du 01 juin 2020
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Solar Orbiter : un « bonus scientifique » avec les queues de la comète Atlas

Lancée le 10 février 2020, la sonde est encore en « recette en vol », c’est-à-dire que les scientifiques réalisent des tests et les séquences de configuration. Ces opérations doivent se terminer le 15 juin, mais quatre instruments ont été allumés sans attendre, pour une bonne raison.

L’Agence spatiale européenne (ESA) explique qu’il « est rare pour une mission spatiale de voler par hasard à travers la queue d’une comète ; les scientifiques savent que c’est arrivé seulement six fois auparavant lors de missions qui n’étudiaient pas spécifiquement une comète ».

Dans tous les cas, les « rencontres ont été découvertes après coup en examinant les données de la mission ». Dans le cas de Solar Orbiter, les choses sont différentes : les scientifiques ont été prévenus en amont que la sonde allait passer dans les queues de la comète Atlas.

« Quatre instruments sont de manière fortuite parfaits pour détecter les queues de la comète puisqu’ils mesurent les conditions autour de la sonde ; ils pourraient ainsi collecter des données sur les grains de poussière et les particules chargées électriquement émis par la comète. Ces émissions forment les deux queues de la comète : la queue de poussière laissée dans son sillage sur son orbite, et la queue d’ions qui pointe dans la direction directement opposée au Soleil », explique l’ESA.

Solar Orbiter a normalement déjà traversé la queue d’ions, puisque cet événement était prévu du 31 mai au 1er juin. Viendra ensuite le passage de la queue de poussière, qui devrait avoir lieu le 6 juin. « Si la queue d’ions est suffisamment dense, le magnétomètre de Solar Orbiter (MAG) pourrait détecter la variation du champ magnétique interplanétaire due à son interaction avec les ions de la queue de la comète, et l’analyseur de vent solaire (SWA) pourrait capturer directement des particules de la queue ».

Pour rappel, la comète Atlas a été découverte le 28 décembre 2019. Alors que les scientifiques pensaient qu'elle serait observable à l’œil nu depuis la Terre dans les semaines suivantes, elle s’est fragmentée en avril et sa luminosité « a baissé significativement en retour ». Mi-mai, une seconde fragmentation s’est déroulée.

« Mais même si les chances de détection sont réduites, Geraint Jones [du Laboratoire de science spatiale UCL Mullard au Royaume-Uni, ndlr] estime que l’effort vaut toujours la peine d’être fait », explique l’Agence spatiale européenne.

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