du 22 janvier 2020
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Des associations féministes, LGBTI et antiracistes s’opposent à la loi contre la cyberhaine

L’association Les Effronté·es, Gwen Fauchois, activiste lesbienne et blogueuse, l’association FéminiCités, l’Inter-LGBT, l’association Women Who Do Stuff notamment, publient une tribune dans Libération pour s’opposer à la proposition de loi contre la haine en ligne. 

« Un des dangers de cette loi est qu’elle se retourne contre les journalistes, militantes, chercheuses et chercheurs qu’elle prétend défendre. Alors que le discours raciste est fortement banalisé dans le champ médiatique, nul ne sait exactement quels contenus devront être considérés «manifestement illicite» en ligne » expliquent les signataires. 

Selon eux, la logique de l’article 1 (notre actualité) aura des effets pervers : les plateformes seraient incitées « à supprimer tout contenu sur lequel un doute existe » puisqu’« il vaudra mieux pour elles qualifier d’illicite un contenu licite, que prendre le risque inverse ». 

Ils craignent que les plateformes ne durcissent les filtres automatiques, avec comme perspective, « une censure massive de contenus licites, et en premier lieu les contenus produits par celles et ceux qui dénoncent les violences en ligne ». 

« De plus, la version actuelle du texte prévoit la sanction de celles et ceux ayant «abusivement alerté» sans que soit défini l’abus, qui va les sanctionner, et de quelle façon. Cette mesure peut dissuader d’alerter sur des contenus haineux ».

« En mettant en place sciemment le contournement de la justice et la sous-traitance de la censure au privé, la loi ouvre par ailleurs la voie à des tentatives de censure administrative ». 

Ils relatent au passage le précédent de 2019 où la police française avait demandé le retrait à Google d’un photomontage d’Emmanuel Macron grimé sous les traits du dictateur Augusto Pinochet. « Les pistes d’amélioration du système judiciaire sont pourtant nombreuses » relate la tribune. 

« La loi sur la liberté de la presse permet des procédures en référé, dans des délais très courts, contre la diffusion de certains propos. Donner réellement accès à ces outils juridiques aux victimes nécessite plus de juges, de tribunaux, des procédures plus simples, et donc d’augmenter les moyens alloués à la justice. C’est ce que le gouvernement ne veut pas faire ».

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