du 10 octobre 2018
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Supermicro : Bloomberg affirme que des serveurs d'un opérateur américain ont été altérés

En fin de la semaine dernière, nos confrères ont publié un long papier expliquant comment les Chinois auraient ajouté une micropuce espionne sur des cartes mères Supermicro. Impliquées dans cette affaire, Amazon, Apple et Supermicro ont toutes les trois démenti ces accusations avec vigueur, soutenues par les renseignements américains et britanniques.

Hier, Bloomberg a lancé un nouveau pavé dans la mare dans un papier intitulé « nouvelle preuve de piratage de matériel Supermicro chez un opérateur américain ». Nos confrères expliquent que Yossi Appleboum (co-DG de Sepio Systems) leur a fourni des documents pour étayer leurs dires. Le matériel « manipulé » aurait été enlevé en août de cette année. Le nom de cet opérateur n'est pas précisé.

La situation n'est pas tout à fait identique, mais le principe reste le même : « des communications inhabituelles depuis un serveur Supermicro et une inspection physique ultérieure ont révélé un implant intégré dans le connecteur Ethernet du serveur » explique Bloomberg.

Yossi Appleboum affirme que ce n'est pas la première fois qu'il découvre ce genre de manipulation sur du matériel fabriqué par des sous-traitants en Chine, ajoutant que « Supermicro est une victime » dans cette histoire.

Interrogée, la société reste sur ses positions précédentes : « Nous ne sommes toujours pas au courant de composants non autorisés et n’avons été informés par aucun client de la présence de tels composants ».

Elle charge à nouveau Bloomberg : « Nous sommes consternés que Bloomberg ne nous fournisse que des informations partielles, aucune documentation et une demi-journée pour répondre à ces nouvelles allégations », ce à quoi notre confrère affirme avoir laissé 24h à Supermicro.

L'enquête continue outre-Atlantique, notamment par l'intermédiaire du sénateur John Thune siégeant au Comité du commerce qui sollicite auprès des dirigeants des entreprises impliqués un briefing avant le 12 octobre : « Les allégations selon lesquelles la chaîne d'approvisionnement en matériel informatique des États-Unis a été délibérément altérée par une puissance étrangère doivent être prises au sérieux ».

Les sénateurs Marco Rubio (républicain) et Richard Blumenthal (démocrate) ont de leur côté demandé à Supermicro des précisions sur la manière dont la société avait enquêté sur les affirmations de Bloomberg.

George Stathakopoulos, responsable sécurité chez Apple, reste sur la ligne de défense de la société affirmant qu'elle n'a découvert aucun signe de transmission suspecte ni aucune autre preuve d'altération du matériel.

Joe Fitzpatrick, expert cité dans le premier article de Bloomberg, revient sur cette histoire dans le Risky Business podcast, comme le rapporte Engadget. Il affirme avoir été cité hors contexte, que l'histoire de la puce espionne était alors « théorique » et qu'il se sentait « mal à l'aise ».

Bloomberg s'est de nouveau exprimé sur le sujet : « Joe FitzPatrick ne faisait pas partie des 17 sources comprenant des spécialistes et des responsables gouvernementaux, et sa citation directe dans l'histoire décrit un exemple hypothétique de la manière dont une attaque matérielle pourrait se dérouler ».

En bourse, c'est de nouveau une chute pour Supermicro qui passe sous les 12,5 dollars. La semaine dernière, la société était à plus de 21 dollars par action.

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À découvrir dans #LeBrief
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Le navigateur, entièrement rebâti sur Chromium, est en test depuis des mois, mais essentiellement pour le grand public. 

Les variantes pour Windows 10, macOS et Windows 7 et 8.1 sont toutes disponibles sur deux canaux : Canary et ses versions quotidiennes, et Dev avec une préversion par semaine, un peu plus stable.

Microsoft vient de donner le feu vert aux entreprises, essentiellement pour attirer leur attention. Le navigateur est jugé prêt à être testé dans un cadre professionnel, puisque les fonctions attendues et la documentation sont presque toutes présentes (le site dédié ne semble pas fonctionner à l'heure actuelle).

C’est notamment le cas du mode IE, qui permet pour rappel d’afficher un site comme s’il était rendu par Internet Explorer. Les règles de groupe et Application Guard sont également présents, de même que les outils pour PDF. 

Certaines fonctions manquent cependant toujours à l’appel, notamment le déploiement hors ligne et le support de la gestion de flotte mobile.

Notez que Microsoft tiendra la semaine prochaine sa conférence Inspire 2019, dédiée aux partenaires. Peut-être l’occasion d’en apprendre davantage, notamment sur l’arrivée du canal bêta qui devrait marquer l’ouverture des tests à plus large échelle. 

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Il y a quelques mois, Facebook ajoutait de nouvelles informations sur ses publicités. Les utilisateurs pouvaient notamment voir de manière plus précise pourquoi ils avaient été ciblés, et par qui.

Le réseau social passe à la phase suivante. Les informations données sont encore plus détaillées. En particulier, l’internaute pourra savoir quels intérêts particuliers sur le réseau ou Pages visitées lui ont valu telle publicité.

Des outils font également leur apparition, pour contrôler comment les informations personnelles sont utilisées pour le ciblage. On ne peut évidemment pas bloquer les publicités. L’utilisateur peut en outre ajuster ses centres d’intérêt s’il préfère au contraire, quitte à être ciblé, des publicités plus spécifiques.

Dans les options liées aux préférences publicitaires, on trouve enfin deux onglets. Le premier affiche la liste des entreprises ayant utilisé les informations pour du ciblage direct, le second celles qui opèrent pour le compte d’autres acteurs. Les régies ayant utilisé ces données durant les 90 derniers jours sont également listées.

L'offensive pour redorer le blason de l'entreprise continue donc, après des années de scandales liés à la vie privée, tout particulièrement le catastrophique Cambridge/Analytica.

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Dans une affaire ressemblant fortement à celle d’Amazon très récemment, un article du média belge VRT annonçait que les employés de Google pouvaient accéder aux enregistrements audio par l’Assistant maison, notamment à travers toutes les enceintes connectées l’utilisant.

On apprenait également que des sociétés tierces étaient payées pour travailler sur des échantillons vocaux, sans que l’on sache très bien dans quelle mesure la vie privée pouvait en être affectée. Une manière de rappeler cependant que tout ce qui se passe autour des enceintes est écouté.

En outre, grâce à une fuite, VRT a pu écouter environ un millier d’enregistrements audio, dont 153 paraissaient clairement accidentels, dans le sens où il s’agissait de conversations courantes, ne relevant pas d’une requête (à moins qu'Assistant ait cru l'inverse). Certaines étaient très intimes, de type « conversations au lit ».

Google n’a pas nié. L’éditeur s’est fendu d’un billet de blog pour expliquer sa position. Le travail avec des « experts » du monde entier est « essentiel » pour améliorer la technique de reconnaissance. Ces personnes ou entreprises travaillent sur un lot ne dépassant jamais 0,2 % du total.

La firme insiste : aucune de ces données n’est associée à un compte Google. En outre, elles ne correspondent normalement qu’à des requêtes clairement exprimées de l’utilisateur à l’Assistant. Une réponse ne cadrant pas avec les découvertes de VRT.

C’est d’ailleurs là que la réponse de Google s’éloigne de ce que l’on aurait pu en attendre. Plutôt que de s’excuser du manque de transparence autour du processus, la firme annonce qu’elle prend très au sérieux cette fuite et que le responsable sera poursuivi.

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Valve vient de lancer ses Steam Labs, qui permettent de tester en avance certaines fonctionnalités dans le client Steam.

Trois sont pour l’instant proposés : 

  • Micro Trailers : permet aux éditeurs de créer un court clip vidéo de six secondes pour présenter un jeu, qui apparaîtra au survol de la souris sur la vignette du titre
  • Recommander : utilise le machine learning pour examiner les titres joués (et combien de temps) et proposer des recommandations adaptées, avec des filtres de préférences
  • The Automated Show : générera à terme automatiquement une vidéo récapitulative des titres populaires du moment (elle est pour l’instant validée et commentée par un employé)

L’arrivée de ces expérimentations peut surprendre, car on attendait plutôt de Valve qu’il officialise la bêta du nouveau client, dont l’interface modernisée est attendue. Elle ne devrait plus tarder, puisque l'éditeur avait signalé mi-juin son arrivée au cours des « prochaines semaines ».

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Les investissements d’Opera dans les cryptomonnaies continuent. La version Android bêta du navigateur s’ouvre ainsi aux blockchains bitcoin et TRON, qui rejoignent Ethereum (et les jetons ERC-20) dans le Crypto Wallet.

Au-delà de cette annonce, il n’y a rien de plus à en dire. Mais elle permet à Opera de présenter son navigateur comme le premier à vraiment se tenir pour le Web3.

La dénomination est soutenue par une fondation qui décrit l’appellation comme l’ensemble « des technologies et applications dans le domaine des protocoles pour logiciels web décentralisés, particulièrement ceux utilisant des méthodes cryptographiques modernes pour préserver la décentralisation, au bénéfice et pour la stabilité de l’écosystème Web3 ».

Les blockchains sont en effet le plus souvent abordées dans le cadre des cryptomonnaies, mais l’éditeur tient à ce que son navigateur soit prêt pour la prochaine génération d’applications décentralisées, qui devraient avoir leur mot à dire dans les années à venir.