du 06 juillet 2020
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Quand un équipement Wi-Fi défectueux vient brouiller un « radar météo ultra-moderne »

Cette petite ville du Sud-Ouest (161 habitants), dans le Lot-et-Garonne, abrite depuis 2005 un radar météo ultra-moderne. Pendant plusieurs semaines cet hiver, « les ingénieurs de Météo France s’interrogent :  […] une file de nuages fixes s’affiche sans discontinuer en direction de l’ouest. Quelques coups de fil avaient permis bien vite de s’en assurer : pas de pluie à l’horizon, tout cela n’a décidément rien de météorologique ».

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) décide donc de dépêcher une équipe de son service régional de Toulouse (à 140 km) sur place, en plein confinement. « Les agents de l’ANFR connectent leurs appareils sur le radar, préalablement éteint, pour enregistrer les caractéristiques du signal capté par l’antenne ultra-sensible du récepteur d’échos ».

Une première piste est rapidement trouvée : « À première vue, il s’agit d’un réseau local. Mais, à cette distance, impossible d’en savoir plus : on ne peut capter aucun des identifiants du réseau…».

Ils doivent maintenant « trouver un réseau Wi-Fi inconnu, dans un cône de 10° d’angle (entre 260 et 270°), qui pourrait, s’il est puissant, se trouver jusqu’à 100 km de là […] Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !… Et le relief et les virages des routes de l’Aveyron, du Tarn voire du Tarn-et-Garonne ne vont pas simplifier la tenue du cap ».

L’enquête continue : « Il faut donc lancer le camion sur les routes, en détectant tous les réseaux émettant dans la bande des 5 GHz – l’une des deux bandes du Wi-Fi : une gageure. […] sur les 50 km qui séparent Montclar d’Albi, les appareils ont engrangé pas moins de 1 901 réseaux Wi-Fi 5 GHz en activité ».

Le confinement n’aide pas : « tous les échanges passent par les réseaux électroniques, et le sans-fil est plus incontournable que jamais. Au retour, en dépouillant les caractéristiques de chaque réseau et en les confrontant avec les données extraites du radar, les possibilités finissent par retrouver taille humaine : seuls 16 de ces réseaux émettent des fréquences réellement compatibles avec le brouillage constaté. Il « suffira » donc de revenir sur place pour caractériser chacun des émetteurs suspects ».

Après une enquête minutieuse, les agents « parviennent finalement à réduire au silence un émetteur Wi-Fi situé sur un château d’eau, dans un hameau de Gaillac. La confirmation tombe enfin : les brouillages ont bel et bien cessé ».

L’ANFR donne des détails : « La société responsable du dispositif a constaté que son équipement était défectueux : la gestion de puissance était devenue inopérante et le dispositif émettait non seulement en continu, mais à pleine puissance ! L’équipement a été remplacé quelques jours plus tard et le réseau n’a plus fait parler de lui. En effet, les RLAN à 5 GHz comportent obligatoire un DFS (système dynamique de sélection de fréquence) : ils reconnaissent les impulsions des radars météo et s’installent alors automatiquement sur des fréquences différentes ».

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