du 29 octobre 2018
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Facebook : le Parlement européen réclame un audit et la suspension du Privacy Shield

Le texte (non contraignant) liste une longue série de mesures, dans le sillage du scandale Cambridge Analytica de 2014 et des ingérences étrangères dans les élections ces dernières années. Il s'attaque à la fois à la protection des données et à la désinformation, sujets chauds pour les instances communautaires.

Dans l'affaire Cambridge Analytica, Facebook a enfreint les directives sur la protection des données de 1995 et 2002. Les textes en vigueur avant le Règlement général sur la protection des données (RGPD), appliqué depuis le 25 mai. L'autorité britannique de protection des données (ICO) a infligé une amende de 500 000 livres à Facebook.

Selon la résolution, « la responsabilité et la transparence en matière d’algorithmes sont essentielles ». Le Parlement « constate que Facebook a non seulement trahi la confiance des citoyens de l’Union, mais aussi enfreint le droit de l’Union ».

Les eurodéputés attendent donc que les plateformes se conforment au RGPD et réclament plus de responsabilité dans le traitement des données, par les secteurs public et privé. Ils s'inquiètent de la dérogation à la protection des données pour la recherche, qui pourrait être source d'abus.

Le Parlement recommande aux plateformes de distinguer les publicités politiques ; une démarche déjà entreprise après les manipulations de ces dernières années.

Les signataires veulent aussi interdire le profilage politique et électoral, au coeur de nombreuses campagnes numériques de la dernière décennie. Les partis doivent aussi être transparents sur leur utilisation de données personnelles, insistent-ils.

Concernant les interférences étrangères dans les élections, les élus pensent la collaboration entre « les fournisseurs de services, les législateurs et les acteurs et partis politiques » nécessaire. Ils saluent la proposition de la Commission pour protéger les prochaines élections. Ils disent urgent de renforcer les règles contre le financement de la désinformation via la publicité.

Les députés estiment que les grandes plateformes ne sont plus de simples hébergeurs : « Ils ont mis en place des algorithmes de publication de publicités et de contenus; considère que cette nouvelle fonction doit être prise en compte dans le domaine règlementaire ». Une antienne entendue de longue date sur le droit d'auteur.

Surtout, ils veulent mener un audit indépendant de Facebook par l'agence de cybersécurité européenne (l'ENISA) et le comité européen de la protection des données. Les conclusions devraient être présentées à la Commission, ainsi qu'aux parlements communautaire et nationaux.

Le Parlement estime que le Privacy Shield (qui permet le transfert de données d'Européens vers les États-Unis) a failli. Les entreprises concernées par le scandale Cambridge Analytica devraient être retirées de l'accord et le Privacy Shield suspendu.

Notons que les députés demandent un financement correct des CNIL européennes, pour des audits aussi approfondis que ceux des entreprises elles-mêmes. La question est importante en France, la CNIL se plaignant ouvertement de son manque de moyens.

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À découvrir dans #LeBrief
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Hier, le groupe affirmait avoir été victime d'une cyberattaque, sans donner la moindre précision supplémentaire. Depuis ce week-end, les équipes « sont mobilisées pour rétablir le bon fonctionnement de tous [les] équipements et moyens informatiques ».

Selon l'Express, un rançongiciel serait la cause du problème. Il s'agit pour rappel d'un logiciel chiffrant les données d'un ordinateur et demandant une rançon pour espère les récupérer (payer n'est jamais une bonne idée pour rappel, contrairement aux sauvegardes).

« Les lignes téléphoniques et la messagerie électronique de l'entreprise sont inutilisables », affirme une source interne reprise par nos confrères. « Tous les outils de bureautique et de gestion rencontrent d'importantes perturbations », ajoute-t-elle. 

La diffusion TV et radio ne semble pas impactées par cette cyberattaque. L'ANSSI est mobilisée affirment nos confrères, comme c'était déjà le cas lors de l'attaque de TV5Monde

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Le père de Firefox s’en prend désormais aux algorithmes de YouTube, particulièrement sous le feu des projecteurs depuis un an pour d’évidents ratés.

Le site contient 28 histoires d’utilisateurs montrant comment YouTube s’est, en quelque sorte, « retourné contre eux ». Toutes partent de vidéos regardées volontairement pour aboutir sur des recommandations peu en phase avec l’historique.

Un père raconte comment son jeune fils regardait Thomas the Tank Engine et a fini par se retrouver sur des crashs de trains, un autre comment il est parti de matchs de boxe pour finir sur des combats de rue sordides, un autre encore comment, de vidéos réalisées par une drag queen et parlant de confiance en soi, il s’est retrouvé sur des contenus haineux anti-LGBT.

Mozilla précise que ces histoires ne sauraient résumer à elles seules une situation, mais l’éditeur estime qu’elles sont un bon échantillon de ce qui attend les utilisateurs de YouTube. 

Le problème est d’autant plus important que 70 % des vidéos regardées sur le service de Google font suite à des recommandations. Or, de nombreux contenus doivent être approchés avec prudence, car plusieurs catégories de public n’ont pas forcément les armes et l’esprit critique nécessaires.

Mozilla pense en particulier aux enfants, aux personnes âgées sans grande connaissance d’Internet, ou encore à celles souffrant de troubles mentaux. Par effet d’accumulation, la dépression et/ou la paranoïa peuvent survenir. Pour l’éditeur, il est clair que les algorithmes tiennent essentiellement de l’engagement global, impliquant le nombre général de clics, l’activité dans les commentaires ou encore les partages.

Mozilla reproche également à Google de ne fournir aucune donnée exploitable par des chercheurs, et de maintenir une opacité complète autour de ses algorithmes. La firme a par exemple affirmé avoir réduit de 50 % les contenus « limite » et de désinformation, mais cette déclaration ne peut être vérifiée. 

Concrètement, Mozilla demande à Google d’agir sur trois points :

  • Fournir aux chercheurs un accès aux données importantes (nombre de recommandations pour une vidéo, engagement, descriptions, etc)
  • Construire un outil de simulation pour les chercheurs qui permettrait de créer des profils de navigation
  • Lever, toujours pour les chercheurs, les limites actuelles de l’API et leur donner accès à une archive historique de vidéos
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« Après neuf ans, l’équipe derrière Sensorly a pris la décision difficile de mettre fin au support des produits Sensorly et de mettre les applications et les cartes hors ligne », explique l'éditeur sur son site ainsi que sur le Play Store et l'App Store, comme l'a repéré le compte Twitter Muzikals.

Sensorly avait pour rappel été racheté en février 2016 par l'américain Mosaik. Pour le moment, les cartes de couvertures et de tests de débits sont toujours disponibles sur le site.

L'éditeur remercie enfin sa communauté qui réalisait les tests depuis leurs smartphones.

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Dans un peu moins d'un mois, la plateforme de streaming sera lancée aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas pour 6,99 dollars ou euros par mois. Une partie des titres avait été dévoilée, mais la société s'est énervée hier sur son compte Twitter.

Pendant plusieurs heures, elle a listé l'ensemble des contenus qui seront disponibles. Pour rappel, en plus des dessins animés et films Disney, la société dispose des licences Pixar, Marvel, Star Wars et National Geographic ; excusez du peu.

Si vous n'avez pas envie de lire l'intégralité des tweets, Disney a également publié une vidéo avec des extraits des contenus disponibles le 12 novembre. On commence en 1937 avec Blanche-Neige et les Sept Nains pour finir avec The Mandalorian en 2019. Si vous comptez la regarder, libérez-vous du temps : elle dure plus de 3h.

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C'est fait ! Annoncé à la rentrée, ce partenariat étonnant prend forme, au tarif annoncé par les équipes du groupe Canal.

Ainsi, le nouvel ensemble « Canal+ et pack Ciné Séries » avec Netflix est à 49,90 euros par mois sans engagement (numérique uniquement) ou avec un engagement (numérique + TV) de 2 ans. Si vous ne vous engagez que pour un an, il vous en coûtera 54,90 euros.

Pour ce lancement, une remise de 15 euros est consentie, ce qui fait tomber le tarif à respectivement 34,90 et 39,90 euros par mois. 

C'est 15 euros de plus que l'abonnement simple à « Canal+ la chaîne », un tarif intéressant puisque outre Netflix, ce pack intègre l'accès aux chaînes et replay de Canal+ Cinéma, Canal+ Séries, Disney Cinéma, Fox, Polar+, WB TV, Série Club, TCM Cinéma, Paramount Channel, Action, Sundance TV mais également au bouquet OCS.

Par défaut, l'abonnement du service de SVOD intégré est celui proposant deux écrans avec une définition HD, facturé habituellement 11,99 euros. Pour passer à l'abonnement supérieur à 15,99 euros par mois (quatre écrans et 4K/UHD), il faudra logiquement débourser 4 euros de plus par mois. 

Une page dédiée à l'offre est désormais en ligne, en complément de la FAQ. Il y est confirmé que les clients actuels devront souscrire à de nouvelles options « à tarif préférentiel », sans plus de précisions. Pour le moment, rien ne semble en place dans l'espace client.

Il en est de même pour l'option Netflix qui peut être souscrite directement auprès de Canal+, et disponible ensuite via myCanal. Le lien entre les deux comptes se fait à travers une procédure d'activation gérée sur le site de Netflix.

Comme argument, Canal+ précise que son offre avec engagement permettra de s'affranchir d'éventuelles hausses de Netflix à l'avenir : « Le prix de votre offre ou de votre abonnement ne variera pas et restera fixe pendant toute la durée de votre engagement ».