de la messagerie en serait sérieusement écornée. 

Telegram débloqué en Russie après certaines « concessions »
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