du 18 mars 2020
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Spectacle vivant : la SACD demande le soutien de l’État et propose de le gérer

Inquiète, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Dans une lettre adressée au ministère de la Culture, Pascal Rogard, son directeur général, « en appelle au ministre de la Culture sur la situation alarmante du spectacle vivant ».  La crise sanitaire actuelle est « de nature à mettre gravement en cause toute l'économie du spectacle vivant, non seulement pour les entreprises - théâtres ou producteurs -, qui sont en charge d'assurer les représentations ».

Elle frappe également les auteurs, ceux « qui tirent la plus grande partie, voire l'intégralité, de leurs revenus des droits d'auteur que la SACD perçoit pour leur compte en contrepartie des autorisations qu'ils délivrent d'utiliser leurs œuvres ». Ils « se verront complètement privés de toute source de revenus pendant toute la période de fermeture des spectacles », qui a débuté le 14 mars.

Les théâtres et producteurs de spectacles vivants ont des difficultés « pour assurer le paiement des droits dus aux auteurs au titre des œuvres représentées avant la décision de fermeture des lieux publics ». Des sommes non encore payées à ce jour que Pascal Rogard évalue à plus de 7 millions d’euros. 

« Ces structures devraient être dans l’impossibilité de régler leurs fournisseurs et en particulier les factures émises par la SACD au nom des auteurs ». En outre, au-delà du 14 mars, plus aucune représentation d’œuvres n’a lieu, alors que « des autorisations d’exploitation [ont] d’ores et déjà été délivrées ». La SACD évalue ces sommes à plus de 6 millions d’euros (montant 2019 pour mars et avril).

Que faire ? Pascal Rogard juge « absolument fondamental que l'État puisse compenser les conséquences économiques de cette inactivité forcée des auteurs ». Il demande en conséquence que « l’État se substitue aux entreprises du secteur du spectacle pour s’acquitter des factures de droits d’auteur à la SACD afin que puissent être rémunérés les auteurs dont les oeuvres ont été représentées avant le 14 mars ».

Et qu’il mette en place un dispositif de soutien pour prévenir la baisse des revenus. « Ce soutien pourrait être géré par la SACD selon des modalités à définir avec l’État » suggère-t-il.

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