du 14 janvier 2020
Date

Choisir une autre édition

Pensacola : Satya Nadella contre les portes dérobées dans le chiffrement, mais…

Le PDG de Microsoft a récemment donné son point de vue sur le chiffrement, estimant que les « portes dérobées sont une très mauvaise idée ».

« Nous avons toujours dit que nous nous préoccupions de deux choses : la vie privée et la sécurité publique. Nous avons besoins de solutions juridiques et techniques dans notre démocratie pour que ces [deux choses] soient des priorités », a détaillé Nadella.

Pourquoi une telle sortie ? Parce que la vive tension entre Apple et le FBI lors de la tuerie de San Bernardino est sur le point d’être relancée par un autre drame. Le 6 décembre, à Pensacola (Floride), un membre de l’armée saoudienne, en formation, a tué trois personnes et blessé huit autres dans une base navale militaire.

L’acte a été qualifié rapidement de terroriste et l’aide d’Apple a été réclamée : deux iPhone ont été retrouvés et constituent depuis des pièces à conviction. Mais les blocages mis en place, qui empêchaient déjà en 2015 le FBI d’avancer pour San Bernardino, sont toujours là.

L’aide d’Apple a été demandée, et le même cycle recommence depuis. William Barr, procureur général des États-Unis, a ainsi accusé Apple de n’avoir apporté « aucune aide substantielle ». Apple dément vigoureusement, ayant publié une longue déclaration pour expliquer ses raisons.

La société affirme avoir fourni au FBI de nombreuses informations, mais se refuse à déverrouiller les iPhone. Pourquoi ? Parce que cela reviendrait à percer dans ses propres défenses. « Nous avons toujours soutenu qu’il n’existe rien de tel qu’une porte dérobée uniquement pour les gentils ». On connaît la suite.

Or, à l’époque, Satya Nadella avait apporté un soutien sans réserve à Apple. L’éditeur de Redmond était lui-même impliqué dans des affaires du même acabit, se posant en chantre de la vie privée.

Sa position est désormais plus floue : « Nous ne pouvons pas rester sur des positions dures de tous les côtés, mais si on me demande une porte dérobée, je dirai non ». Pour lui, il est probable que ce genre d’affaire ne pourra se régler qu’une fois le socle législatif adapté. Pourtant, l’évolution des législations risque fort d’aller dans le sens de « portes dérobées pour les gentils ».

chargement Chargement des commentaires...