du 04 mai 2020
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L’ICANN rejette la vente .org à Ethos Capital

C’est par le biais d’un communiqué de presse que le Conseil d'administration de l'ICANN annonce avoir « pris la décision de rejeter » la vente du Public Interest Registry (PIR, en charge notamment du .org) au fonds d'investissement.

La transaction avait été annoncée mi-novembre, avec une forte levée de boucliers à travers le monde. Les griefs étaient nombreux, avec par exemple plusieurs zones d’ombres autour des ambitions de la jeune société qui voulait récupérer la gestion des domaines en .org. L’EFF était notamment monté au créneau avec une campagne SaveDotOrg.

Mi-avril, l’affaire était toujours en attente, et l’ICANN – qui devait donner son feu vert en tant qu’autorité de régulation – s’accordait un délai de deux semaines supplémentaire alors que les lettres d’opposition à cette vente ne cessaient d’affluer à ses services. La décision est tombée : « l'ICANN estime que le refus du transfert du PIR de l'Internet Society (ISOC) à Ethos Capital est raisonnable et la bonne chose à faire ».

Parmi les motifs mis en avant, le premier concerne un « changement fondamental » avec le passage du PIR à une entité qui est « tenue de servir [ses] intérêts », et qui n’a « pas de plan significatif pour protéger ou servir la communauté .org ». La question du financement (avec une partie de dette) est aussi mise sur la table.

Une victoire pour l’Electronic Frontier Foundation, qui n’en reste pas là : « le .org a encore besoin d’un régisseur fidèle car l’Internet Society a clairement indiqué qu’elle ne veut plus de cette responsabilité. L’ICANN devrait tenir une consultation ouverte, comme elle l’a fait en 2002, pour sélectionner un nouvel opérateur du domaine .org qui donnera aux organismes à but non lucratif une véritable voix dans sa gouvernance, et une véritable garantie contre la censure et l’exploitation financière ».

Sur Twitter, le compte officiel de l’Ambassadeur pour les affaires numériques – un poste occupé par Henri Verdier – « salue » cette décision de l’ICANN et rejoint l’EFF : « Il est maintenant temps d'assurer une gouvernance durable d’Internet, effectivement transparente et multipartite ».

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