du 29 mars 2018
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Racisme et antisémitisme : le gouvernement veut « accroître la responsabilité des hébergeurs »

Dix jours après avoir présenté son plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, l’exécutif vient de confier à la députée Laetitia Avia (LREM) « une mission temporaire ayant pour objet le renforcement de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme sur Internet » (voir le décret correspondant, paru ce matin au Journal officiel).

Si le gouvernement n’en dit pas plus sur l’objectif exact de ces travaux, il y a fort à parier pour qu’ils visent à préparer les réformes législatives prônées par Édouard Philippe. Hier encore, le Premier ministre a affirmé qu’il souhaitait « accroître la responsabilité des hébergeurs ».

« L’idéal serait que nous y parvenions dans le cadre européen » a déclaré le chef du gouvernement. « Nous y sommes déterminés. Mais si nous n’y parvenons pas, nous devrons alors trouver l’ensemble des dispositions permettant d’avancer dans le cadre national, en créant le cas échéant un statut intermédiaire entre celui d’éditeur et celui d’hébergeur, afin de renforcer la responsabilité pénale de sociétés qui ne peuvent pas prétendre que ce qui est publié et diffusé sur le territoire national pourrait de quelque façon que ce soit échapper au droit de la République ».

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Annoncés par Emmanuel Macron, ces fonds seront apportés par les banques, les mutualistes, les assurances.  

Le Président poursuit l’objectif de 25 « licornes » d’ici 2025. « Cette ambition numérique saura projeter notre pays pour un avenir au service des biens communs, d’une technologie soucieuse de servir le progrès, l’émancipation, la coopération, la justice sociale » assure le chef de l’État.

40 start-ups seront désignées. Parmi elles, Doctolib, Veepee, OVH ou encore BlaBlaCar et Deezer. « Des sociétés non cotées de la French tech qui ont le potentiel de devenir des champions européens voire mondiaux dans leur secteur » commente BFM Business.

Ce mouvement s'inscrit dans le sillage du rapport de Philippe Tibi, fait au ministre de l’Économie en juillet 2019. « Parmi les 372 licornes décomptées dans le monde à mi-juillet 2019, 182 sont américaines, 94 sont chinoises et seulement 45 sont européennes », regrettait l’auteur.  

« 5 milliards d’euros c’est significatif. Ça va attirer les capitaux étrangers, permettre à nos entreprises de lever des fonds le plus rapidement et facilement » assure cette fois Cédric O.

Pour le secrétaire d’État au Numérique, « la dernière introduction en bourse d’une entreprise technologique c’était 1996. Nous devons nous battre pour nos emplois et notre souveraineté, c’est pour cela que l’on veut faire émerger des leaders technologiques ».

Une remarque dégommée par Me Archambault : « euh, et @GroupeIliad introduite en 2004, et @AlticeFrance en 2014, ce sont des limonadiers ? La France est le rare pays où les box, présentes dans tous les foyers et élément essentiel de la souveraineté, sont maîtrisées de A à Z par les opérateurs ».

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Le Département de la Justice vient de lancer une action contre le livre d’Edward Snowden, révèle notamment Ars Technica. L’ouvrage sort demain et a bénéficié d’une grande campagne médiatique.

Le ministère n’entend pas interdire sa sortie. Plus insidieusement, il réclame le reversement des recettes de Permanent Records (ou Mémoires Vives, en France). Pourquoi ? Le DoJ reproche à Snowden d’avoir violé l’accord de confidentialité passé avec la CIA et la NSA.

Celui-ci lui imposait de soumettre, préalablement à toute publication, les contenus qu’il envisageait de diffuser. « Snowden a sciemment, délibérément et volontairement violé cet accord » expose la plainte. 

En clair, l’auteur aurait dû procéder à ces formalités, attendre l’accord des autorités, pour ensuite transmettre son ouvrage aux éditeurs à charge pour lui de le commercialiser.

Snowden va continuer « à s’enrichir injustement en bénéfices, avances, redevances et autres avantages résultant de la publication non autorisée de son livre » reprochent les autorités. 

Elles réclament au passage un gel des avoirs détenus par Macmillan, son éditeur aux États-Unis.

« Si seulement le ministère était aussi préoccupé par les violations commises par les programmes de surveillance de masse du gouvernement que par cette volonté de s’attaquer aux mémoires de celui qui a alerté le public » commente Freedom of Press chez The Verge

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« On peut presque parler de harcèlement juridique et médiatique ». Dans un entretien aux Échos, Stéphane Richard se plaint des positions de l’Arcep à son encontre. 

« L'Arcep a lancé dix procédures contre Orange, c'est un record historique ! Si encore Orange renâclait à investir ou était défaillant, on pourrait comprendre. Mais nous sommes l'opérateur européen qui investit le plus en pourcentage de son chiffre d'affaires – et essentiellement en France » assure-t-il. 

Orange justifie le dépôt d’une question prioritaire de constitutionnalité à l’encontre des pouvoirs de sanction de l’autorité. « Orange ne [le] remet pas en question », soutient le numéro un de l’opérateur. 

Lancée à l’occasion d’une procédure sur la qualité des offres de gros, Orange reproche « l'absence de séparation au sein de l'Arcep entre les équipes chargées d'écrire la règle, de contrôler son respect et de sanctionner les éventuels écarts ». 

L’entreprise assure qu’il ne s’agit pas de faire pression sur l’autorité, simplement de soulever un problème constitutionnel.

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Le langage de développement, signifiant « Common Business Oriented Language », a été créé spécifiquement pour les programmes de gestion. Il fête aujourd'hui ses 60 ans.

Le projet a été initié dans le cadre d’une demande du Pentagone : développer un langage indépendant des constructeurs pour les logiciels au sein des administrations. Il fut largement influencé par FLOW-MATIC et COMTRAN.

Moins de six mois ont été nécessaires à sa création, une rapidité qui, couplée à la vision de l’époque, lui ont valu quelques interprétations peu flatteuses de son acronyme, comme « Compiles Only Because Of Luck ».

Le langage est cependant toujours vivant. Comme beaucoup d’autres, il a évolué par étapes majeures. Après la mouture initiale de 1968, d’autres sortent en 74, 85 et 89. C’est cette dernière qui marque un tournant, l’ANSI et l’ISO se penchant sur son cas.

La dernière version date de 2014 et est estampillée ISO/IEC 1989:2014. Les concepts centraux du langage ont évolué avec le temps pour se moderniser. En 2002 avaient ainsi été introduite la programmation orientée objet, accompagnée notamment de l’Unicode et du XML.

Cobol est encore surtout utilisé dans les banques. Bill Curtis, directeur du CISQ (Consortium for IT Software Quality) et l’un des créateurs du CMM (Capability maturity model), indiquait encore en 2013 que le Cobol présentait d’indéniables atouts en sécurité et performances.

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Alors que Mozilla avait légèrement ralenti le rythme de parution des versions, l’éditeur fait demi-tour. Firefox 70 sera la dernière mouture à tabler sur un cycle de sept semaines.

À compter de la version suivante et jusqu’à la 74 (prévue pour le 10 mars prochain), chaque cycle sera plus court d’une semaine. Au-delà, le rythme sera donc mensuel. Plus précisément, les versions 75 et ultérieures sortiront toutes les quatre semaines.

Cette décision n’a pas d’influence sur le cycle ESR (Extended Support Release). Le cycle reste d’un an, avec une période de chevauchement de trois mois pour laisser le temps aux entreprises (et éventuellement utilisateurs grand public) de mettre à jour. Les deux prochaines versions ESR sont prévues pour les mois de juin 2020 et 2021.

« Avec des cycles de quatre semaines, nous pouvons être plus agiles et fournir plus rapidement des fonctionnalités, tout en appliquant les mêmes rigueur et zèle nécessaires à une parution stable et de haute qualité. Nous pourrons également mettre plus rapidement de nouvelles fonctions et implémentations de nouvelles API web entre les mains des développeurs », expliquent Ritu Kothari et Yan Or dans le billet de Mozilla.

À changement de cycle, modification des techniques et de certaines approches. Mozilla va donc revoir petit à petit ses indicateurs pour mesurer la qualité globale du code. 

En outre, les projets s’appuyant sur Firefox ESR, notamment Tor Browser et SpiderMonkey, vont devoir s’adapter. L’éditeur confirme d’ailleurs ce qui paraissait évident : des moutures plus fréquentes signifieront moins de changements à chacune. 

Il y aura également des conséquences pour les canaux de développement, notamment Beta. Actuellement, Mozilla produit en moyenne deux builds par semaine dans ce canal. Elles seront plus fréquentes à l’avenir, presque au niveau de Nightly. Les testeurs sont prévenus.

Mozilla ne donne pas réellement de raisons à ce changement, outre celles liées à l’agilité. Mais cette dernière n’est qu’un moyen, pas un objectif en soi. Devant la vague Chromium, il s’agit probablement d’un plan de défense pour faire de Firefox un navigateur capable de réagir (et éventuellement d’attaquer) plus vite.