du 07 juin 2019
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L'AOTA s'inquiète de la pénurie d'IPv4 et d'un risque de « distorsion de concurrence majeure »

L'Association des opérateurs télécoms alternatifs (AOTA) a été fondée en 2017 par des opérateurs indépendants pour s'organiser, réduire leurs coûts et faire entendre leurs voix.

Dans une lettre ouverte envoyée à Agnès Pannier-Runnacher (secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances) l'association « demande au gouvernement de se saisir de la transition vers IPv6 et de la préservation de l’équilibre concurrentiel ».

En cause : la pénurie d'adresses IPv4 qui est certes « structurellement inévitable mais dont les conséquences sont aggravées par le comportement inefficace de certains acteurs qui disposent d’un très grand stock d’adresses IPv4 non utilisées ou excédant largement leurs besoins réels ». Ainsi, un nouvel entrant ou un petit opérateur « subira de fait une distorsion de concurrence majeure quant à l’accès aux adresses IPv4 », affirme l'AOTA.

Pour s'assurer d'une continuité de service avec ses clients, « il sera contraint d’acquérir ces ressources à vil prix, là où d’autres opérateurs historiques ou de grandes tailles, des hébergeurs et des entités publiques disposant de ressources héritées d’un temps où les ressources semblaient inépuisables, disposeront encore de leur stock excédentaire leur garantissant, pour certain, de confortables revenus sur le marché secondaire ».

L'AOTA en profite pour esquisser des lignes directrices qui pourraient être définies en conseil des ministres de l’Union et précisées par le BEREC :

  • « Toute interconnexion entrant dans le cadre de la régulation entre acteurs [...] doit pouvoir être réalisée en IPv4 et/ou en IPv6 si une des parties contractantes le souhaite
  • Tout équipement terminal (CPE) d’accès à Internet placé chez un client devra [...] disposer nativement de l’IPv6 en option non désactivable
  • Engager une réflexion au niveau international pour faire converger le modèle de gestion de l’adressage IP sur celui en vigueur pour les noms de domaines, où l’attribution et la gestion peuvent être effectuées par des entités de droit privé »
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