du 19 décembre 2019
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Reconnaissance faciale : des députés prônent un moratoire

Alors que le gouvernement s’est déjà dit ouvert aux expérimentations en matière de reconnaissance faciale, les auteurs d’une tribune parue hier dans Libération plaident pour la mise en place d’un « moratoire interdisant l’usage de la reconnaissance faciale pour identifier les individus sans le consentement préalable et éclairé des intéressés, et ce jusqu’à ce que des garanties suffisantes soient établies en termes de sécurité et de libertés fondamentales ».

Parmi les signataires figurent les députées LREM Paula Forteza et Albane Gaillot, ou encore leur collègue Philippe Latombe (Modem). Ces parlementaires regrettent que ces dispositifs permettant de reconnaître des individus à partir de leur visage se développent « sans contrôle ». « Nous devons en interdire l’utilisation le temps d’organiser un débat public et une convention citoyenne sur le sens à donner à l’innovation numérique », soutiennent-ils.

Concrètement, les auteurs de la tribune proposent que « toute expérimentation de système d’identification ayant recours à la reconnaissance faciale soit soumise à l’approbation préalable de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) et du Défenseur des droits ou de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ».

Ceci le temps qu’une « convention citoyenne sur la place des nouvelles technologies dans notre société » soit mise en place, à l’image de celle organisée il y a peu au sujet du climat. « Ce moment démocratique aura pour ambition de mieux cerner les attentes de l’ensemble de la société civile en matière de numérique, de coconstruire un cadre normatif approprié et de mener une analyse d’impact rigoureuse sur la reconnaissance faciale. »

« Nous ne devons pas céder au solutionnisme technologique et sacrifier nos droits sur l’autel de l’innovation technologique. Osons le moratoire pour prendre le temps et le recul nécessaires pour définir notre contrat social vis-à-vis de cette technologie », concluent les signataires.

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