du 04 octobre 2019
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Facebook contre-attaque les fuites avec une session de questions/réponses… publique

Cette semaine, la fuite d’un enregistrement audio permettait de plonger dans les détails d’une réunion entre Mark Zuckerberg et certains employés. Ces sessions ont lieu une fois par semaine et permettent à n’importe qui de demander son avis au PDG sur à peu près n’importe quoi.

The Verge avait obtenu l’enregistrement et publié une transcription complète. On pouvait y entendre notamment le patron afficher sa confiance en cas de choc juridique avec le gouvernement, dans le cas où Elizabeth Warren – qui souhaite le démantèlement des GAFAM – serait élue à la présidence américaine. La sénatrice avait d’ailleurs réagi promptement.

Et voilà que Facebook prend le contrepied de cette fuite en organisant une séance publique de questions/réponses avec des employés. Une session retransmise en direct cette nuit (début vers 2h du matin), où on peut observer un Zuckerberg très à l’aise, dans ce qui n’est plus désormais qu’un exercice de communication.

Il réitère son besoin de transparence avec ses employés, est satisfait de la confiance qu’il a bâtie dans l’entreprise et regrette en conséquence qu’elle ait été brisée par la dernière fuite. « Au point où j’en suis, je suis tellement mauvais en interviews, alors qu’est-ce qu’on a à perdre ? », philosophe le PDG.

Interrogé sur les réactions d’Elizabeth Warren, Zuckerberg promet : « J’essaierai de ne pas la contrarier davantage ». Il est également conscient que ses propos peuvent faire naitre un sentiment de « biais » de l’entreprise contre la candidate. Dans ces échanges, il y voit cependant une opportunité de « moment d’empathie », comme un déclic de compréhension réciproque.

On trouve quand même un sujet particulièrement intéressant dans l’entretien : la chiffrement de bout en bout. Suite à une lettre récente du procureur général américain (William Barr) réclamant une législation qui permettrait de plonger dans les messages de WhatsApp, Zuckerberg a redit sa volonté d’unifier les messageries de l’entreprise et d’y insérer le chiffrement E2E.

Une sécurité qui inquiète certains employés, car sa mise en place interviendra dans un contexte d’explosion des contenus pédopornographiques. Pour le PDG, ce n’est pas un problème : la détection des personnes impliquées dans ces échanges se fait mieux grâce à des modèles comportementaux qu’en trouvant les contenus eux-mêmes.

Enfin, interrogé sur les milliardaires, Zuckerberg répond que « personne ne devrait avoir autant d’argent ». Sa propre fortune est estimée à 67 milliards de dollars. « À un certain niveau, c’est injuste », poursuit le PDG. Mais il relativise rapidement : c’est peut-être « mieux que l’alternative, qui serait que le gouvernement décide de tout ». 

Et de rappeler la fondation Chan Zuckerberg Initiative créée avec sa femme, et ses contributions régulières à la recherche scientifique.

L’histoire ne dit pas ce que les employés ont pensé de l’exercice. La présence de caméras n’aura certainement pas facilité l’ambiance « réponses à cœur ouvert ».

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