du 14 février 2019
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Facebook répond à Mozilla : l'API d'accès aux données publicitaires sera ouverte

Récemment, plusieurs acteurs se sont retrouvés le bec dans l’eau fin janvier : leurs extensions spécialisées dans la collecte de données sur les publicités de Facebook ne fonctionnaient plus. Le résultat d’un blocage décidé par le réseau social.

Concert de critiques des concernés (dont ProPublica, Mozilla et WhoTargetsMe), exprimant de vives inquiétudes sur le manque de transparence des publicités sur Facebook, assises sur des capacités de ciblage très précises.

Facebook prépare bien une Ad Archive, mais elle est beaucoup moins complète que ce que permettaient d’obtenir les extensions. Surtout, son API d’accès est soumise à conditions et ne peut être exploitée que dans quelques pays où des élections sont en approche.

Ce qui avait poussé Mozilla quelques jours plus tard à en appeler à la Commission européenne, dans l’espoir de faire bouger les lignes. Il a trois jours, une lettre ouverte avait été publiée dans le même sens, par Mozilla et 32 organisations (pour la plupart européennes). Si l’on en croit le père de Firefox, la manœuvre est une réussite.

À compter de fin mars, l’API de Facebook sera donc ouverte à tous : il n’y aura plus de limites territoriales, pas plus que d’obligation à disposer soi-même d’un compte Facebook. Les journalistes, chercheurs et autres pourront ainsi puiser dans la banque de données.

« L’industrie ne peut ignorer son propre potentiel pour renforcer ou saper le processus démocratique. La seule transparence ne résoudra pas les problèmes de désinformation, mais c’est une première étape critique », indique Alan Davidson, vice-président de Mozilla et responsable vie privée.

Rien n’est pour autant gagné. Il faut attendre maintenant la fameuse API, qui sera à n’en pas douter examinée sous toutes les coutures. Surtout, l’API ne servira qu’à manipuler les données issues d'une base dont les créateurs d’extensions disaient déjà le mois dernier qu’elle était incomplète.

Facebook s’est pourtant engagée récemment à augmenter encore le niveau de transparence. Attaquée de toutes parts, la société doit se défendre des responsabilités qu’impose un niveau d’ubiquité jamais atteint par une société privée.

Et si certains se demandent pourquoi l’entreprise n’annonce pas d’efforts plus ambitieux, c’est probablement parce que ses intérêts sont contraires, coincés entre son image publique, la confiance des utilisateurs et le besoin que les annonceur continuent à affluer, attirés par un ciblage précis de la clientèle.

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