du 19 février 2020
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Humains dans l’espace : l’ESA renforce ses recherches avec des « lits d’immersion sèche »

L’Agence spatiale européenne (ESA) commence par rappeler un point essentiel : « nos corps se sont adaptés à la vie sur Terre et ils ne sont pas conçus pour le vol spatial ». En effet, « en micropesanteur, le corps d’un astronaute perd de la masse musculaire et de la densité osseuse, les yeux changent, les fluides migrent vers le cerveau, et ce parmi d’autres conséquences ».

La recherche s'intéresse donc de près aux moyens de rester en bonne santé lors de vols habités de longue durée. Des études d’alitement sont ainsi menées afin de simuler « les aspects du vol habité en gardant les volontaires allongés pendant de longues périodes de temps avec leur tête 6° sous l’horizontale. Une épaule doit toucher le lit en permanence, y compris pendant les repas, la douche et la satisfaction des besoins naturels ».

De nombreuses études du genre ont déjà été conduites avec le Medes à Toulouse et au laboratoire :envihab du Centre aérospatial allemand DLR à Cologne. Désormais, l’ESA travaille aussi avec l’Institut Jožef Stefan situé à Planica, en Slovénie. Une étude de 60 jours sera ainsi organisée en Slovénie et à Toulouse.

Le centre de Planica est intéressant car « il est situé à haute altitude et que la pression atmosphérique y est moindre, un peu comme dans un futur habitat lunaire ». But de l’opération : « tester de manière définitive des mesures qui réduisent les effets indésirables de la vie en micropesanteur », explique Angelique Van Ombergen, coordinatrice scientifique pour la recherche sur les sujets humains à l’ESA.

Une autre expérience va être lancée, avec le Medes et des « lits d’immersion sèche » : « Vingt volontaires féminines resteront en suspension dans des sortes de baignoires pendant cinq jours chacune. Les études en immersion sèche sont intéressantes car l’appui est réparti de manière égale sur toute la surface corporelle, ce qui imite la micropesanteur à laquelle sont soumis les astronautes à bord de la Station spatiale internationale ».

« Nous avons décidé de mener notre premier protocole d’expérimentation en immersion sèche sur un panel de volontaires exclusivement féminin parce qu’il n’y a presque pas de données pour les femmes », explique Jennifer Ngo-Anh qui dirige l’équipe SciSpace à l’ESA.

Cette dernière rappelle que ces expériences « n’ont rien de drôle ; le plaisir de rester couché s’estompe très rapidement, surtout quand il faut se soumettre à des prises de sang et à des biopsies musculaires ». 

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